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exposition

De l'Olympie à l'Olympia


1906, Pierre de Coubertin, croyant dur comme fer à l’association du sport et des arts, propose la création du « Pentathlon des muses », concours artistique fait de 5 disciplines : architecture, sculpture, peinture, littérature et musique. Les œuvres présentées doivent être inédites et s’inspirer du sport. La première édition a lieu aux Jeux de Stockholm de 1912 (Coubertin y participe doublement puisque, sous pseudo, il remporte une médaille d’or pour son poème « L’ode au sport »).

À Paris, en 1924, pour juger des mérites de concurrents tel Henry de Montherlant, citons parmi les jurés : Paul Claudel, Maurice Maeterlinck, Paul Valéry. Une précision en passant : ces quatre stars de la plume étaient de distingués sociétaires Sacem.

La belle aventure prend fin en 1948 mais le sport continue d’inspirer moult créateurs et tout particulièrement dans le domaine de la chanson.

En cette année d’olympisme, il nous a semblé opportun de faire une revue de détail des notes et des rimes célébrant l’endurance, l’abnégation, la fierté de tous les athlètes et la ferveur de leurs supporters.

Sous la direction éditoriale d'Arlette Tabart

Effort et réconfort : le revers de la médaille


Elle célèbre bien souvent la victoire ou accompagne la communion des supporters, mais la chanson française s’aventure aussi parfois dans les coulisses du sport, loin des médailles et des vivats de la foule, au plus près de la souffrance des corps et des sacrifices des sportifs.

Tantôt avec humour ou cruauté, tantôt avec poésie, les auteurs ont trouvé dans le sport un réservoir d’inspiration permettant d’explorer toute la palette des émotions humaines, y compris l’amertume, les désillusions et les difficultés qui jalonnent le parcours des sportifs.

Et si elles sont si inspirantes, c’est peut-être que les vicissitudes des champions ne sont pas sans rappeler celles de la vie d’artiste ?

Par Cécile Corbel

De la sueur et des larmes

LA SOUFFRANCE DES CORPS

Certains auteurs ont choisi de regarder le sport à travers le prisme de la souffrance des corps : le corps qui souffre à l’entraînement ou qui lutte pendant la course, l’athlète qui sent le moment où sa douleur devient si intense que son corps va sans doute le trahir, le moment fatidique où le cœur, le souffle puis le corps tout entier lâchent, et pendant lequel le sportif sait qu’il va perdre l’épreuve, ou même abandonner.

Sanseverino le fait avec beaucoup d’humour et de tendresse dans la chanson « 10 jours avant Paris » dans laquelle on suit les péripéties d’un coureur cycliste usé jusqu’à la corde par sa participation au Tour de France mais qui, contre vents et marées, et c’est ce qui fait le panache de ce piteux coureur, garde un minuscule espoir de rallier les Champs-Élysées.

Dans la chanson « 10 000 mètres », Daniel Balavoine nous fait ressentir physiquement cette douleur du coureur de fond qui lutte avec lui-même, et le moment où il sent ses forces l’abandonner. On vit avec lui la souffrance d’un athlète à bout de souffle.

LA VIE COMME UNE COURSE

La course cycliste ou la course à pied servent ainsi souvent de métaphores pour exprimer la vie et le temps qui passe.

Dans « Walking Indurain » de Fred Poulet, ou dans la chanson de Henri Tachan en 1983 « On est qu’des boyaux », la course et la vie semblent se confondre en une seule et même épreuve en solitaire, avec des concurrents et des spectateurs, des gens laissés au bord du chemin, des lendemains difficiles et inconnus.

LES DÉSILLUSIONS

D’autres auteurs explorent les multiples désillusions qui peuvent jalonner la vie des sportifs : les espoirs anéantis, les managers véreux, la foule qui après vous avoir acclamé se désintéresse totalement de votre sort quand vos performances faiblissent… Certaines chansons sur le sport ont même en sous-texte une couleur plus politique ou sévère.

Dans sa chanson « Le coureur »,Jean-Jacques Goldman narre les espoirs déçus d’un jeune homme, qu’un découvreur de talent a sans doute repéré pour ses grandes qualités sportives dans un pays lointain et qui a promis monts et merveilles à sa famille s’il le suivait en Europe. Le garçon a l’espoir de sortir de sa condition, mais le rêve et les paillettes s’envolent vite après la traversée de l’océan. On sent à la fois les regrets et la désillusion de ce jeune sportif face à un miroir aux alouettes.

Dans « Battling Joe », chantée par Yves Montand en 1945, c’est un petit gars du Nord, dont les poings valent de l’or, qui échappe à sa condition de mineur en faisant des débuts prometteurs dans le monde de la boxe… Mais le temps passe, les défaites remplacent les victoires et le garçon adulé, que l’on surnomme « Battling Joe », perd, à la suite d’un combat malheureux, à la fois la vue et l’admiration de la foule, avant de tomber dans l’oubli.

Les épreuves

PERDANTS MAGNIFIQUES & ÉTERNELS SECONDS

C’est ainsi : la chanson française préfère parfois le perdant au gagnant !

