Si la planète a dansé sous les boules à facettes, rares sont les pays qui ont vraiment produit du disco : les États-Unis, l’Allemagne et la France. Partez à la rencontre des créateurs du disco français qui ont popularisé chez nous (et exporté !) ce savoir-faire Made in France. Comme le tango ou le twist, le mot disco désigne à la fois un style musical et une danse, voire un style vestimentaire. Les artistes disco – même masculins - sont souvent vêtus d’habits de lumière et se maquillent. Le Glam rock glitter leur avait ouvert la route, le public - qui ne veut plus ressembler à Madame ou Monsieur tout le monde - les imitera.
Le disco naît à une époque où les discothèques avec disc jockeys (DJ) ont démodé les bals populaires. Il libère les pulsions animales, et satisfait moins les émotions cérébrales. Énergique mais sensuel, quasi-sexuel, il est la musique du corps et de la nuit. Résultat d'un mélange de mélodie pop et d’orchestration funk, le musique disco est binaire avec un tempo rapide, entre 120 et 140 battements par minute (BPM). Les pulsations sont marquées par la grosse caisse sur chaque temps. La basse joue aussi un grand rôle, tout comme les cordes et les cuivres, mais surtout les synthétiseurs… et la voix de l’artiste.
En France, le disco n'est pas conçu pour être diffusé à la télévision car il est souvent chanté en anglais, donc moins accessible (et quand il est en français, les mots sont plus remplis de son que de sens). Comme il est bourré d’énergie positive et colorée, cela gêne moins les radios, périphériques, qui n’ont pas encore de quotas. Il est aussi promu par la presse jeune, désormais en quadrichromie, à son apogée. En revanche, le disco n’est pas fait pour être applaudi sur une scène, mais pour être dansé sur une piste (Du Palace à Paris au Studio 54 à New-York). Et l’Occident a besoin de faire la fête pour oublier la fin des Trente Glorieuses.
Commercialement, le disco se vend surtout en 45 tours, et invente le format "Maxi-Single" qui comprend les premières versions longues de l’histoire. En France, 1977 marque l’apogée des ventes de formats courts. Pas un hasard... On vend aussi des formats longs : 33 tours mais également cassettes audio, d’autant plus que le walkman est inventé par les Japonais en fin de décennie.
40 ans après le phénomène disco, et l’important rôle que les Français y ont joué, le french disco n’a pas eu les honneurs des Ors de la République, et ce malgré la série de disques d’or sur tous les continents. Puisse cette exposition lui permettre de commencer à être reconnu comme une partie de notre culture.
Jean-Pierre Pasqualini
Les pionniers (1972-1974)
À l’automne 1973, le premier choc pétrolier va marquer la fin des Trente Glorieuses. Dans la musique, à l’heure où "Les bals populaires" et l’accordéon prennent le maquis, les discothèques et les synthétiseurs annoncent leur règne avec l’arrivée du Mini-moog. La musique va progressivement devenir électronique... et disco. Une fois de plus, les États-Unis donnent le ton et le tempo.
Mais qui sont les pionniers du disco en France ? Plutôt des musiciens et des artistes installés, un Mini-Moog étant cher à l’achat. On assiste au même phénomène qu’au début du rock, où les musiciens amateurs n’avaient pas accès aux guitares électriques. Voici donc l’histoire des pionniers du disco 100% français qui, de 1972 à 1974, par petites touches de son, vont donner des couleurs dansantes à la variété française.
SOUL MAKOSSA : DE LA WORLD MUSIC EN DISCO...THÈQUES !
7 mars 1972 : Manu Dibango dépose au bureau de la Sacem de Yaoundé le titre Soul Makossa.
Emmanuel Dibango est un Camerounais, venu faire ses études en France, avant d’y découvrir la musique. Après un passage par la Belgique, qui lui permet d’aller travailler au Congo Belge, il revient en France dans la deuxième moitié des années 60. Musicien multi-instrumentiste, il travaille avec Dick Rivers, Nino Ferrer puis Mike Brant, tout en enregistrant un 33 tours de reprises.
C’est en 1972 qu’il compose cet hymne officiel de l'équipe du Cameroun, qui accueille la 8ème Coupe d’Afrique des Nations de Football. Grâce à une aide officielle d’un million de francs CFA, il soigne l’enregistrement de cette œuvre inspirée d’un rythme du mouvement makossa, auquel il donne un côté soul, d’où son titre. Si un 45 tours est distribué gratuitement lors de la CAN, le morceau figure aussi dans son nouvel album en France. Extrait en simple, c’est un joli succès qui popularise les rythmes africains dans l’Hexagone, d’autant plus que le texte, quasi-tribal, est facile à fredonner tout en dansant. Les discothèques francophones s’en emparent.
Grâce à un DJ américain qui déniche l’enregistrement dans un magasin de Brooklyn et le passe dans sa discothèque, le titre est réclamé chez les disquaires de la Big Apple.
WBLS, la radio plus populaire pour la communauté de couleurs de NYC, prend le relais. Enfin, Ahmet Ertegun, le patron d’Atlantic, qui aime beaucoup la France, décide de sortir le disque aux États-Unis et encourage Manu à faire une tournée américaine. Bingo ! Soul Makossa se classe N°35 au Billboard Hot 100 et N°21 au Billboard Hot Soul Singles en 1973.
Dix ans plus tard, Michael Jackson samplera Soul Makossa dans le morceau Wanna Be Starting Somethin’ sur l’album Thriller (1982). Sans autorisation. Pensant peut-être qu’il fait partie du "folklore". Le procès se soldera par un accord à l’amiable.
