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Gilbert Bécaud


"Nathalie", "Et maintenant", "Quand il est mort le poète", « L'important c'est la rose", "L'orange"... Vous fredonnez déjà ? C’est normal. Plusieurs centaines de chansons, plus de 50 ans de carrière, 20 après sa mort Gilbert Bécaud ne nous a jamais vraiment quitté.

Nina Simone, Franck Sinatra, Edith Piaf, Marlene Dietrich, Johnny Halyday, Elvis Presley, Bob Dylan, Bing Crosby… leur point commun ? Ils ont tous chanté Bécaud, l’un des artistes les plus repris dans le monde. Retournons en arrière et savourons quelques instants de vie, l’histoire de certains grands titres fredonnés encore aujourd’hui par les plus jeunes.

Gilbert Bécaud c’est un chanteur mais pas que… c’est un mélodiste indémodable. C’est aussi celui qui a misé avant tout le monde sur l’énergie renouvelable, l’inépuisable « Mr 100000 volts ».

Il y a tant à dire, à chanter, à sourire aux milliers de souvenirs créés autour de lui à travers le monde, aux Nathalie nées en hommage à la chanson.

Et enfin à lire ! Une biographie vient de lui être consacrée, un hommage pour les 20 ans de sa disparition : Bécaud On revient te chercher. Un travail d’écriture riche et fouillé que nous offrent Claude Lemesle et Jacques Pessis, un plongeon dans la vie de l’artiste, un petit tour dans le passé, qui a toujours un air de présent.

Bref, aujourd’hui « L’important, c’est Bécaud » …

Crédit photo © Pictorial/Dalle

DE L’ENFANT FRANÇOIS GILBERT LEOPOLD SILLY À L’ARTISTE GILBERT BÉCAUD


Né le 24 octobre 1927 à Toulon, François Gilbert Léopold Silly passe son temps à écouter la musique des autres, celle du voisin du 5ème qui chante tranquillement chez lui, ou encore l’oreille collée au sol du Casino de Nice dans lequel son père est croupier, juste pour écouter les répétitions de l’orchestre. Le piano familial sur lequel toute la famille s’exerce, est pour lui une révélation. À 5 ans, il fait  des pointes pour atteindre ce premier accès à la musique, ce graal que représente l’instrument !

Artiste en herbe

Il entre au conservatoire à 9 ans. Il y rencontre le grand pianiste de renommée mondiale Paderewski, puis suit les cours de Tadlevsky, lui-même élève du pianiste. Premier prix de composition en poche, le petit Silly n’a pas vocation à devenir concertiste mais veut écrire de la musique.
Anecdote qui mérite attention quant à l’enfant qu’il a pu être : entrant à Sasserno dans une école de religieuse, il y apprend l’orgue et joue LInternationale dans l’église, cet écart lui a valu un renvoi !

Sa mère sent et sait qu’elle doit lui donner sa  chance. Ils montent à Paris quelques temps, mais pendant la guerre, ils partent près d’Albertville auprès de son frère ainé en mission de résistance. Le jeune François alors adolescent et entouré de militaires, passe son temps à jouer du piano pour eux. La Libération marque le retour à Paris. Peu importe l’appartement… du moment qu'il y a un piano dedans ! Il joue, compose, crée. 

De Silly à Bécaud

Francois Silly choisit François Gilbert comme premier nom d’artiste. En témoigne sa demande d'adhésion à la Sacem en tant que compositeur sous le nom de « Gilbert Silly dit François Gilbert » en 1946.  Il n’a que 19 ans lorsqu’il devient membre de la Sacem le 13 mai 1947. La législation de l’époque fixant l’âge de la majorité à 21 ans, c’est sa mère agissant en qualité de tutrice naturelle et légale, qui signe l’acte d’adhésion.

Hésitant sur son nom de scène, il se cherche également professionnellement, travaillant quelques temps dans des cabarets, piano-bars, ou composant pour des musiques de film. Enfin il signe de nouvelles compositions « François Gilbert Bécaud ». Il portera le nom de son père, souhait cher à son cœur.

