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Hommage
André Roques
Le langage universel d’un Aveyronnais
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André Roques nait dans le Tarn et passe sa jeunesse à Albi. Dés l’âge de 15 ans sa vie d’accordéoniste se jalonne d’incroyables aventures, tant musicales, qu’humaines. Trois piliers structurent son parcours : l’enseignement, la composition et les orchestres pour le bal.

Souvent qualifié de troubadour du Quercy ou d’Occitanie, André Roques n’est en rien passéiste : il est pleinement de son époque. Selon la définition de l’Académie française — « Poète et musicien […] composant en langue d’oc des œuvres destinées à être chantées » — il en possède l’esprit. Mais on peut ajouter : professeur, compositeur, musicien de bal, et surtout un artiste libre, jamais inféodé.

Humaniste jovial à la faconde chaleureuse, il revendique ses racines. Les titres de ses morceaux parlent d’eux-mêmes : « Mon Aveyron », « Une pointe d’accent », « Le troubadour d’Occitanie », « Montauban Mountalba », « Les gabares de Carennac »… Toute son œuvre respire la terre natale.

Quand la passion vous tient !

Très tôt, sur les marchés où il accompagne son père, il se passionne pour l’accordéon d’un musicien ambulant. À sept ans, il débute pourtant au saxophone, prêté par un oncle. Son père lui offre bientôt un accordéon : sa vie musicale commence.

Monsieur Barcarcia, à Marsac, guide ses premiers pas. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le régime de Vichy, il anime des bals clandestins pour la Résistance dans la forêt de Grésigne. La légende veut que la milice lui confisque son instrument et que des résistants le récupèrent à la gendarmerie.

Un enseignant de talent

Après la guerre, il intègre le Conservatoire national de région de Toulouse, se perfectionne au saxophone et se forme en solfège et en composition, sans délaisser l’accordéon, encore peu considéré. Il fonde « Dédé et son orchestre » et se produit dans les hôtels de la région.
Dans les années 1950, il crée l’École Supérieure d’Accordéon de Cahors et abandonne le bal. En 1956, il fonde l’Accordéon-Club de Cahors, et a « le bonheur de travailler avec André Astier, Marcel Azzola, Joss Baselli et Joë Rossi, à l’époque les quatre grandes pointures de l’accordéon ».

La naissance d’un compositeur prolifique.

Au début des années 1980, il franchit un cap : « Je ne veux plus jouer les morceaux des autres… Je veux monter mon orchestre et jouer mes propre créations ». Débute alors une nouvelle aventure.

Son disque Mon Aveyron devient double disque d’or ; Adio pulchinella à son tour en obtient un. À cela s’ajoutent plus d’une centaine de compositions et des milliers de bals. Le 6 septembre 2012, entouré de nombreux amis, il célèbre ses 65 ans de musique à l’Olympia.

Il laisse une empreinte durable, également incarnée par la transmission familiale. Sa fille Murielle et ses fils Jean-Louis et Thierry, musiciens poly-instrumentistes accomplis, prolongent avec exigence et talent l’héritage artistique. À travers eux, le nom de Roques s’inscrit avec continuité et légitimité dans le paysage musical français.
Il était entré à la Sacem comme compositeur le 23 octobre 1954, puis comme auteur le 16 octobre 1979, avant de devenir sociétaire définitif en qualité de compositeur le 20 avril 1995.

« André Roques incarne cette lignée rare de créateurs qui font dialoguer une terre et un instrument. Compositeur inspiré, pédagogue engagé, il a donné à l’accordéon une voix singulière, libre et populaire au sens noble. Son œuvre a fait de ses racines une matière vivante et laisse un héritage appelé à durer. »
Patrick Sigwalt, compositeur, Président du Conseil d’administration de la Sacem.