UN POP-CORN QUI DONNE DE L’OXYGÈNE
Parmi les premiers musiciens réputés qui ont utilisé le Moog, il y a le Français Jean-Jacques Perrey, collaborateur de l’Allemand Gershon Kingsley, le compositeur du premier tube 100% synthétique, Popcorn.
Créé sur le Moog modulaire IIIC en 1968, il va connaître un succès planétaire grâce à l'arrangement de l’Américain Stan Free du groupe Hot Butter en 1972. Les reprises sont nombreuses. En France, celle d’Anarchic System, le groupe de Guy Boyer, fait un joli succès.
Certaines sont même chantées : Antoine en enregistre des versions en français, italien, espagnol et allemand ! Jean-Michel Jarre en fait aussi une cover instrumentale qui influencera son Oxygène. En 2010, le groupe Muse mettra également ce titre à son répertoire.
Dès 1953, après quatre ans de médecine, et quelques années d’accordéon en amateur, Perrey se tourne vers la musique professionnelle, en faisant des démonstrations partout en Europe de l’Ondioline de Georges Jenny, un nouvel orgue à base de tubes à vide créé en 1941.
Il accompagne même Trenet et Piaf, laquelle lui présente un producteur américain. C’est ce dernier qui met à sa disposition à New-York un studio pour composer des jingles publicitaires dès 1960. Il y crée une bibliothèque de samples et publie même un 30 cm, The Happy Moog.
C’est en 1964 qu’il rencontre Kingsley, avec lequel il enregistre deux autres 33 tours. Un de leurs morceaux sera repris par Disney. Perrey publiera encore deux albums (en 1968 et 1970 Moog Indigo) avant de se consacrer à la musique thérapeutique. Pendant ce temps, Kingsley, nourri de tout ce que Perrey lui a apporté, composera le fameux Popcorn, qui a donc de la France dans ses gênes !
DES PLAISIRS DÉMODÉS D’AVANT-GARDE !
Vedette aux succès qui s’exportent depuis les années 50, Charles Aznavour ouvre le feu du pré-disco « dans le bruit familier de la boîte à la mode aux lueurs psychédéliques au curieux décorum » avec ses Plaisirs démodés.
Nous sommes en 1972. S’il en signe le texte, la musique est de son beau-frère, le surdoué de la mélodie populaire, Georges Garvarentz. Habile alternance entre passages slows et passages pré-disco, la chanson est un très gros succès d’un Aznavour qui prouve à nouveau qu’il sait s’adapter aux modes (il l’a déjà montré à l’époque yéyé en signant pour Johnny, Sylvie et bien d’autres) et séduire de nouvelles générations. La preuve ? Son titre passe à la radio mais il est également diffusé en discothèques où il assure la transition entre le jerk (une danse lancée aux États-Unis en 1964, en France deux ans plus tard par Gainsbourg, Dutronc, Delpech…, et qui va s’adapter aux rythmes psychédéliques) et le disco.
Avec ses tenues "glam" avant le mot (on parle beaucoup de ses vestes à l’époque), Aznavour va même enregistrer le titre en allemand, italien et anglais. Et ça va marcher à l’export ! Une douzaine de reprises suivront jusqu’au nouveau millénaire (en anglais et même en allemand).
Le groupe américain MFSB (Mothers Fathers Sisters Brothers), qui comprend les Three Degrees, lance en 1973 le 45 tours du TSOP (The Sound Of Philadelphia), qui va enflammer les dancefloors du monde entier.
Définitivement pré-disco, crédité à Kenneth Gamble et Leon Huff, ce titre a beaucoup "emprunté" au fameux Frou-frou français, créé sur scène en 1897 dans la revue Paris qui marche au Théâtre des Variétés à Paris. Surtout qu’écrite par Hector Monréal et Henri Blondeau sur une musique d'Henri Chatau, ce Frou-frou avait déjà été repris souvent. Il y a de fortes chances que nos amis américains l’aient entendu !
Ils décident de reprendre les ficelles de la Motown de Detroit - dont l'âge d'or est passé - pour inventer le son "Philly", chatoyant et voluptueux. C’est ce parfait écrin qui assurera la transition entre la soul et le disco. Avant de partir pour New York, ce sont donc les MFSB qui "inventent" en 1973 le disco, avec des titres comme Love Train ou ce TSOP, démarqué de notre Frou-frou, lequel sent bon la valse parfumée à la baguette de pain, malgré son tempo accéléré.
CLOCLO : AMBASSADEUR DE LA TAMLA MOTOWN
1973 : idole depuis dix ans, Claude François est un pionnier du disco à plus d’un titre.
Dès 1962, il chante, danse mais joue aussi de la batterie (un instrument phare du disco). Et comme ce n’est jamais assez, au milieu des années 60, il engage des danseuses qu’il baptise les Claudettes (futures Clodettes), inspiré par les Raylettes de Ray Charles. On raconte que si elles étaient aussi "déshabillées", c’était pour attirer les copains des "favinettes" de l’idole, et pour que ces derniers aient envie de revenir !
En revanche, s’il compose quelques titres, il adapte beaucoup de succès anglo-saxons, comme tous les yéyés. Notamment de la Tamla Motown, dès 1966. Fou du son de ce label de Detroit, il va même enregistrer un album d’adaptations dans cette ville en 1971. Toutes les conditions sont réunies pour qu’il passe au disco…
C’est en 1973, que Cloclo cosigne un deuxième tube dansant (après Viens à la maison (Y a le printemps qui chante)), avec le fidèle Jean-Pierre Bourtayre, mais cette fois, également avec le chanteur Nicolas Skorsky. Cette Chanson populaire compte même un arrangement signé du grand Jean-Claude Petit. Le chanteur en gravera d’ailleurs une version anglaise (Love Will call The Tune) pour un album destiné à l’export en 1977.