Elle célèbre celui qui perd ou qui veut prendre sa revanche après s’être fait laminer au combat. Dans la chanson « Quatre boules de cuir », le boxeur voudrait une revanche, et rêve à des lendemains qui chantent, lui qui n’accumule plus que les gnons et les K-O. Et on rêve avec lui sur la voix de Claude Nougaro.
La chanson « 10 jours avant Paris » de Sanseverino, précédemment citée, est aussi une belle illustration de ce thème du « perdant magnifique », car on ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie et de la tendresse envers ce coureur épuisé et un peu ridicule qui veut à tout prix finir son Tour de France.

Un humour tendre présent aussi dans la chanson haletante « La partie de tennis » de Michel Legrand dans laquelle on suit les aventures d’un tennisman amateur. Le joueur nous raconte son match, et on sent tout de même un peu de mauvaise foi de sa part quant à son véritable niveau de jeu. Il se ridiculise de plus en plus au fil de la partie, qu’il finit par perdre misérablement (l’adversaire lui pique même sa femme en guise de jeu set et match !).

Avec la chanson « Louison Bobet for ever », le groupe punk Ludwig von 88, qui pratique un humour grinçant et noir, accompagne le champion cycliste Louison Bobet pendant une course. Louison Bobet, sportif accompli, très populaire et admiré, et qu’il faut ranger plutôt dans la catégorie des gagnants que celle des perdants car il remporta trois fois le Tour de France, est ici présenté dans l’effort, en pleine course. La répétition permanente de son nom le long des refrains résonne comme les encouragements scandés par les supporters. Pourtant, pour accompagner la chute surprenante de la chanson, l’auteur fait dérailler Louison Bobet et le fait échouer… lamentablement. Une manière de souligner une certaine absurdité des courses et des classements ou simplement de nous faire sourire en faisant chuter un champion ?

Les chanteurs Miossec et Kent semblent aussi s’accorder sur ce thème de la défaite et de l’éternel second, à l’image du coureur cycliste Raymond Poulidor, pourtant adulé des foules, mais qui avait gagné ce surnom d’« Éternel Second » en ne remportant jamais le Tour de France. Dans leurs chansons respectives « Le critérium » et « 60 millions de Poulidor », les deux auteurs utilisent la course cycliste comme métaphore d’une vie « ordinaire », dans laquelle on est plus souvent perdant que gagnant. Les deux textes sont des odes à ceux qui ne monteront jamais sur les plus hautes marches du podium, mais qui avancent comme ils le peuvent dans leur vie quotidienne, sans jamais toucher à l’or de la victoire.

RACCROCHER LES GANTS

Parfois le sportif doit raccrocher les gants, au sens figuré comme au sens propre, car c’est bien souvent la boxe qui a inspiré les auteurs pour évoquer ce moment où il est grand temps pour le sportif de s’arrêter, souvent contraint et forcé, car le corps ne suit plus. La gloire est passée, c’est le temps où l’on regarde en arrière, et où l’on n’affronte plus que souvenirs et regrets.

Bernard Lavilliers, grand amateur de boxe et boxeur lui-même, explore ce thème des regrets dans sa chanson « 15e round »Le boxeur (et narrateur) y fait la route en arrière, en se rappelant ses souvenirs d’enfance et une vie qui lui laisse l’impression d’être passé à côté.

Idem pour Daran, dans le titre « Le boxeur », où l’on croise un homme qui raccroche enfin les gants, mais qui a tout perdu : ses derniers combats et sa femme.

JUSQU’À LA MORT

Graeme Allwright en 1966 dans la ballade folk « Qui a tué Davy Moore » nous rappelle qu’un athlète peut non seulement perdre sa raison et sa santé dans l’épreuve, mais qu’il peut y laisser la vie. Cette chanson, adaptation de celle de Bob Dylan « Who killed Davey Moore ? » (1963), reprise en 2021 par Bernard Lavilliers, est inspirée d’un fait réel : en 1963 le boxeur Davey Moore mourut à la suite du coup brutal de son adversaire Sugar Ramos qui l’avait propulsé dans les cordes au dixième round du match. La chanson originale comme ses adaptations font parler les différents protagonistes de l’histoire : l’arbitre, la foule, le manager, le journaliste et l’adversaire, chacun se rejetant la faute pour échapper au sentiment de culpabilité qui entoure le choc fatal.

Cette forme narrative choisie par Bob Dylan aurait été inspirée par une vieille comptine pour enfant, « Who killed Cock Robin ? » (« Qui a tué le rouge-gorge ? »), elle-même issue d’un vieux fonds du folklore celtique et nordique, et dans laquelle est égrenée une liste de coupables.

Hommage au coureur cycliste portugais Joaquim Agostinho, star adulée de la petite reine qui trouva injustement la mort à la suite d’une chute à 300 mètres de l’arrivée du Tour de l’Algarve en 1984, la chanson « Agostinho » de Dick Annegarn en 1990 raconte également la fin brutale d’un sportif.

