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Hommage
Jean-Pierre d’Amico
La voix de Santiana

Chanteur à la voix ample, auteur-compositeur, Jean-Pierre d’Amico a chanté les femmes, l’amour et défendu, dans les années 1980, la liberté des radios libres.

Un casque audio sur les oreilles, une galette vinyle à la main, Jean-Pierre d’Amico sourit devant une console de mixage. Nous sommes à la radio en 1981. Frange et T-shirt blanc, le jeune homme s’est dépouillé de ses habits de « yéyé » romantique : cheveux en cascade, costard, cravate ou chemise à jabot largement échancrée. Dix ans ont passé, pendant lesquels il avait opté pour un pseudonyme à consonance latine, Santiana, et entrepris une carrière de chanteur de charme. La voix de Santiana – d’Amico va traverser les époques, multiforme.

Né le 30 juillet 1946 à Issoire (Puy-de-Dôme), Jean-Pierre d’Amico est décédé le 17 mars 2025. Admis à la Sacem en tant que compositeur en septembre 1978, puis comme auteur en septembre 1987, il était également réalisateur depuis 1991. Jeune passionné de musique populaire, Jean-Pierre d’Amico commence sa carrière en chantant dans les bals populaires en Auvergne, notamment au sein de l’orchestre de Jean-Pierre Salvat. Il a de la prestance, une voix étendue, dotée d’un léger vibrato. Graine de star, il est remarqué par le producteur Robert Stigwood, manager des Bee Gees, qui l’accueille sur son label français, RSOF, distribué par Polydor.

Sous le nom de D’Amico, il y publie en 1969 un premier 45-tours, comportant La passion selon moi de Pierre Chiffre et Bernard St-Paul, et Prisonnier de ce monde, adapté de l’italien. En 1972, le voici entouré de Boris Bergman, Daniel Vangarde, Étienne Roda-Gil, Michel Berger et Michel Bernholc. Mais c’est avec une autre équipe que le succès vint : celle de Michaële, Lana et Paul Sébastian, Jean-Claude Petit. D’Amico prend alors le pseudonyme de Santiana et publie en 1974 Je t’avais juré de t’aimer, d’emblée un énorme succès, suivi en 1975 de Petite femme, Miss America et Mal d’amour, mal de toi.

Mais la « nouvelle vague » des Souchon, Le Forestier, Chedid… rebat les cartes de la mode. Il faut à nouveau revenir. Jean-Pierre d’Amico ne boude pas les pseudonymes – il en aura un autre par la suite, J. De Cathelineau –, et c’est sous le nom de Jean-Pierre Santiana qu’il renoue avec les hit-parades en 1978 avec L’Aquarium, co-signée avec Didier Barbelivien. Durant les années 1980, le nom de d’Amico se glisse dans des publicités, et en 1989, ses succès des années 1970 sont réédités sur un CD, Top Compilation : Santiana, Mal d’amour, mal de toi.

En parallèle, l’entrepreneur Jean-Paul Baudecroux profite de l'élection de François Mitterrand pour créer sa radio libre en 1981, avec la perspective d’imposer la publicité sur les FM, jusqu’alors interdite. Il fonde NRJ (Nouvelle Radio des Jeunes) et nomme Jean-Pierre d'Amico à la direction des programmes. Le son est amélioré, les tubes désormais s’y créent, les grilles se professionnalisent. C’est cette sensibilité artistique, amoureusement nôtre, qui lui a permis, pendant trois ans, d’écrire un des chapitres les plus importants de l’histoire de la radio en France.

« Chanteur, auteur, compositeur, réalisateur, Jean-Pierre d’Amico a toujours su se réinventer. Des bals d’Auvergne aux succès populaires, de la scène aux studios de radio, il a accompagné les évolutions de la chanson et des médias avec une créativité et une énergie remarquables. » Patrick Sigwalt, président du Conseil d'administration de la Sacem.

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