En attendant, c’est en écoutant la version (en français !) des Three Degrees - girls-group américain qui chante le générique de Soul Train, l’émission de TV culte aux États-Unis, et a repris aussi le fameux TSOP - qu’on prend toute la dimension pré-disco de cette Chanson populaire, qui s’en va et qui revient.
UN PRÉMATURÉ DU NOM DE BORN TO BE ALIVE
Patrick Hernandez fait ses premières incursions dans le monde de la musique avec différents groupes. Parmi eux, Paris Palace Hotel, P.P.H., fondé par Patrick Margueron - un musicien qui a animé beaucoup de bals et de soirées privées -, et produit par Jean-Claude Pellerin et le grand producteur belge Jean Van Loo. Margueron, après des maquettes enregistrées au Studio D.E.S. à Bruxelles, grave au Studio 92 en banlieue parisienne, un 30 cm de 14 chansons. Nous sommes vers 1973. Parmi les titres, la plupart de Margueron, il y en a un signé par Patrick Hernandez : Born to Be Alive, dont la maquette n’est pas du tout pré-disco, plutôt folk à la Dylan première époque. Et c’est ensuite avec des sonorités rock californien - guitares électriques bien en avant – que Margueron, fan des Shadows, va s’orienter pour produire ce "brouillon" de tube. Une version qui ne séduit personne, même dans le groupe, où l'on trouve aussi Hervé Tholance. Bilan : l’album ne sortira pas - le studio n’ayant jamais été payé -, et le groupe sera dissous quelques mois plus tard. À suivre…
SKORSKY : LA GENÈSE DE SANTA ESMERALDA
Auteur-compositeur-interprète, Nicolas Skorsky se révèle en France en 1972 avec Comme je t’aime, qui connaît un joli succès chez Carrère. S’il ne publie qu’une dizaine de 45 tours de chanteur jusqu’à la fin des années 80, il devient rapidement un compositeur que l’on s’arrache, signant pour Ringo (qui est dans la même écurie, Carrère), Claude François (une belle carte de visite), Daniel Guichard, Les Frères ennemis (Disco Love, une parodie arrangée par Karl-Heinz Schäfer en 1975)… En attendant de produire, en 1977, le groupe Santa Esmeralda avec la reprise disco du Don’t Let Me Be Misunderstood, qui va connaître un succès international.
Il connaît le marché international depuis 1974, où il compose Crystal World, un succès instrumental (et donc plus exportable), arrangé par trois pointures : Raymond Donnez, Karl-Heinz Schäfer et Jacques Denjean. Ce morceau pré-disco, funk avant la mode, est enregistré par le groupe français Crystal Grass, composé de Steve Leach et de musiciens professionnels comme Slim Pezin. Ce groupe est également produit par Lee Hallyday, le compagnon de la cousine de Johnny, lequel a managé l’idole des jeunes dans les sixties.Si Crystal World est édité en 1975 sur un 30 cm pressé en France, en Allemagne, Espagne, Italie et aux États-Unis, avec des reprises (notamment de Barry White), une adaptation de Patrick Lemaître avec Jacques Demarny et Jean-Pierre Lang, il comprend aussi des originaux de Skorsky, des arrangeurs sus-cités, et du chanteur arménien venu d’Egypte, Alec (Kouyoumdjian dit Costandinos), alias Robert Rupen (Rupen étant le prénom de son frère en arménien), qui va faire carrière dans le disco.
LE GROUPE KONGAS AVEC CERRONE
Un été au début des années 70, Eddie Barclay découvre à Saint-Tropez le groupe Kongas, avec son batteur bientôt culte, Cerrone, et d’excellents musiciens comme Raymond Donnez, futur Don Ray. Le producteur au cigare les signe sans tarder.En 1972, le groupe enregistre Jungle, signé d’un des membres du groupe, Patrick Sesti pour la musique, de Boris Bergman pour le texte. Ce morceau, plus afro que disco, sort deux fois en 45 tours en France (et aussi en Espagne, au Portugal et au Canada) avant de figurer sur le premier 30 cm de Kongas en 1974. S’il n’est pas un succès populaire à sa sortie, le titre, remixé par Tom Moulton en 1979, non seulement fera un succès au Japon (classé N°39 au Top Oricon), mais il sera à l’origine de la mode de l’afro-disco, qui poussera les maisons de disques japonaises à distribuer notamment des disques de Manu Dibango.
L'EXPLOSION (1975-1976)
Milieu des années 70. La Crise est là. Désormais, la musique s’élabore dans un mélange d’instruments acoustiques, électriques et électroniques. Plus aucun studio d’enregistrement ne peut se passer d’un Moog. Le géant Bernard Estardy, l’ingénieur du son N°1 de la variété au Studio CBE, l’a bien compris. Bidouilleur de génie, il va optimiser le mélange pour le servir aux ex-idoles yéyés qui cherchent un nouveau souffle.
Pour l’heure, le disco est une musique d’avant-garde qui a encore une bonne image, ce qui pousse des artistes moins "variétés" à saupoudrer leurs oeuvres de poudre pailletée. C’est aussi la période où des aventuriers sans passé, qui n’ont rien à perdre et tout à prouver, tentent leur chance en créant du disco 100% français.
