
Passé, présent, futur. « Il était, il est et il restera. » Sur l’avis de décès de Hubert Bannwarth, le verbe être se conjugue aux trois temps des nombreuses valses que jouait l’Alsacien, mort le 8 février 2025, à l’âge de 81 ans.
Originaire de Colmar, dans le Haut-Rhin, l’homme est considéré comme une véritable légende de la musique folklorique et de variétés. Surnommé la « clarinette magique », c’est pourtant avec un saxophone qu’il joue ses premières notes dès l’enfance.
Alors élève au Conservatoire, il remporte, avec cet instrument, un premier prix à l’âge de 7 ans, à Colmar et Mulhouse. Il se tourne ensuite vers la clarinette et intègre une formation avec laquelle il fait ses premières scènes alsaciennes. La notoriété arrive à la toute fin des années 60.
En 1969, la Foire aux Vins de Colmar déménage du centre-ville pour s’installer au Parc des Expositions, à l’entrée de l’agglomération. Chaque soir, pendant la Foire, pas moins de 2 500 personnes fréquentent le Cabaret, qui occupe alors une place principale au cœur de l’événement. Musiques traditionnelles, folkloriques, bal musette, mais aussi sonorités satinées d’accents brésiliens : en 1972, Hubert Bannwarth crée ainsi « Jumbo Ballade », sa première composition personnelle.
« Il faut aller à la rencontre du public »
« Lovely », « Fantaisie Vosges-Alsace », « Klarinetten Landler » et bien d’autres : aujourd’hui, plus de 2 000 œuvres de l’auteur-compositeur colmarien sont déposées à la Sacem.
Au cours de sa longue carrière, Hubert Bannwarth produit également 55 albums, cassettes et 33 tours. Il aime la scène et prend soin d’entretenir le lien avec les gens qui viennent le voir jouer. Chef d’orchestre, il considère que la musique seule ne suffit pas. « Il faut être animateur, aller à la rencontre du public », répète-t-il.
Pendant 25 ans, il organise des concours de danse de salon ou de cor d’Alsace pour le public du Cabaret. Avec ses musiciens, il sillonne les fêtes de villages, les fêtes de la Saint-Jean, les journées de la choucroute ou encore les fêtes foraines, très courues en Alsace. Son succès déborde même des frontières régionales et l’emmène en Suisse, en Allemagne et en Autriche. « Je ne veux pas que ma musique soit enterrée », disait-il dans une interview il y a une vingtaine d’années. Le rythme de la valse à trois temps revient en boucle : « il était, il est et il restera. »
Entré à la Sacem en tant que compositeur le 5 mars 1973, en qualité d’auteur le 3 janvier 1974, il a été promu sociétaire définitif dans la catégorie compositeur le 17 avril 1980.
Publié le 25 février 2025.