Sortir de sa condition

J’AURAIS VOULU ÊTRE UN SPORTIF

Toutes les vicissitudes, les souffrances, les défaites et les doutes des athlètes n’empêchent apparemment pas de faire rêver celui qui n’est pas un grand champion. « J’aurais voulu être un artiste », chantent Claude Dubois ou Daniel Balavoine sur les mots de Luc Plamondon dans « Le blues du businessman »…

« J’aurais voulu être un sportif » semble nous raconter Alain Souchon dans sa chanson « Bidon » en 1976. Le chanteur s’y décrit comme un garçon un peu loser, mal dans sa peau, timide mais quand même un brin frimeur, et il se rêve en grand champion automobile qui pourrait séduire les filles et forcer l’admiration. Mais pour tout bolide, il n’a qu’une vieille bagnole et un vélo…

Même sentiment, cette fois mêlé de regrets, dans la chanson « Cantona » de Cali en 2011 : enfermé dans une routine quotidienne, le corps et l’âme fatigués, au petit matin, le chanteur fait le bilan d’une vie ordinaire et se rêve en grand footballeur pour réécrire sa vie.  Ah ! S’il avait su marquer des buts magnifiques comme Cantona, il aurait pu effacer sa tristesse et aurait sûrement regagné l’amour de celle qu’il aime… La chanson est à la fois un hommage au footballeur Éric Cantona et un beau texte sur un amour perdu et une vie pleine de regrets.

Les sportifs et les champions sont décidément porteurs de fantasme et d’admiration, jusque dans la chanson, malgré les difficultés que rencontrent les athlètes dans la vie réelle.

« UN BOXEUR, ÇA BOXE »

Que faire quand on est un boxeur, un catcheur, un cogneur, mais qu’au fond du cœur on se sent l’âme fragile d’un poète, et qu’on rêve de troquer les gants contre une plume ?

Alexis HK en 2002 nous raconte l’histoire de Mitch, un catcheur qui se sent poète et voudrait écrire des livres. Il réussit à échanger son short en polyester contre un costume d’écrivain, à être édité, et est même invité sur les plateaux de télévision. Pourtant, rien n’y fait, on le ramène toujours à sa condition de brute. La speakerine s’en souviendra…

La médaille d’or de la chanson tendre mêlant sport et poésie revient peut-être à Boby Lapointe et à sa « Fleur bleue contondante » écrite en 1967. Cette chanson fait un parallèle merveilleux entre les coups de poing portés et la force des mots et de l’écriture poétique. On y rencontre un boxeur du dimanche qui est aussi poète à ses heures. Mais sa muse s’éloigne, et les éditeurs aussi, tant il est difficile pour le sportif d’échapper aux clichés et à sa condition. Pourtant ici tout finit bien, car grâce à sa fleur bleue contondante, le gentil catcheur-poète épouse en heureuses noces la fille d’un libraire.

Ah ! Le foot ... et le rugby


Par Claude Lemesle

Ah ! Le foot

« Ah ! Le foot, le foot, le foot, etc. La France est foutue… » Ainsi commençait un célèbre sketch de Jean-Loup Dabadie pour Guy Bedos. Il y mettait en scène notamment Henri Michel, ce qui, d’ailleurs, ne lui avait plu que très modérément.

Depuis, la France, loin d’être « foutue », a gagné deux Coupes du monde et fait chanter des millions de supporters, tout en faisant déchanter presque autant de réfractaires. Que d’hymnes entonnés avec ferveur dans les stades, les capitales, les villes et les villages par des supportrices et des supporters de tous âges, que de chansons plus ou moins convenables dans les soirées bien arrosées d’après-match, que de footeuses et de footeux tentés par des micros souvent impitoyables envers eux !

Notre recordman des buts marqués en Coupe du monde, l’excellent Fontaine qui, chantant plutôt juste, tenta une carrière de crooner avec « Si l’on t’avait dit », notre Trésor national tâtant de la biguine avec « Sacré Marius, les Marseillais », Chris Waddle et Basile Boli unissant en 1991 leurs bonhomies populaires dans le rap « We’ ve got a feeling » et même le roi Pelé, sociétaire Sacem, nous régalant d’un « Esperança » de son cru.

Et, le savez-vous, l’excellente autrice-compositrice-interprète Émilie Gassin a joué dans l’équipe du Paris-Saint-Germain entre 2004 et 2006. Comme vous le voyez, dans le sport le plus suivi du monde, il n’y a pas que les aficionados qui donnent de la voix.

Et le rugby

Les rugbymen, leurs alter ego féminins et leurs fans chantent mieux, c’est une chose bien établie, que leurs sœurs et frères footeux. Qui n’a pas vibré en entendant telle ou telle « armoire à glace » entonner d’une voix de stentor un air aussi vibrant que décoiffant ? Les Caruso du Sud-Ouest, un de fiefs de ce sport, nous ont longtemps gratifiés d’envolées lyriques aussi spectaculaires qu’un drop de 50 mètres. Quant aux célèbres All Blacks néo-zélandais, ils ne commencent jamais un match sans avoir effectué leur célèbre haka, danse et chant de guerre destiné à intimider leur adversaire d’un jour. Et les troisièmes mi-temps, rarement sobres, explosent souvent de notes et de mots gaillards et passablement paillards lancés sans retenue par des gorges insatiables.

Hasard ou coïncidence ? Une des deuxièmes lignes historiques du XV de France, « l’Homme et demi », né en 1965 à Chamalières, s’appelait… Merle, Olivier de son prénom. Et ce n’est pas le coauteur de la chanson « Dans les yeux d’Émilie », devenue par un de ces pieds de nez que nous réserve parfois la vie l’hymne de la Coupe du monde 2023, qui aura le culot de vous dire le contraire.