Les Frenchies à Philadelphie
C’est en 1975 qu’un tandem, qui s’est connu cinq ans auparavant, s’unit pour le meilleur… et le meilleur : Jacques Morali et Henri Belolo. Le premier est un fantaisiste qui commence comme secrétaire d’Hervé Vilard avant de "placer" quelques chansons à des débutants (Peter Fersen en 1967) puis de devenir directeur artistique chez Polydor. Le second est né au Maroc et a le sens des affaires. Il a débuté chez Barclay au Maroc avant de s’installer à Paris pour travailler également chez Polydor puis de créer son label dès 1969 : Carabine, avec Guy Mardel comme vedette. L’aventure Carabine durera une dizaine d’années avec Blanche Carter comme chanteuse disco qui grave, dès 1975, une reprise de My Man (Mon homme, créé par Mistinguett).
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The best disco in town... is french !
En 1975, Jacques Morali et Henri Belolo, qui se sont connus chez Polydor, décident de faire de la chanson brésilienne (Aquarela do) Brazil - créée en 1939 et popularisée par Carmen Miranda – un titre de discothèques. C’est le début d’une des plus belles aventures du disco français. Et voilà notre tandem parti à Philadelphie, la capitale mondiale du nouveau son qui plait aux discothèques : le son "Philly". Après un casting rapide, trois jeunes Américaines de couleur sont recrutées. Le groupe Ritchie Family est formé, le titre est enregistré au studio Sound Sigma, l’antre du disco. C’est un succès.
Ceci dit, faire une reprise est moins rentable qu’écrire une chanson originale, c’est pourquoi, en 1976, le tandem signe Le meilleur club en ville et le donne à adapter à l’Américain Phil Hurtt (qui a signé I’ll be Around pour les Spinners dès 1973). Ce dernier en fait The Best Disco In Town, qui atteindra le sommet du Club Charts aux USA et, par ricochet, finira sur toutes les platines des discothèques de la planète. L’histoire ne fait que commencer.
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Si on chantait… Disco ?!
Il a suivi Claude François et précédé Michel Berger dans la vie de France Gall : Julien Clerc. Révélation de Hair en France dès 1969, le créateur de Si on chantait aligne des tubes qu’il compose notamment sur les textes novateurs d’Étienne Roda Gil.
Ensemble, ils révolutionnent la variété française des années 70. En 1975, alors que France l’a quitté pour Michel qui lui a fait sa Déclaration, Julien est en pleine dépression. Celle-ci lui inspire l’album N°7 , sur lequel il dédie une superbe chanson à son ex-compagne : Souffrir par toi n’est pas souffrir (après avoir baptisé son précédent album Terre de France). Heureusement que l’album compte aussi This Melody, plus légère. Mais aussi Elle voulait qu'on l'appelle Venise, laquelle, avec sa pêche et son orchestration pré-disco signé Michel Bernholc, va faire le bonheur des radios et des discothèques.
>Découvrez le bulletin de déclaration d'Elle voulait qu'on l'appelle Venise
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Cerrone : et le French Disco devint sexuel
C’est à partir de 1976 que l’ex-batteur du groupe Kongas (découvert par Barclay à Saint-Tropez en 1973) va se faire un nom grâce au disco : Cerrone. Celui qu’on ne tardera pas à surnommer "le bûcheron", tellement il frappe fort sur sa grosse caisse, impose aux discothèques françaises son Love In C Minor, qui n’est autre qu’un instrumental dont les paroles ne sont que des gémissements féminins (certainement inspirés par ceux de Donna Summer).
S’il n’est pas compositeur de ce morceau - qui est signé par Alec R Costandinos, le complice de Demis Roussos –, Jean-Marc Cerrone en est le producteur, contraint et forcé, personne ne croyant à son titre. L’arrangement, à grand renfort de lourde guitare basse, est de Raymond Donnez, ex-Kongas aussi, qui se fait appeler Don Ray, pour faire plus disco et plus international.
Enfin, c’est le producteur Cerrone qui voulant séduire les DJ’s, a l’idée géniale de presser quelques centaines de disques avec une pochette qui rappelle les affiches de pin-ups qu’on trouvent dans les cabines des routiers, et de faire le tour des discothèques afin de les offrir aux disquaires (on appelait encore ça comme ça). Carton plein. Le titre ne tarde à conquérir la France, puis l’Italie et enfin le monde entier.
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Polnareff : une BO disco
Depuis 1966, Michel Polnareff enchaîne les succès en France, en Europe et même jusqu’au Japon. Exilé aux USA depuis peu pour des problèmes fiscaux, il signe en 1974 avec Ahmet Ertegun, le patron du prestigieux label Atlantic, amoureux de la France, qui lui promet une vraie carrière internationale en anglais. Celle-ci commence fort avec l’instrumental Lipstick pour la BO du film éponyme (en français Viol et châtiment) de l’Américain Lamont Johnson, sorti le 2 avril 1976. Sur le 30 cm, s’il existe une version radio de 3'33, Polnareff ose une version longue de plus de 12'30, où les rythmiques disco vont crescendo. Il faut dire que les versions longues sont de plus en plus appréciées par les DJ’s. Les arrangements sont cosignés par le futur Amiral avec David Foster (qui travaillera plus tard avec Céline Dion et de nombreuses stars vocales US) et J Haskell. Le titre aurait fini N°1 aux USA durant l’été 1976.