Après bien des combinaisons et réflexions, il ne quittera plus jamais « Bécaud », avec pour seul prénom Gilbert. C’est en 1952 que Gilbert Bécaud est né, l’histoire peut commencer à s’écrire…

On ne décide pas d'être musicien, compositeur, peintre comme on décide d’être avocat, docteur en médecine ou pharmacien. Les gouts artistiques viennent d’eux-mêmes, un point c’est tout ».
Gilbert Bécaud

DES RENCONTRES DETERMINANTES


Choisir de faire carrière dans la musique ne conduit pas toujours sur le chemin de la gloire. Savoir s’entourer peut constituer un vrai coup de pouce. 

MAURICE VIDALIN

 

Gilbert Bécaud est pianiste au Handicap, un célèbre bar d’Auteuil. C’est à ce même endroit qu’il rencontre Maurice Vidalin. Les deux comparses décident d’écrire des chansons ensemble pour le plaisir. Puis c’est avec le titre La Femme du cambrioleur qu’ils finissent en finale du Grand Prix de la Chanson, organisée par l’ABC.

Succès de courte durée, Vidalin interrompt sa carrière d’artiste pour intégrer la Légion Étrangère, puis revient en intégrant un Club Méditerranée en Sicile. Bécaud sans emploi lui demande de l’y faire entrer pour quelques mois, le temps de renflouer son compte. Le recruteur du club refuse immédiatement, trouvant le jeune homme « complètement nul » … Ce qui fera office de moqueries des années durant entre ce recruteur du club et Maurice Vidalin.
Ce dernier, fidèle à son ami Jacques Datin alors en convalescence pour un problème aux poumons, n’envisage pas de travailler avec quelqu’un d’autre que lui. Ce n’est que quelques années plus tard que la collaboration avec Bécaud sera fructueuse.

MARIE BIZET

Bécaud est ensuite engagé au Club de Paris. Il fait la rencontre de Marie Bizet. Elle recherche un pianiste et l’engage. Elle est certainement celle qui déclenche la grande carrière que nous lui connaissons. Bécaud lui fait écouter ses compositions, Marie Bizet enchantée en use et rencontre le succès. 
Elle est programmée au cinéma Palace d’Alger pour une série de concerts et propose à l’animateur, alors en recherche d’artiste pour animer l’entracte, d’engager son pianiste. Cette partie d’ordinaire risquée (le public est susceptible de regagner ses pénates) finit par attirer les foules ! Le journal du lendemain titre : « Courez au Palace dès ce soir, non pas pour applaudir des artistes chevronnées, mais pour découvrir une étoile nouvelle ». (Notre Temps, janvier 1977).
Marie Bizet entourée du parolier Pierre Delanoë, le présente à Bécaud : une autre page de l’histoire de l’artiste s’ouvre alors…

PIERRE DELANOE

 

C’est en attendant Marie Bizet, que les deux compositeurs lui écrivent la chanson Le Grand Sympathique. Elle est immédiatement séduite : le duo Bécaud/ Pierre Delanoë est lancé.

Ils composent Cartes Postales pour Yves Montand. Les deux comparses se lancent un pari : si Montand accepte, ils descendront les Champs-Élysées à cloche-pied. Ça ne vous rappelle rien ? C’est de cette anecdote qu’est né le morceau A midi sur les Champs-Élysée !

Pari réussi pour Montand et pari gagné aussi pour l’histoire de ce duo qui signe une longue série de succès fredonnés partout dans le monde: Nathalie, Je reviens te chercher ou encore Et Maintenant… Rien que ça !

JACQUES PILLS

Jacques Pills est un ami proche de Marie Bizet. C’est comme ça que Gilbert Bécaud le rencontre et lui propose le morceau A midi sur les Champs-Élysées. Pills est séduit et accepte immédiatement.
Partant pour une tournée d’un an en Amérique Latine, il lui propose de l’accompagner sur scène au piano. Il joue les compositions de Loulou Gasté ou de Bruno Coquatrix.
Durant ce séjour latino, les deux comparses écrivent une chanson, Je tai dans la peau, dans le but de séduire professionnellement Madame Edith Piaf. Pari gagné une nouvelle fois, la Môme entre dans la carrière de Bécaud, et dans le cœur et la vie de Pills ! Ils se marient à New-York. Lors de cette soirée que Bécaud côtoie, entre autres, Marlène Dietrich.