Oui, les joueuses et joueurs de rugby connaissent la musique, même si leurs partitions subissent quelquefois des accidents d’harmonie…

Hymnes malgré eux


Le plus bel exemple d’un « hymne malgré lui » n’est pas à chercher dans le sport, mais… dans la chanson d’amour. En effet, « Le temps des cerises », écrit en 1866 par Jean-Baptiste Clément à Conchy-les-Pots, lors d’un voyage vers la Belgique, mis en musique deux ans plus tard par Antoine Renard et devenu l’hymne de la Commune de Paris (mars-mai 1871) est, au départ, l’évocation nostalgique du printemps et d’un amour perdu :
« J’aimerai toujours le temps des cerises,
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte… »

Mais les mots inspirés à l’auteur par des cerisiers de Conchy pouvaient tout aussi bien être interprétés dans un autre sens : « Cerises d’amour aux robes pareilles / Tombant sous la feuille en gouttes de sang… ». Un grand chagrin d’amour et l’échec d’une révolution étaient l’un et l’autre susceptibles de s’exprimer ainsi. Jean-Baptiste Clément, lui-même communard, n’hésitera d’ailleurs pas à dédier son chef-d’œuvre à une jeune ambulancière rencontrée lors de la Semaine sanglante.

Comment s’étonner, après cela, que des chansons écrites et composées sans aucune arrière-pensée sportive se retrouvent brusquement entonnées à pleine voix par des milliers et des milliers d’habitués des stades ?

Par Claude Lemesle

Quand le sport amuse


Quand on évoque le sport en chansons, tout de suite nous viennent à l’esprit des titres emblématiques évoquant de la plus belle des façons différentes disciplines ou certains de leurs héros… Mais pour chaque sport qui a été glorifié par la chanson, on trouve un pendant plus caustique. Dès les années 1930, on s’amuse avec le sport et ces joyeuses moqueries, que sont les « chansons athlétiques », n’ont jamais cessé, au gré des modes tant sportives que musicales…

Par Sauvane Delanoë

Echauffement - la gymnastique du rire

C’est bien connu, avant toute séance de sport, il faut s’échauffer. Le moment est donc bien choisi pour aborder le sujet de la gymnastique qui a inspiré bon nombre d’artistes. Même aujourd’hui puisque les plus jeunes d’entre nous se font « coacher » par Soprano, qui les encourage à soulever leurs rêves !

Plutôt qu’un descriptif chronologique, essayons de suivre un programme efficace, digne des meilleurs entraîneurs. On pourrait donc commencer par un petit « Réveil musculaire ». Une gymnastique horizontale imaginée par Pierre Jolivet et Marc Jolivet…Sorti en 1978, leur album sobrement intitulé 3e album a été réalisé et arrangé par Hervé Roy et un certain… Daniel Balavoine, qu’on retrouve même à la composition d’un titre et qui deux ans plus tard interprète « 10 000 mètres », le sport n’est jamais loin ! 
« C’est l’heure du réveil musculaire
Remonter les draps jusqu’au menton en évitant les courants d’air
Passer le bras sous le polochon, tourner le dos à la lumière
Ça suffit comme ça, n’exagérons pas
L’important, c’est de faire mieux la prochaine fois. »

Une certaine idée du sport « en chambre » que d’autres artistes ont explorée d’ailleurs, mais nous le verrons un peu plus tard…

Passons aux choses sérieuses avec un véritable « Parcours santé » : Tom Novembre n’hésite pas à cibler les sportifs du dimanche, affublés de leurs tenues fluo et d’un chien à promener, qui se reconnectent avec la nature en trottinant sur le goudron entre deux agrès installés dans les parcs publics pour retarder les effets du vieillissement…
« Pour garder la forme
Faut souffrir pour être beau
Quand les muscles s’endorment
Et secouer son physique
Pour retarder la vieillesse… »

Cette prise de conscience faite, avouons-le, c’est tout de même en fin de journée que l’esprit sportif des artistes s’exprime le mieux… Car rien de mieux pour se mettre en forme qu’un petit « Apérobic »… Devant la déferlante Gym Tonic des années 1980 et les prouesses aérobiques de Véronique et Davina, Les Charlots n’ont pas pu résister et nous ont offert un de leurs titres phares.
« C’est l’apérobic !
À elle la gym, à moi l’tonic… »

Mais gardons le plus subversif pour la fin de cette séance, à commencer par Vincent Baguian, qui loin du premier degré du titre « Body building » de Sheila, considère le bodybuilding comme le mal nécessaire pour se sculpter un corps d’amant idéal… le comique de la chanson tenant surtout à une interprétation où un certain sérieux se mêle aux réactions de douleur et d’effort qui lui font perdre toute sa crédibilité d’homme fort :
« Des tractions dans le living
Des flexions dans le dining
J’te culbute dans le salon
J’peux faire des pompes, même en chaussons »

Après Christian Marin en 1962 qui profitait de sa fonction de « Professeur de gymnastique » pour admirer l’esthétique d’une jeune athlète, c’est Jacques Dutronc qui s’improvise en 1968 prof de gym pour la nuit dans « La leçon de gymnastique du professeur Dutronc ». L’exercice est tout de suite plus ludique « avec des mouvements pratiques pour la souplesse du tronc », sur un texte de Jacques Lanzmann, complice de toujours : le sport « en chambre » c’est du sérieux !
« Faut rien faire à demi
Tous en rythme mes amis
Faut rien faire à demi
Soupirez en cadence tractions avant arrière
Posez vos mains sur ses hanches, embarquez pour Cythère… »
Le but principal étant même affiché :
« Avec votre tête prenez votre pied comme monsieur Gulliver… »


Nous avons évoqué Christian Marin et Jacques Dutronc comme professeurs de gymnastique, mais ce « Cours de gymnastique » par Max Régnier en 1936 est tout aussi savoureux ! Essayez un peu de vous gratter l’oreille avec le pied droit, tiens !
Le groupe Chanson Plus Bifluorée s’est aussi attaqué au mythe du « il faut souffrir pour être beau » dans ce titre "Gymnastique" issu de l’album Au bilboquet des planètes.