À noter que deux ans plus tard, un succès de Polnareff de 1969 va devenir un succès disco par la basketteuse-chanteuse Claudia Polley. En effet, Tous les bateaux, tous les oiseaux, signé Paul de Senneville, Olivier Toussaient et Jean-Loup Dabadie devient Believe avec un arrangement très inspiré de celui de La vie en rose par Grace Jones. Le 45 tours sortira partout et même au Brésil.
Gainsbourg : une B.O erotico-disco
Auteur-compositeur-interprète depuis la fin des années 50, Serge Gainsbourg a goûté à tout : classique, jazz, yéyé, pop, rock... Pas de raison donc qu’il ne touche pas au disco. Ce sera avec la BO de Madame Claude de Just Jaeckin, qui sort en 1977. Comme souvent, son complice compositeur – en l’occurrence Jean-Pierre Sabard - n’est pas mentionné ni sur le disque ni sur la pochette. Uniquement à la Sacem, afin que les droits soient bien payés, cet "oubli" sur la pochette étant uniquement dû à un problème d’image, Gainsbourg ayant toujours voulu apparaître comme auteur, mais aussi comme compositeur (y compris quand il reprenait des œuvres dites classiques).
À l'été 1978, Serge Gainsbourg retournera sa veste (à paillettes) une nouvelle fois avec Sea Sex And Sun, une chanson disco qui lui permettra de séduire les DJ’s.
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Berceuses disco pour futur Daft Punk
Un autre tandem va faire fortune grâce au disco : le chanteur versaillais Daniel Vangarde, alias Bangalter (le papa de Thomas Bangalter des Daft Punk), et l’auteur-compositeur Jean Kluger (le fils d’un grand éditeur de Bruxelles). Les deux hommes se connaissent depuis les années 60 où ils placent déjà – ensemble ou séparément – des chansons aux mêmes artistes, de Petula Clark à Dalida en passant par Nana Mouskouri, Régine, Dick Rivers et Claude François. Vangarde fait même un tube en Espagne et en Amérique du Sud avec Un Rayo del Sol, qu’il adapte en espagnol d’un titre qu’il a écrit pour Sheila en 1969.
Dans les années 70, après quelques chansons fournies aux Compagnons de la Chanson, Ringo, Joe Dassin, Carlos, Rika Zaraï…, le tandem décroche en 1975 un tube de "variété africaine", AIE (A Mwana), interprété par le groupe belge Black Blood. En fait, le titre, d’abord appelé Aieaoa, date de 1971, mais ne marche que dans sa deuxième version, en swahili. N°1 en Belgique et en France et succès dans de nombreux pays. Une nouvelle fois, l’Afrique apporte une pierre à l’édifice disco.
Gibson brothers : le disco latino
C’est certainement confortés par le succès de l’ensoleillé AIE (A Mwana) que Vangarde et Kluger signent un contrat aux Gibson Brothers, un trio de frères martiniquais déjà connus dans les îles sous le nom de Martinique Express. Déjà convaincus que les chansons dansantes des îles peuvent s’exporter, le tandem de producteurs les enregistre en anglais. Leur premier succès en 1976 est Come To America, que signe l’un d’eux, Alex Francfort. Même si l’année suivante, Non-Stop Dance (signé du même) n’est qu’un demi-succès, ils n’ont pas dit leur dernier mot, ni poussé leur dernière note comme nous le verrons bientôt.
À noter qu’en parallèle des Gibson Brothers, en 1976, Vangarde et Kluger produisent "un coup" ponctuel : un disque de reprises de "variétés des îles" par un groupe baptisé La Compagnie Créole, qui sera reformé dans les années 80.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Come to America
>Découvrez le bulletin de déclaration de Non-Stop Dance et la partition
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Glam Rock ou Glam Disco ?
Le compositeur-interprète suisse Patrick Juvet fait carrière en France dès le début des années 70. Il a la chance d’avoir une productrice, Florence Aboulker, qui est proche de la toute puissante radio périphérique Europe 1. De plus, s’il compose ses musiques, ses textes sont signés par Babar, la responsable des programmes de cette station.
Après un premier tube, La Musica, en 1971, Cloclo, qui le considère vite comme un rival qu’il faut se mettre dans la poche, lui commande une « démarque » de son tube. Ce sera Le lundi au soleil, qui fera un succès à son tour. Après avoir participé à l’Eurovision en 1973, son côté androgyne est attiré par le Glam-rock, le rock glamour qui arrive d’Angleterre. Comme les chanteurs de ce style (dont Alice Cooper – qu’il adaptera…), il se maquille mais chante toujours des titres 100% destinés aux minettes.
Après un album plus ambitieux et confidentiel en 1974 – avec un choriste du nom de Daniel Balavoine -, Juvet rencontre Jean-Michel Jarre, qui vient de se faire remarquer comme auteur de Christophe, tout en imposant son propre Oxygène. Une face A de 45 tours (Magic) plus tard, Jarre devient l’auteur attitré de l’album de Juvet, Mort ou vif, en 1976. Ce tandem fusionnel va accoucher de Faut pas rêver : sur la face B de ce 45 tours se niche un titre disco en français, L’Enfant aux cheveux blancs... L’année suivante, les deux garçons en fusion enfonceront ensemble le clou qui brille avec le provoquant Où sont les femmes ?. L’album comptera notamment un autre titre pour les discothèques, Paris By Night.
>Découvrez la partition d'Où sont les femmes ?
