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Hommage
Claude Barbottin
Mélodiste mordant

Accordéoniste, bandonéoniste, flûtiste et compositeur prolifique, Claude Barbottin a consacré sa vie à la musique populaire, unissant avec élégance la tradition des bals à la ferveur des milongas.

« Je ne suis pas un concertiste mais un accordéoniste de bal. Ce n’est pas en multipliant les notes qu’on fait de la musique. » Cette phrase, souvent répétée, résume à elle seule l’humilité et l’exigence de Claude Barbottin. « Un mélodiste mordant », disait de lui l’un de ses collègues de la « boîte à frissons ». Musicien passionné, artisan du son juste, il a consacré sa vie à faire danser les autres, sans jamais cesser de composer.

Né le 11 novembre 1932 en Charente-Maritime, Claude Barbottin grandit dans une famille où la musique est une seconde nature. Son père, saxophoniste, organise des bals avec ses fils jumeaux de huit ans : l’un à la batterie, l’autre à l’accordéon. C’est à 14 ans que Claude Barbottin se saisit d’un accordéon pour ne plus jamais le lâcher. Talentueux, il apprend seul en écoutant les pionniers de l’instrument : Émile Prud’homme, Gus Viseur, Adolphe Deprince...

Repéré très tôt, il rejoint l'orchestre de René Benotti. Dès lors, son jeu et ses compositions entrent au service des danseurs. A 29 ans, décidé à approfondir sa formation musicale, il prend ses premiers cours de musique et s’initie à la flûte traversière.
En 1955 il est embauché au Moulin Rouge, et c’est pour lui la découverte d’un nouveau monde musical, celui du tango. Aux côtés des Argentins Roberto Caldarella, Rodolfo Nerone et Hector Grané, il découvre le bandonéon, cette autre boite à frissons. Musette et tango deviennent alors les deux univers qui se partagent son cœur et ses mains. Il devient membre de la Sacem cette même année. Claude Barbottin apprend le bandonéon en observant et en écoutant les musiciens argentins venus en France. Ses maitres s’appellent : Anibal Troilo, Osvaldo Pugliese, Astor Piazzolla, Juan José Mosalini...

Au Festival des Nuits de Nacre à Tulle, en 1992, lui, le gosse de Charente maritime, est adoubé par Astor Piazzolla comme musicien de tango. Pour Claude Barbottin, le tango n’est pas qu’un genre : c’est un langage. « Un tango doit être joué pour être dansé. Il doit être élégant, stylé, net, précis. »

Au tournant du siècle, il met un terme à sa carrière d’accordéoniste de bal. « Quand on a en soi le virus de la musique, il peut être salutaire d'aller "raccrocher" son accordéon au vestiaire, mais on n'en demeure pas moins son serviteur. »

Il se consacre alors totalement à l'édition musicale. Avec un catalogue de plus quatre cents œuvres, Claude Barbottin reçoit en 2005 la Médaille d’or de la Sacem des mains de Jacques Demarny, pour ses 50 ans de carrière.

Claude Barbottin s’est éteint le 17 octobre 2025. Il laisse derrière lui des centaines de mélodies, des pas de danse, et une empreinte indélébile : celle d’un musicien du cœur, fidèle à la joie simple de faire danser le monde.

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