Bref, la pratique sérieuse de la gymnastique semble nous promettre des effets bien sympathiques… Mais savez-vous ce qu’il convient de faire une fois nos mauvaises graisses délogées par ces efforts ? L’entraînement continue !

Un peu de cardio

Le cardio, c’est la course à pied, le vélo… Bref tous les sports qui fatiguent le corps entier tout en faisant travailler notre cœur et notre endurance… et qui brûlent les graisses délogées par la gym (vous voyez comme cet entraînement est cohérent !).

La bicyclette aurait pu faire l’objet à elle seule de tout un chapitre sur l’humour dans le sport, mais s’il faut savoir diversifier les sports pour muscler son corps, gageons qu’il le faille aussi pour muscler ses connaissances sur la question de l’humour en chanson.

Alors commençons tout de même cette petite séance de cardio avec du vélo, puisque « Les vélos d’Amsterdam », comme dit si bien Vincent Baguian (encore lui ? Mais quel athlète !), « font des beaux culs aux dames ».

Bourvil est visiblement adepte de la discipline puisqu’il nous a offert deux titres sur le sujet : « La môme rustine », quoique ce titre soit davantage axé sur des calembours liés au vélo que sur le sport ou le cyclisme en lui-même, mais puisque nous vous « guidon » à travers ces pépites, nous nous devions de vous en faire part… Et « À bicyclette », chanson dans laquelle, pour le coup, il pédale ! Même si le cyclisme reste un charmant prétexte pour conter fleurette à une jeune femme intriguée :
« Non mais j’ai fait des tours
Des détours des contours
Et même d’autres tours
Des tours de quoi qu’em’ dit
Des tours d’vélo pardi
Vous êtes un blagueur
Ah c’que vous êtes coureur… »

Le vélo semble être un argument de poids quand il s’agit de séduire l’être aimé puisque Fernandel s’entiche d’une Antoinette qui fait de la bicyclette, dans « Elle fait de la bi bi bi » Fernandel qui aime bien les sportives puisque vous le retrouverez dans quelques lignes, marié à une femme qui fait, elle, du judo !

À ceux qui seraient tentés, il convient de rappeler que le dopage est interdit, et qu’il convient de partir sans EPO, comme dans la musette des Fascagat (« Le cochon dans le maïs », 2000)… Mais le contenu de ladite musette n’est recommandable qu’avec modération, au risque de mettre à mal nos performances sportives.
« Y pas d’EPO dans la musette à jaja
Il n’y a que du Pernod et une dose de calva… »

Le sport maître en ce qui concerne le cardio, ça reste le jogging… William Sheller qui court tout seul et le sauteur Francis Agbo qui fait du jogging une métaphore de la course en avant de nos vies ont plutôt tendance à prendre le sujet au sérieux… À l’instar d’ailleurs de Yannick Noah, ami d’Agbo, qui fait le même constat (« On court », 2014).

Mais heureusement pour nous qui cherchons à rire, Bénabar a enfilé son plus beau survêtement pour nous parler de jogging. Dans sa chanson « Marathonien » en 2018, il a une vision somme toute très « instagrammable » du sport. Et dans ce titre qui immanquablement nous rappelle l’esprit de son fameux « Dîner », il utilise le prétexte du jogging pour se moquer tendrement de nos travers, tant dans ce que nous avons de velléitaire que dans notre culte du corps et notre obsession de plaire.
« J’habite une ville nouvelle, je suis joggeur militant
Elle est plus propre que belle on confond les deux souvent
Sur la piste je tourne autour du lac artificiel
Je poste, on like mon parcours
Est-ce que c’est bien réel ? »

En revanche il en est un qui n’aime pas trop se faire doubler par les joggeuses alors qu’il est équipé comme un pro, c’est le chansonnier Frédéric Fromet (souvent collaborateur des Ogres de Barback), avec sa chanson « Je cours », dans l’album Ça Fromet ! en 2015. Si son texte est un peu plus caustique et nettement moins tendre que celui de Bénabar, la chanson a surtout la particularité d’avoir un rythme qui s’accélère au fur et à mesure de la progression de la chanson. On court on court on court, on s’essouffle… et on meurt. On vient de passer dans le registre de l’humour noir…

De drôles de (sports de) combats

Bon, ça y est, bien échauffés, cardio renforcé ? On peut passer à du vrai sport maintenant ? Du sport qui fait mal, qui fait transpirer ? Alors venez sur le ring, on commence par « l’ignoble art » !