EDITH PIAF

 

Gilbert Bécaud devient le régisseur de la star.

Il décrira sa collaboration avec Edith Piaf comme quelque peu particulière : « Travailler pour et avec elle fut une expérience aussi riche que douloureuse. Je ne vois pas pourquoi je devrais mentir. Je demeurerai à jamais à genoux devant linterprète quelle était et qui neut dalter-ego que Judy Garland. Il vaut mieux être fustigé par quelquun dexception que flatté par un imbécile. Il faut aussi se souvenir que ce ne fut pas une sinécure. Piaf, je lai vénérée et détesté à la fois. » (Génération Nostalgie, 1994)

CHARLES AZNAVOUR

Dans les années 50, Charles Aznavour travaille pour Piaf. Homme à tout faire, il passe de chauffeur à secrétaire ou encore ingénieur lumière et fait la connaissance de Gilbert Bécaud.
Ils l’ignorent encore mais vingt années de complicité vont les unir. Si l’entente avec Piaf n’est plus cordiale, celle avec Aznavour s’annonce prometteuse.

LOUIS AMADE

 

Il est l’un, entre autres, des célèbres paroliers d’Edith Piaf. Gilbert Bécaud n’a qu’une hâte : le rencontrer. Il supplie la chanteuse de le lui présenter et Louis Amade répond favorablement. On ne refuse rien à Piaf !

Nouvelle rencontre primordiale dans l’histoire de l’artiste puisque c’est lui qui le poussera à devenir interprète. En lui proposant un texte refusé par d’autres, Amade raconte : « J'avais écrit un texte que d'autres compositeurs n'avaient pas osé prendre. Ils m'avaient tous dit : c'est de la poésie, on n'en fera jamais une chanson ». Bécaud se met au travail et fait naître : Les croix, un succès. En entendant Bécaud chanter son texte, Amade comprend que « l’élève » est un chanteur qui s’ignore !

Un soir de décembre 1952 au Petit Trianon à Versailles, Louis Amade présente Gilbert Bécaud au public du Rotary Club, habitué à rencontrer des « stars » : « Jusquici, javais amené auprès de vous, dans ce Rotary Club de Versailles, les vedettes les plus largement consacrées (…). Aujourdhui jai voulu tenter une autre expérience et je tiens par la main et conduis vers vous (…) un garçon absolument inconnu de Paris ou dailleurs, pourtant accompagnateur de talent et compositeur de grande classe. (…) Je lui ai donné mes poèmes, il en a fait ses chansons. Ensemble nous allons partir pour une aventure extraordinaire, côte à côte, avec notre rêve. Je vous présente le caporal Gilbert Silly et je vous annonce, dès cet instant, Gilbert Bécaud ! » (Discours prononcé le 22 décembre 1952 à Versailles).

À travers cet extrait tout est dit. C’est avec Louis Amade que la chanson « Limportant cest la rose » verra le jour. L’important fut Amade …

QUELQUES GRANDS TUBES ET LEUR HISTOIRE


Lorsque nous fredonnons certains standards ou grands tubes, ils nous parlent, nous touchent, nous racontent quelque chose sur ce que nous sommes, ce que nous vivons. Nous ne savons pas toujours pourquoi, à travers les paroles des chansons, nos propres vies se mêlent et s’emmêlent. Elles ont souvent leurs propres histoires, liées par exemple à la vie ou le souvenir de l’artiste. Et ne sont pas toujours celles que nous imaginons ou le sens que nous leur donnons !

Comment écrit-on une chanson avec Bécaud ?

Parolier français, auteur de « Désirée », « Desperado » et « Faut faire avec », Claude Lemesle est un grand ami de Bécaud.
Il confie dans son livre Bécaud, On revient te chercher, co-écrit avec Jacques Pessis, les moments d’écriture qu’ils partageaient ensemble. Comment crée-t-on avec Bécaud ?