L’Anglaise qui chante du disco français
Petula Clark, la petite Anglaise qui a débuté comme babystar pendant la guerre, a conquis le cœur des Français depuis la fin des années 50, notamment avec des chansons de Boris Vian puis de Serge Gainsbourg. Après une carrière yéyé européenne en plusieurs langues, elle a fait partie (avec les Beatles) de la British Invasion aux USA dès 1964 avec son Downtown, qui lui ouvre les portes de la planète. Une dizaine d’années plus tard, alors qu’elle s’est recentrée sur son Angleterre natale, elle réenregistre en 1976 ce fameux Downtown en version disco.
Comme il a l’heur de plaire aux Froggies, elle revient en 1977 avec un album en français, dans lequel on trouve la chanson Mister Disco, signée Mati Caspi et du chanteur Yves Heuzé sous le pseudo de G Allun Michel. Il faut dire que ce dernier est devenu le directeur artistique de Petula chez CBS, lequel sous-mixe sa voix. Dommage. La chanson finira cependant en face B de son succès, La chanson d’Evita (l’adaptation de Don’t Cry For Me Argentina, qu’elle enregistre aussi en anglais et qui sera reprise plus tard par Madonna).
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Frédéric François : Italo-belgo-disco !
Si la capitale du disco belge est davantage Mouscon que Bruxelles, grâce à Marcel Keukelaire - qui s’est imposé au générique du Ring Parade de Guy Lux dès 1975 avec Brasilia Carnaval -, toute la Wallonie se met à la page… dorée, de Franck Michael à Frédéric François. San Francisco en 1976, Sois romantique et Il fait si beau dans tes yeux en 1978, et le funky Il me reste encore ma musique la même année…, tous composés par Frédéric et écrits par Marino Atria, Pascal Sevran ou Michel Jourdan. Le public remettra l’Italo-Belge rapidement dans le droit chemin de la variété traditionnelle.
LE SACRE (1977)
1977 : un an et demi après le début de ses vols commerciaux, le Concorde se pose enfin à New-York. Comme s’il tenait à contribuer à l'export des stars du disco français. En effet, c’est vraiment 1977 qui voit l’apogée du disco Made In France. En anglais. Evidemment, ce succès attire de nouveaux aventuriers qui tentent leur chance, et pousse d’autres stars de la variété à plonger dans le grand bain de mousse rose et or.
Et même si les adaptations ou covers sont moins rentables en matière de droits d’auteur que des titres originaux, elles sont toujours nombreuses. D’autant plus que les Américains montrent l’exemple en mettant à la sauce disco "tout ce qui bouge"… Rien de tel que de tremper un bon vieux standard, si possible international, dans un bain disco pour lui redonner une seconde jeunesse… planétaire !
CERRONE ET SON SUPERNATURE
Après Love In C Minor, Cerrone persiste et signe avec deux nouveaux tubes sur son album 3 : Supernature et Give Me Love, deux œuvres qu’il compose cette fois, et dont les textes sont d’abord parolés en français par Alain Wisniak, son grand complice avec lequel il cosignera plus de 40 morceaux.
Supernature est d’abord déposé à la Sacem sous le titre Malligator à l'été 1977. Un mois plus tard, un second dépôt atteste que la chanson est devenue Supernature, adaptée par Lili Premilovich alias Lene Lovitch. Cette dernière est une chanteuse américaine de Detroit, qui a grandi et appris le saxophone en Angleterre. En 1975, elle rejoint le groupe The Diversions avant de rencontrer Cerrone. Elle enregistrera ensuite trois albums sous son nom et collaborera aussi avec Nina Hagen. L’arrangement du morceau est signé Don Ray (Raymond Donnez). Supernature fera une belle carrière internationale et sera même repris par Erasure en 1989 et Beth Ditto and The Shoes en 2015.
CLOCLO : L'APOTHÉOSE DISCO
Claude François ne pouvait pas ne pas suivre de très près l’évolution du disco. Après quelques adaptations du genre, une parenthèse reggae d’avant-garde, il revient au disco pour un album entier en 1977. Il ne sait pas que ce sera le dernier...On y trouve notamment le tube Magnolias For Ever, qu’il cosigne avec son fidèle compositeur Jean-Pierre Bourtayre, et dont le texte est d’Étienne Roda Gil, le parolier chic de Julien Clerc, que Cloclo a convaincu d’écrire pour lui. Quant à la part d’arrangeur, elle va au grand Jean-Claude Petit, qui se met enfin au disco à fond.Si le morceau ne traversera pas les océans, il traversera le temps. En effet, aujourd’hui, aucune soirée dansante digne de ce nom ne peut se passer des succès disco de Cloclo !>Découvrez le bulletin de déclaration de Magnolias For Ever
Le tube suivant (et ultime) sera le fameux Alexandrie Alexandra, toujours du trio Cloclo, Bourtayre, Roda-Gil, avec cette fois un arrangement de Raymond Donnez, le magicien du son de Cerrone, entouré d’excellents musiciens comme Raymond Gimenez ou Slim Pezin à la guitare rythmique. S’il fait partie de l’album sorti fin 1977, ce titre est extrait en 45 tours au printemps 1978, soit au moment où l’idole disparaît. Son immense succès est certainement également dû à cet événement.À noter que le dernier opus de Cloclo regorge de pépites, notamment disco, comme Disco Météo, au texte de Jean Schmitt (le parolier de Sheila) sur une musique de l’idole et du fidèle Jean-Pierre Bourtayre. Également, juste avant de nous quitter (sept mois après Cloclo, en 1978), Jacques Brel enregistrera aussi un titre à l’esprit disco, Les F. (Les Flamingants), sur son dernier album.