Si aujourd’hui le catch connaît une forte expansion et déclenche l’enthousiasme d’un public nombreux, notamment chez les plus jeunes, c’est surtout entre les années 1920 et 1970 qu’il connut son âge d’or en France. Tant et si bien que dans son ouvrage de référence Mythologies, Roland Barthes s’intéresse à la popularité du catch, ce « spectacle excessif ». C’est sans doute l’exubérance de ce sport, avec ces personnages masqués dignes de la commedia dell’arte, qui suscite l’engouement. Il n’en fallait pas moins à la chanson pour s’emparer de la discipline.

Premier round : c’est Fréhel, en 1938 – se détachant un peu de son répertoire réaliste –, qui lance les hostilités avec « La môme catch-catch ». Ce n’est pas à proprement parler une chanson sur le sport, mais elle dénonce avec humour la mode des catcheurs masqués, « anges » et autres « bourreaux ».  La mode du catch se perpétuant, Régine a même repris ce titre en 1993 !
« On a fait toute une affaire
Des lutteurs, des catcheurs, des boxeurs, des tombeurs,
Pour moi, ça c’est d’la p’tit’ bière,
Tous ces mecs à biceps ne m’ont jamais fait peur.
Moi j’les descends avec les doigts dans l’nez
Faut pas qu’ils pensent me caresser,
Si y en a un dans la salle aujourd’hui
Qu’il vienne ici,
Il s’ra servi.
C’est moi la môm’ catch-catch ! »

Deuxième round : on est en 1956, et Fernandel est aux prises avec une épouse combative qui mélange un peu les disciplines :
« Ma femme fait du judo
Je l’ai toujours su’ l’dos
Cet ange de douceur
A l’âme d’un catcheur. »

Troisième et dernier round : presque 20 ans avant de créer ensemble la célèbre opérette Nini la Chance, Jacques Mareuil et Georges Liferman signent « Les catcheurs » pour les Frères Jacques en 1961… Le moment le plus savoureux étant celui où le pauvre catcheur sonné voit des petits oiseaux et entend sonner des cloches. Image très « cartoonesque » et comique s’il en est… surjouée comme il se doit par les quatre interprètes. On est à mille lieues d’une autre œuvre qu’ils écrivirent pour Les Frères Jacques en 1968, « La lune est morte ». Preuve que ces artistes manient l’humour avec autant de talent et d’intelligence que la gravité.


Il vous reste quelques forces ?

Après une séance pareille, vous devriez être à bout de forces, surtout si vous vous êtes musclé les abdos en riant avec tous les artistes dont nous avons parlé… Mais, période olympique oblige, allons jeter un œil du côté de deux autres disciplines qui ont su inspirer les créateurs.

Une discipline un peu élitiste d’abord, le golf, sport chic s’il en est, mais néanmoins discipline olympique.  Il y a fort à parier, cependant, que si le Comité olympique partageait l’avis de Lynda Lemay sur les golfeurs, les JO auraient renoncé à promouvoir ce sport :
« Ça s’prend pour des athlètes
Mais c’est mou des abdos
Ça roule en voiturette
Ça manque de libido » 
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Et pour finir un grand écart vers une discipline très prisée par les jeunes et autres amateurs de sports extrêmes, le skateboard. Patrick Topaloff n’a pas attendu que les sponsors les plus en vogue s’emparent de ce sport et que Tony Hawk fasse rêver les foules pour vanter les mérites de cette discipline dans « Les rois du skateboard » en 1978… Le comique de cette chanson tenant d’ailleurs plus à son look assez caricatural qu’à la musique très californienne ou au texte somme toute presque classique !
« Chérie viens z’avec moi je t’emmène faire un tour
Sur ma planche à roulettes, ma planche d’amour
À 70 à l’heure nous serons les meilleurs
Vous serez les rois du skateboard… »


​​​​​​​Mais une chose est tristement sûre hélas, c’est que malgré l’arrivée de la flamme à Marseille et la volonté farouche des Provençaux de voir ce jour arriver, la pétanque ne fait toujours pas partie des sports olympiques… Ce qui est bien dommage, car cela nous aurait donné l’occasion de fredonner "Une partie de pétanque" d'Andrex, Darcelys et Sacha Distel… et de rire avec eux !

Nous voilà bien fatigués par toutes ces activités ! Les abdominaux bien entraînés par le rire. Félicitations à tous les athlètes de la chanson et de l’humour qui auront suivi cette séance drôle et sportive ! Et qui sait, peut-être que ces JO nous laisserons quelques pépites, même si pour l’instant la première chanson drôle qui nous vient à l’esprit en pensant à cette période serait plutôt « Les embouteillages » de Sanseverino… Mais que voulez-vous, il faut bien en rire, non ?

Hymnes officiels & événementiels : l'omniprésence du football


La Marseillaise, hymne parmi les hymnes 

À l’origine chant patriotique écrit par Rouget de Lisle, La Marseillaise est devenue définitivement l’hymne national de la France en 1795. Elle accompagne désormais toutes les manifestations sportives auxquelles participent des représentants français. Elle symbolise un moment de communion avant un match ou pour célébrer une victoire.    
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Par Jérôme Cosniam

La flamme enchante


Le sport et la musique ont toujours été étroitement associés : rappelons que les chœurs et les ensembles de trompettes conviaient les athlètes à descendre dans l’arène. L’un et l’autre sont des disciplines exigeantes aux résultats aléatoires et la recherche de la perfection anime autant les sportifs que les créateurs et interprètes de chansons. De tout temps, les supporters et les amoureux du sport ont écrit et chanté des louanges à la gloire de leurs idoles et des sportifs de toutes disciplines, qui sont à leur tour, entrés avec plaisir et même passion dans le monde musical. Le sport et le chant brûlent d’un feu d’amour éternel et réciproque en transmettant le témoin en héritage aux générations futures.

