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Didier Lockwood
Qualifier le style musical de Didier Lockwood, trouver une case dans laquelle le faire entrer, le délimiter... est tout simplement impossible. Le définir comme un « génie libre » est juste. Didier Lockwood, auteur, compositeur, a ouvert le champ des possibles et libéré le violon de ses partitions.
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A l'occasion de la sortie d'un coffret « Le jeune homme au violon » édité par JMS Jazz (2 CD/ 1 DVD), son premier producteur, Jean-Marie Salhani, a souhaité lui rendre un hommage musical digne de l’immense carrière internationale de ce musicien rare et de cet humain généreux.

« J'ai étroitement collaboré avec Didier Lockwood, de 1979 et 1995. Au cours de cette période, nous avons réalisé ensemble près de 20 enregistrements et donné plus de 1.500 spectacles à travers le monde. J’ai souhaité rendre hommage à Didier et effectué un travail de mémoire afin de saluer l’homme, l'ami et l'artiste d'exception qu'il a été. »


Né le 11 février 1956 à Calais dans une famille d’artiste, un père professeur de violon, une mère artiste peintre, Didier Lockwood fait ses premiers pas dans l’orchestre lyrique du théâtre municipal de Calais.
Il obtient en 1972 une double récompense : le Premier Prix du Conservatoire National de Calais et le Premier Prix de musique contemporaine de la Sacem, pour sa composition pour violon préparé.

C’est son frère ainé Francis, pianiste, qui l’initie au jazz. Il découvre le violon amplifié et quitte le monde du classique.

« Je suis issu d'une famille de musiciens. Mon père était violoniste lui aussi. Et mon grand frère Francis pianiste. Tous deux m'ont donné très tôt l'amour du jazz. »

Son violon n’a pas de frontière

Didier Lockwood devient très vite ce violoniste capable de jouer avec Marcus Miller, Herbie Hancock, Elvin Jones, les frères Marsalis, Barbara, Richard Galliano, Martial Solal, Gordon Beck, NHOP, UZEB, Michel Petrucciani, Aldo Romano, André Ceccarelli, Miles Davis, Lenny White, Mama Béa, Martial Solal, Gordon Beck, Jean-Paul Céléa, Claude Nougaro, Bernard Lubat, Richard Bohringer, Jacques Higelin et bien d’autres.

Un éclectisme musical qui commence tôt. A 17 ans, il intègre Magma, groupe phare du rock progressif en France. Il signe alors sa liberté musicale et s’envole.

Le « fils spirituel » de Stéphane Grappelli

C’est lors d’un concert en hommage à Stéphane Grappelli, que le violoniste le remarque. Didier Lockwood l’accompagne alors sur ses tournées et deviendra son « fils spirituel ». Cette rencontre le propulse sur le devant de la scène internationale du jazz. Au Carnegie Hall de New York, il joue avec un autre grand nom de la musique, Dave Brubeck. Et enchaine les rencontres, les albums...

Accroché à son violon, il côtoie les styles jazz acoustique, musique classique, jazz manouche, jazz fusion électrique. Il crée des opéras, des concertos pour violons, des poèmes lyriques, un concerto pour piano et orchestre. Il compose un album avec Marcel Azzola virtuose du piano à bretelles et accordéoniste de Jacques Brel. Musiques de films et dessins animés s’invitent également dans ce gigantesque parcours.

Cette liberté musicale, Didier Lockwood souhaite la partager

Si les conservatoires restent très « classiques », il œuvre pour leur ouverture vers le jazz.
Il crée une méthode d’improvisation intitulée « Cordes et âmes » pour laquelle il recevra le prix Sacem 2002. Très attaché à l’éducation musicale, il ouvre à Dammarie-les-Lys en 2001 le CMDL : « Centre des Musiques Didier Lockwood » dans lequel l’improvisation est enfin enseignée. Cette improvisation si chère à son cœur.

Didier Lockwood nous a quitté le 18 février 2018 dans le 18eme arrondissement de Paris. Tant qu’à y voir un signe, alors ce sera celui du bonheur immense de pouvoir l’écouter et l’entendre encore et encore.

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Par Celyne df Mazieres
Crédit photo : Marc Chesneau

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