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BERGER-GALL : LE COUPLE ROI DU DISCO EN FRANÇAIS
À la fin des années 60, qui l’ont sacrée Idole yéyé, France Gall s’est exilée en Allemagne de l’Ouest, où elle est connue depuis sa victoire à l’Eurovision en 1965 avec La poupée de cire, poupée de son, signée Gainsbourg. Outre-Rhin, elle publie aussi bien des "adaptations teutones" de tubes brésiliens que de Sheila. Parmi ses faits d’armes au pays de Goethe, il y a celui d’avoir chanté du Giorgio Moroder (Ich Liebe Dich So Wie Du Bist), mais avant sa période disco électro. Après avoir rechanté du Gainsbourg sans conviction (Frankenstein), elle rencontre en 1973 le chanteur et compositeur Michel Berger qui vient de lancer la Révélation féminine de 1972 : Véronique Sanson, et qui a remis sur les rails une autre idole yéyé : Françoise Hardy avec Message personnel.Après une belle Déclaration commune, et quelques autres succès, dont le duo Ça balance pas mal à Paris en 1976, France va permettre à ce créateur fan de Gerschwin de s’imposer dans le disco. Leur Musique du 30cm Dancing Disco de 1977 est un raz de marée 100% français, y compris dans le texte. Guitare rythmique avec pédale wah-wah, son de piano Fender Rhodes - qui fait aussi office de percussions -, basse mélodique rythmée : tout y est ! Les mauvaises langues diront que le début du titre évoque le Shaft d’Isaac Hayes créé en 1971, mais "toute ressemblance avec des œuvres existantes ou ayant existé…", on le sait, n’est jamais entièrement fortuite.
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SHEILA : DU DISCO EN ANGLAIS 100% FRANÇAIS !
Après 15 ans de carrière, Sheila, qui a chanté aussi en italien, allemand et espagnol, enregistre en secret, pour la première fois, un titre en anglais, mais 100% made in France. En effet, Love Me Baby signé officiellement par Racer, Wickfield, Copperman et P Forrest, est en fait une chanson de Claude Carrère, le pygmalion de la chanteuse, avec l’arrangeur Mat(hias) Camison, et Gilbert Chemouny. Patricia Forrest est la seule véritable anglo-saxonne de la bande.Si la chanson n’est déposée à la Sacem que le 13 juin 1977 (Carrère était superstitieux, faisant toutes les choses importantes une fois par mois, le 13…), le 45 tours sort dès le printemps 1977, non pas sous le nom de Sheila mais sous celui de SB Devotion et sans la photo de la chanteuse sur la pochette. Il faut dire que son image est loin de celles des chanteuses disco, d’autant plus que son dernier tube en date est carrément une chanson pour les tout-petits : L’arche de Noé, que Chantal Goya aurait pu chanter. Ce n’est donc qu'une fois le titre bien lancé en radio, et déjà un tube, qu’on apprendra la vérité dans Les rendez-vous du dimanche de Michel Drucker, où Sheila apparaît avec un groupe de trois danseurs noirs, habillée d’un short moulant pailleté, d’un T. shirt trop court voire moins, chaussée de bottes lamées, un foulard noué autour du genou. Un nouveau coup de maître pour le grand Claude Carrère. Love Me Baby sortira aussi en Allemagne, en Italie et même en Angleterre… où il se classera dans les hits.
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SPACE : LE DISCO DE L’ESPACE
Didier Marouani fait partie de la plus grande famille du show bizz du XXe siècle, celle dont Brel comptait les membres comme on compte les moutons. Chanteur à minettes chez Barclay au milieu des années 70, Didier ne parvient pas à s'imposer comme interprète. Heureusement, sous le pseudo d'Ecama, il écrit des chansons pour Nicole Rieu, Régine et Nicoletta, et, plus tard, Gloria Gaynor et Daniel Lévi.Alors que Jean-Michel Jarre triomphe avec sa musique instrumentale électronique, Didier décide de lancer lui aussi un projet du même type. Ce sera Space, avec Roland Romanelli, l'accordéonniste de Barbara, et la chanteuse Madeline Bell. En 1977, s’ils n’apparaissent pas sur la pochette de leur premier 45 tours, leur titre Magic Fly, influencé par le disco mais pas que, s'impose dans le monde entier, notamment en URSS. Trois albums, avec des titres chantés par Madeline Bell, s’enchaîneront (de 1977 à 1979), jusqu'à ce que Didier quitte le groupe en 1980. Romanelli restera aux commandes, épaulé par Jannick Top, alors que Cessy Stone remplacera Madeline Bell. Le groupe continuera ainsi jusqu'au milieu des années 80, notamment en URSS, où il tournera en 1983 avant de disparaitre. Dans les années 2000, Didier Marouani remontera la formation pour donner à nouveau des spectacles en Russie. Dix ans plus tard, il retrouvera même Jannick Top pour enregistrer un nouvel album de Space.

Du Village à San Francisco
Si Morali et Belolo continuent de produire les Ritchie Family, ils décident de créer aussi un groupe de garçons. Ils commencent donc à proposer le projet à Victor Willis, un homme de comédies musicales, qu’ils ont d’abord recruté pour faire les chœurs des Ritchie Family et qui les a beaucoup impressionnés. Avec lui seul et des choristes, ils enregistrent un premier album qui comprend le titre San Francisco, qu’ils déposent à la Sacem, comme ils le feront toujours, d’abord en français. Nous sommes en été 1977. L’adaptation est confiée au fidèle Phil Hurt et Peter Whitehead alias Beauris Allen Jr Whitehead. La chanson, qui sort sur le prestigieux label américain Casablanca, le label disco par excellence, fait l’apologie de Frisco, la ville de Californie qui fait rêver. Et comme la communauté gay US, qui est de plus en plus à l’origine des tendances, notamment dans la musique, plébiscite le morceau, ils se décident à former un vrai groupe afin que celui-ci puisse faire de la promotion en télévision.