Par Nelly Quérol et Alain Goldstein

Florence Arthaud et Pierre Bachelet

Florence Arthaud, la « Petite Fiancée de l’Atlantique », c’est une belle histoire qui finira tragiquement dans un accident d’hélicoptère en 2015. Elle avait parallèlement à sa vie de navigatrice côtoyé le monde musical et rencontré Pierre Bachelet, compositeur de nombreux succès dont la bande originale du film Emmanuelle, « Les corons » ou encore « En l’an 2001 ».

En 1989, Pierre Bachelet, en collaboration avec Jean-Pierre Lang, écrit une touchante chanson dédiée à Florence Arthaud intitulée « Flo » et, dans le cadre d’un double album consacré à la mer et à la terre, la navigatrice enregistrera 3 chansons en duo avec le compositeur. Tous deux partageaient le goût de la mer et de l’aventure.

John McEnroe et Emmanuel Da Silva

Tennisman de 1977 à 1992, John McEnroe a dominé ce sport au début des années 1980. Puis, il tente de démarrer une carrière musicale en créant le « Johnny Smyth Band ». Faute de succès, il finit par abandonner.

Ce tennisman acteur et musicien a été source d’inspiration pour de nombreux créateurs, entre autres Da Silva qui fait de la légende du tennis et de ses coups de gueule célèbres son inspiration pour la chanson « Comme John McEnroe ».

« Comme John McEnroe, je te prends de court
Lorsque l’amour s’écroule au fond du court… »

Grand amateur de guitare, John McEnroe avait tendance à peupler les cauchemars de David Bowie, qui savait à quel point il martyrisait ses meilleurs morceaux. Bowie raconte à un journal anglais leur première rencontre : « J’étais dans un hôtel en Angleterre. Il était franchement tard, et j’essayais de dormir, surtout que j’avais un programme chargé le lendemain. J’ai entendu au-dessus de moi quelqu’un qui jouait vraiment mal de la guitare. Je me suis demandé : “Mais que diable fait-il à jouer à une heure pareille ?” Il était en train de martyriser “Rebel rebel”. Du coup, je suis monté et j’ai frappé à la porte, pour lui demander d’arrêter, et devinez sur qui je tombe ? John McEnroe ! C’était John McEnroe ! C’était John McEnroe lui-même qui jouait et qui rockait en même temps. C’était digne d’un film, non ? »

Tony Parker

Joueur mythique des San Antonio Spurs, Tony Parker est, par ses statistiques et son palmarès, le meilleur basketteur français de tous les temps.

En 2007, Tony Parker réalise son rêve de devenir chanteur. C’est dans l’univers du hip-hop qu’il choisit de se lancer. Il est également auteur et adhère à la Sacem le 10 octobre 2008. L’album Tony Parker réalisé par Skalp (Leslie, M Pokora, Youssoupha) sort sur le label de TF1 Music One. Y figurent des invités tels que Soprano, Rohff, Booba sur « Bienvenue dans le Texas », K-Reen sur « Génération motivée », ou encore l’acteur américain Jamie Foxx pour « L’effet papillon ». Il se classe 19e du Top Albums.

« Balance-toi », écrit avec Éloquence, se vend à près de 50 000 exemplaires. Le clip Balance toi est réalisé par Karim Ouaret, Eva Longoria y fait une apparition avec une partie de l’équipe des Spurs. Un deuxième clip de l’album paraît, intitulé « Premier love ». L’ancien champion explique qu’il avait signé pour trois albums avec TF1 mais qu’il a dû faire un choix entre l’équipe de France et les tournées de promotion. Il voulut sortir un second album mais les critiques et les ventes mitigées du premier le découragèrent. Il préféra mettre fin à sa carrière musicale.

Marius Trésor

Footballeur international français, Marius Trésor a gagné la Coupe de France en 1976 avec l’OM et le championnat de France en 1984 avec les Girondins de Bordeaux.

Comme d’autres joueurs de football, il s’est laissé tenter par l’aventure musicale même si, lucide, il connaissait ses limites vocales. C’est ainsi qu’en 1978 il sort un 45 tours intitulé « Sacré Marius » et un album titré Sacré Marius / Dans la vie faut rigoler. Cette chanson sans prétention de Daniel Savastano et Gérard Tempesti sur une rythmique antillaise raconte l’itinéraire de Marius Trésor, c’est en quelque sorte un hymne à ce sport.

Marius Trésor a raconté l’origine de sa tentative musicale. C’est Julien Clerc en 1978 qui, l’ayant invité à une émission du Grand Échiquier de Jacques Chancel, lui propose alors en direct de fredonner avec lui une vieille chanson antillaise, ce qu’il fait par courtoisie. De retour à Marseille, il reçoit une proposition pour se « lancer dans la chanson ». D’humeur joyeuse, il accepte de se prêter au jeu. On connaît la suite : réaliste, Marius Trésor arrêtera là son incursion dans le monde musical.