Pour le titre « Desperado », dans une cabane poitevine autour d’un piano avec lequel l’artiste présente la mélodie à Claude Lemesle. Inspiré par cette musique prenante, le parolier commence à écrire.
Pas entièrement satisfait, il présente la première approche à l’artiste. Verdict : cela manque de sensations et de couleurs. Boosté par les remarques de son collaborateur, Lemesle se remet en selle. Cette fois-ci il frappe juste ! Les images, la fièvre, le feu, tout y est. Confiant, il enchaîne avec l’écriture des deux autres couplets, suivant le même processus. Le compositeur-interprète transmet l’émotion et l’atmosphère qu’il désire pour le titre et le parolier tâche de les retranscrire en y mettant son grain.
Ecrire avec Bécaud relève d’un véritable travail d’équipe.

L’OLYMPIA, « Mr 100000 VOLTS », UNE CRAVATE À POIS ET … UN OPÉRA !


Si Maurice Chevalier lui prédit une carrière courte, citation souvent répétée par un Bécaud amusé : « Si tu n’arrêtes pas de casser ton piano et de bouffer ton micro, tu es marron… » (Bécaud se racontant sur Europe1), le recul permet de constater que la carrière fut belle et bien longue, et que « casser » le décor ne conduit pas toujours droit dans le mur, au contraire.

L’OLYMPIA

 

En février 1954, pour l’ouverture de l’Olympia, Mr Bruno Coquatrix directeur de la salle, lui propose de faire la première partie de Lucienne Delyle et Aimé Barelli. Mais il s’inquiète : « Pourvu que le petit tienne ». Deux semaines plus tard il a tenu, et a même séduit un public enchanté par sa prestation. Et s’ensuivront plus de 30 passages à l’Olympia, record absolu dans une carrière. Lorsque l’Olympia allait mal dans le passé, Piaf ou Bécaud contribuent à aider le théâtre en chantant jusqu’à trois semaines d’affilée ou même un mois de représentations, toutes plus diverses et variées les unes que les autres.

Bécaud sait se renouveler et souhaite que chaque spectacle soit différent. Il imagine des mises en scène toujours plus folles, des praticables pour chanter au milieu de son public. Paulette Coquatrix, l’épouse de Bruno, au micro de France Inter : « Comment voulez-vous expliquer ça en deux mots. Avec le même artiste, il se passe quelque chose de différent tous les jours ; c’est une maison, c’est une famille, c’est un tout, et je crois qu’aussi bien l’artiste sur scène que le public dans la salle, tout le monde est heureux ».

C’est sur ces planches qu’il est décoré de la Légion d’Honneur en 1974. Il est aussi  l’artiste des deux réouvertures, celle de 1954 et celle de 1997. L’architecte de la nouvelle salle est un proche, il le conseille et suit les travaux comme s’il suivait ceux de sa propre maison. Entre mythe et réalité, il se lit ici ou là que la chanson Et Maintenant aurait été créé à l’Olympia… Peu importe la vérité, si la légende fait rêver, rêvons !

« MR 100000 VOLTS »

Cet Olympia, si cher à son coeur, est le principal responsable du célèbre surnom. Quand en 1954, Bruno Coquatrix le programme en première partie de soirée, il était loin d’imaginer qu’un an plus tard, Bécaud « électriserait » les foules. À tel point que, lors d’un soirée gratuite dédiée à la jeunesse, le public en furie, heureux et remuant, casse plusieurs fauteuils de la salle.

L’enthousiasme est tel que le courant passe directement entre l’artiste et les fans au point de casser le décor ! Bécaud, connu pour remuer sans cesse, et se transformer en pile électrique à la vue d’un piano, devient le fameux « Mr 100000 Volts » que nous connaissons tous.

L’HOMME A LA CRAVATE À POIS

 

Certains surnoms vous collent tellement à la peau, qu’il n’est plus besoin de préciser de qui il s’agit. 

Encore plus lorsque les histoires sont plutôt belles à raconter. Il n’est pas de cravate de ce type sans que nous pensions « Bécaud ». La cravate à pois est devenue un véritable emblème, mais qu’elle histoire se cache derrière ?

