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Exposition
Joe Dassin
Derrière l’homme discret à l’image savamment travaillée, une œuvre pléthorique où les paradoxes règnent.
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Joe Dassin nous a quittés il y a quarante ans et sa formidable modernité séduit encore les français en 2020. Sous le costume blanc vivait un être déraciné et tourmenté, prisonnier d’un personnage trop lisse pour lui. Un idéaliste folk qui a connu ses plus grands succès avec des adaptations parfois bien éloignées de sa personnalité.
En réalité il y avait plusieurs Joe Dassin : l’ancien étudiant sérieux, le chanteur des campus, le crooner, le cowboy, le déconneur, le compositeur, la star, l’homme perdu.

Cette exposition tente de rassembler le puzzle d’un artiste parfois mal compris ou tout du moins bien plus complexe qu’au premier abord, aimé d’un public qui n’a cessé de le découvrir depuis ce triste déjeuner du 20 août 1980 où son cœur trop gros a lâché.

Une comète de la pop music dont les chansons tristes ou gaies aidaient à vivre. Joe Dassin, des failles derrière le sourire et un talent multiple : compositeur pour lui, pour d’autres, roi de la reprise américaine et italienne, adepte de la chanson gag, mais toujours secret.

© Bob Lampard-Rancurel Photothèque / Dalle

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Le mélodiste

Si Joe Dassin a travaillé avec de nombreux compositeurs et doit la plupart de ses succès à des adaptations, il ne faut pas négliger son trop rare travail de mélodiste. Au beau milieu de ses tubes les plus flamboyants se cachent des pépites musicales dont les subtilités harmoniques demeurent injustement méconnues.

Déchiré entre son statut de star en costume blanc et sa passion pour les folk songs, le blues et Brassens, Joe Dassin a vécu sa carrière caché, de peur d’être décrypté.

Le songwriter

En parallèle de son chemin de chanteur, Joe Dassin écrit des musiques sur mesure pour ses amis et les artistes qu’il admire. Quasiment en secret, puisqu’en dehors des crédits sur les pochettes, il n’en parle jamais et refuse de se mettre en avant.

Deux catégories à ses compostions : les perles délicates et les grosses farces pour son copain Carlos. Dans les deux genres, une pluie de tubes.

L'américain

Joe Dassin est américain et présenté aux médias tel quel. Ce qui peut faire sourire mais n’est pas un mensonge, nous ne sommes pas dans la légende à la Johnny Hallyday, Joe est un juif d’origine ukrainienne (Odessa) né à New-York et ayant grandi à Los Angeles.

Chassé par l’administration américaine en plein Mccartysme, son père Jules trimballe sa famille à travers l’Europe et Joe retourne faire ses études en Amérique par esprit de revanche. Il est donc pleinement pétri de culture américaine et connait la musique country et folk sur le bout des doigts.

L'Italien

Joe Dassin aux allures d’étudiant cow-boy doit ses plus grands succès à la chanson…Italienne ! Enième paradoxe de cet artiste si complexe.

Les adaptations françaises signées de grands paroliers hexagonaux trustent les radios pendant toute la décennie 70. Et le public se pâme, à mille lieux d’imaginer que les airs sur lesquels il se trémousse viennent du pays latin.

Le fantaisiste

Tout au long de sa carrière, Joe Dassin n’a pu s’empêcher de glisser dans son répertoire des chansons bébêtes, des titres gags, bref des messages plus que légers. Le besoin de se cacher encore et refuser toute prétention, comme l’envie de s’excuser de n’être que chanteur.

Des tubes que n’auraient pas renié Annie Cordy ou Marcel Amont, des mélopées de fantaisistes pour banquets bien arrosés ou bambins des récréations. Revenons brièvement sur ces récréations.

L'auteur

Mathieu Alterman

Journaliste, chroniqueur (LCI, C8, Le Point, ...) et réalisateur de documentaires (Les Magnifiques - Paris Première).

Après avoir été pendant dix ans directeur artistique en maisons de disques et prêté sa plume à la revue Schnock, il enseigne le décryptage de la pop-culture, la communication de crise, le pitching et l’histoire des médias.

Il anime des conférences pour le groupe Ionis (Jacques Séguéla, Maurice Levy, Jacques Attali, …) et est aussi l’auteur de plusieurs livres dont « Les larmes de Johnny » (éditions Carnets Nord) et « Femmes Fatales (éditions Quai des Brunes).
Chroniqueur dans TPMP sur C8, professeur de pop culture et de podcast. 

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