Yannick Noah

Sportif de niveau international, Yannick Noah a longtemps été une des personnalités préférées des Français qui a su mêler naturellement deux disciplines : le tennis et la musique.

En 1983, il remporte 3 tournois dont celui de Roland-Garros contre Mats Wilander, ce sera le dernier Français à gagner ce titre.

À partir de 1991, il se consacre parallèlement à sa deuxième passion, la musique, et c’est l’explosion avec la chanson « Saga Africa » issue de l’album Black & What qui, lors de la victoire de la France en Coupe Davis, est diffusée dans les tribunes. Une chanson qui a également beaucoup plu aux joueurs Guy Forget, Henri Leconte, Fabrice Santoro et Arnaud Boetsch, qui ont fini par danser sur le terrain en imitant la chorégraphie du clip.

Connu aussi sous le titre « Ambiance secousse », le texte de « Saga Africa » (Yannick Noah, Daisy McNeels et Milan Zdravkovic) évoque Paris et Yaoundé et une célèbre équipe de football surnommée Les Lions Indomptables. Cette chanson sera reprise par divers artistes dont Collectif Métissé et Philippe Katerine.

Zinedine Zidane et Pascal Obispo

Footballeur international qui a évolué au poste d’attaquant durant toute sa carrière, celui que l’on surnomme Zizou devient un modèle pour les jeunes et une figure charismatique du sport.

Le rapport de Zinedine Zidane avec le monde musical est pour le moins discret, il n’a participé qu’une seule fois, en 2001, à L’Odyssée des Enfoirés, album pour lequel il a interprété « La chanson des Restos » avec les autres participants, mais il semblerait que sa performance sur ce type de terrain l’ait dissuadé de continuer.

Le milieu musical quant à lui ne l’oublie pas, et le chanteur Pascal Obispo décide d’écrire en 2003 avec Lionel Florence la chanson « Zinedine » dans laquelle il présente Zinedine Zidane comme un héros ordinaire et non comme un joueur de football adulé.

Frédéric Delpla

Frédéric Delpla remporta la médaille d’or olympique avec l’équipe de France d’épée lors des Jeux de 1988 à Séoul.

Une autre passion anime sa vie : la chanson. En 2009, il se produit pour la première fois dans un club de vacances en interprétant « Mistral gagnant » de Renaud et « La javanaise » de Serge Gainsbourg.

La chanson s’est ensuite invitée dans le quotidien du champion : « C’est à présent sur d’autres pistes que je m’exprime. Trente ans après être monté sur la plus haute marche du podium avec mes équipiers de l’équipe de France, c’est avec autant de passion que je m’exprime, désormais, avec une plume et un micro. »

Il écrit ses textes, mais également ses mélodies : « Quand on arrête la compétition, on ressent un manque, un vide. Le côté créatif m’a servi de compensation et l’écriture a été une thérapie pour aller mieux », explique-t-il.

En 2018, Frédéric Delpla a sorti son premier clip avec « Je suis comme ça » sur des arrangements jazzy où se révèlent sa voix de crooner et son goût pour l’autodérision, bien loin du sport…

Alors que Paris 2024 s’apprête à accueillir les jeux Olympiques et Paralympiques, il sort le 16 février 2024 un projet de 5 titres consacrés au sport, au dépassement de soi et à la quête du Graal absolu : la médaille d’or olympique. « Chercheur d’or » est un appel à la détermination, à la volonté. Dans chaque parole et chaque note résonne l’envie de victoire. « Je vous propose de plonger dans l’âme d’un chercheur d’or, dans l’univers de ceux qui veulent réussir, qui veulent gagner. »

La petite Reine


Le cyclisme est le sport populaire par essence, à la fois outil de transport, activité de loisir, c'est également un sport regroupant diverses disciplines (route, piste, tout-terrain, etc.).
Autrefois surnommé « l’auto des pauvres », le vélo est aujourd’hui devenu plus qu’une lubie de « bobo » qui tient tout à la fois à préserver sa santé et à encourager la transition écologique. Déjà en 1972, Joe Dassin était « À vélo dans Paris » pour éviter les bouchons dans la capitale à l’heure de pointe.

Le cyclisme est aussi un loisir idéal pour admirer les paysages tout en ayant une activité physique. Le sport du dimanche entre copains… Il est également le partenaire des promenades bucoliques célébrées en leur temps par Yves Montand qui allait conter fleurette « À bicyclette ».
La pratique quotidienne du vélo se popularisant dès la fin du xixe siècle, la pratique sportive se développe et de nombreuses compétitions voient le jour.

Par Jérôme Cosniam

Épreuve reine de la discipline, la Grande Boucle inspire depuis sa création nos artistes. Résonne encore sur les routes de France le son des accordéons de Frédo Gardoni, André Verchuren et bien sûr celui de l’emblématique Yvette Horner. Cette dernière est une grande figure des bals musettes et populaires. Première femme à remporter la Coupe du monde d’accordéon en 1948, elle effectuera onze Tours entre 1952 et 1963. Pour la marque Calor d’abord, à l’arrivée des différentes étapes, puis l’année suivante pour l’apéritif Suze, juchée sur le toit de leur caravane publicitaire pour jouer de son accordéon. C’est ensuite elle qui remettait le bouquet au vainqueur chaque soir.