Cherchant du travail à Paris, le jeune Bécaud, accompagné de sa mère, se présente dans un cabaret pour proposer ses services au piano, remplaçant un musicien souffrant. C’est un refus immédiat. Bécaud, déçu, apprend qu’il n’a pas l’emploi pour seul motif de s’être présenté sans cravate. Ni une ni deux, sa mère prend la ceinture de sa robe à pois et lui met autour du cou. Il fait demi-tour, se présente de nouveau « chic et convenable » et obtient le poste sur le champ. Depuis cette histoire, il en a fait son objet fétiche, son porte bonheur qui lui sert de distinction.

Dans les années 80, le fils de son agent, Alain Marouani, responsable marketing dans des maisons de disques et souvent à l’initiative de bonnes idées, en soumet une à Bécaud en manque de financement pour promouvoir un concert à l’Olympia en 1988. L’idée est toute trouvée : « Gilbert, ton emblème, c’est la cravate à pois. Je te propose d’aller demander à un de mes amis qui travaille chez Lanvin de financer la campagne. En échange, on montre la marque au revers de la cravate ». Et les colonnes Morris parisiennes se couvrent d’une affiche un peu spéciale mais efficace. Tout le monde y trouve son compte, et la marque et l’artiste.

L’OPÉRA D’ARAN

Deux actes et sept tableaux, cent cinquante professionnels : musiciens, chanteurs, danseurs, techniciens, une mise en scène signée Margaret Wallmann, habituée de la Scala de Milan. Les trois auteurs du livret sont Pierre Delanoé, Louis Amade et Jacques Emmanuel. Et le compositeur : Gilbert Bécaud.

S’il est habitué à sautiller, électriser la scène, faire vibrer un piano, il est plus calme, minutieux, anxieux, à l’idée de voir se concrétiser ce qu’il a mis quatre années à créer.

Son bébé… cet opéra d’Aran n’est rien d’autre que sa création. S’il est des mots dont la valeur pèse et flatte, alors arrêtons-nous un instant sur ceux de François Mauriac à propos de l’opéra de Bécaud : « Un jeune homme fervent, génial et timide écrit un grand opéra. Il s'appelle Gilbert Bécaud, comme le fameux Bécaud de l'Olympia. A moins que nous n'ayons réellement affaire à ce charmant chanteur... Oui, c'est lui, et il joue à merveille, comme il sait le faire, le rôle d'un adolescent fervent, génial et timide en train d'accoucher sous nos yeux d'un énorme opéra plus gros que lui… ».

Il est difficile de choisir quels sujets aborder, lorsque l’on veut parler de Gilbert Bécaud, tant il y a à dire… « Artiste complet » est une définition objective qui lui colle parfaitement. Que l’on apprécie ou non son répertoire il est juste de reconnaitre qu’une telle longévité, un tel parcours, une reconnaissance mondiale, une pareille diversité musicale, des connaissances tant en classique qu’en variété, pousser la chansonnette ou écrire un opéra, composer des musiques de films… ces multiples casquettes ne font qu’illustrer et justifier le talent de l’artiste.

À travers cet hommage c’est Gilbert Bécaud que nous revenons chercher. Yves Montand lui avait dit un jour : « Ne fais jamais dadieu, tu serais emmerdé quand tu voudras revenir ». Il a su écouter. Sans Adieu véritable, il n’est vraiment jamais parti. Ces fantômes-là ne sont jamais bien loin. Certains lieux mythiques transpirent ces spectres prestigieux, l’Olympia est de ceux-là …

Et maintenant, qu’allons-nous faire ? Nous allons en rire pour ne plus pleurer. Et continuer d’écouter Gilbert Bécaud …

Par Célyne de Mazières

A lire

 

Jacques Pessis et Claude Lemesle racontent le parcours du compositeur surdoué, le chanteur qui cassait les pianos, mais aussi l’homme pudique qui se dissimulait derrière son sourire et ses cravates à pois.

Un exercice de réhabilitation, démontant, preuves à l'appui, les clichés qui ont entaché son image. 

Journaliste, écrivain, scénariste et réalisateur, Jacques Pessis est aussi historien de la chanson française. Ami de Gilbert Bécaud, il lui a consacré articles et documentaires pour la télévision.

Auteur de quelque quatre mille chansons, Claude Lemesle a travaillé avec Gilbert Bécaud pendant plus de vingt ans.