Ils réunissent un groupe représentatif des gens de Greenwich Village, le quartier gay de la Big Apple. La première recrue est un danseur qui s’habille en indien, rejoint très vite par l’ouvrier en bâtiment, le cow boy, le soldat, l’homme à la moto habillé tout en cuir… Ce sont tous de beaux garçons, de toute évidence choisis pour leur physique très "Tom Of Finland". La plupart seront moustachus, certains seront interchangeables, mais tous ne seront pas gay.
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Give me love : de Cerrone à Bob Sinclar !
Give Me Love est signé par le même trio : Cerrone, Alain Wisniak et Lene Lovitch, et d’abord déposé en français sous le titre Donne l’amour, durant l’été 1977 : « Donne l’amour, ce que tu as en toi »… Alain Wisniak est surtout connu comme compositeur et arrangeur (Delpech, Fugain, Régine, Christophe… et, plus tard, Bob Sinclar). Il signera aussi des BO à partir des années 80 et le générique TV de Questions pour un champion.
Là encore, l’arrangement est signé Don Ray (Raymond Donnez). Give Me Love fera également une belle carrière internationale et sera même remixé par Bob Sinclar en version house en 2001.
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Shakespeare : un lifting disco !
Quant au complice des débuts de Cerrone, Alec (Costandinos), il prépare en septembre 1977, au Studio Trident à Londres, le concept-album Romeo & Juliet, réalisé par Don Ray alias Raymond Donnez, qui dirige le Syncophonic Orchestra. Ce projet french disco symphonique, s’il passe un peu inaperçu en France, va se classer à l’international, notamment au Japon (N°89 au Top Oricon), où l'on compare l’œuvre à des productions de Paul Mauriat, soit le nec le plus ultra. Également dans les charts dance/disco US où le single publié par Casablanca, le label disco de Neil Bogart, passe une semaine à la première place en mars 1978. Le disque marchera du Brésil jusqu'en URSS.
Alec signera et produira d’autres projets disco chez Casablanca aux USA, utilisant de nombreux pseudos. Parmi eux Love And Kisses, de 1977 à 1979, avec trois albums et notamment le tube I’ve Found You. Également le projet The Hunchback Of Notre-Dame (Le Bossu de Notre-Dame) en 1978. Sans oublier le groupe funk-jazz-disco Bad News Travel Fast (avec Bernard Arcadio, André Ceccarelli, Tony Bonfils, Jean-Claude Chavanat et la voix d’Arthur Sims) qui publiera deux 3 cm en 1979, sortis aux USA, en France, mais aussi en Espagne et Italie.
Goldman : la disco touch de Taï Phong
Depuis 1975 et le tube Sister Jane, Jean-Jacques Goldman participe à l'aventure (en anglais) de Taï Phong dont le premier album s’est bien vendu, y compris à l’export (Japon). Malheureusement, le deuxième opus, en 1976, marche moins bien, ce qui pousse Jean Mareska, le directeur artistique du groupe, à publier un 45 tours avec des titres inédits. C’est le disco Follow Me, signé par JJG, qui est choisi pour la face A (avec la mention « Spécial Disco » sur la pochette !), ce qui ne ravit pas les autres membres d’un groupe où les tensions sont de plus en plus palpables.
Il faut dire que Taï Phong compte plusieurs auteurs compositeurs et chanteurs qui se disputent les plages des albums, ce qui perturbe radios et public… Le groupe, rejoint par Michael Jones, publiera un troisième et dernier album en 1979, qui ne marchera pas, et, en parallèle, un nouvel single inédit avec Fed Up, toujours signé JJG, toujours disco…
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Goldman : débuts en solo et en disco !
Dès 1976, étant donné le malaise dans son groupe Taï Phong, Jean-Jacques Goldman entame, avec la bénédiction du directeur artistique Jean Mareska, une carrière solo en français. Si son premier 45 tours reste confidentiel, le second, Les nuits de solitude, en 1977, ne va pas faire mieux. Cependant, il n’échappe pas à l’air du temps et compte aussi un parfum disco. Le troisième single ne parviendra pas à enrayer cette spirale de l’échec, pas plus que le Medley Slow Me Again, que Jean-Jacques publie en 1978 sous le pseudo de Sweet Memories à la manière du Rockollection de Voulzy, c’est à dire avec une chanson originale qui fait le lien entre les extraits de tubes. En face B, Just A Dream est disco en diable.
Tout aussi surprenant, ce single de 1979-1980 interprété par Jean Jacques Goldman, qui opte cette fois pour le pseudonyme First Prayer. Les deux titres High Fly et Tell Me Why ne sont pas sans rappeler les Bee Gees, que JJG avait déjà repris dans Slow Me Again.
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Cloclo : l'apothéose disco
Claude François ne pouvait pas ne pas suivre de très près l’évolution du disco. Après quelques adaptations du genre, une parenthèse reggae d’avant-garde, il revient au disco pour un album entier en 1977. Il ne sait pas que ce sera le dernier...On y trouve notamment le tube Magnolias For Ever, qu’il cosigne avec son fidèle compositeur Jean-Pierre Bourtayre, et dont le texte est d’Étienne Roda Gil, le parolier chic de Julien Clerc, que Cloclo a convaincu d’écrire pour lui. Quant à la part d’arrangeur, elle va au grand Jean-Claude Petit, qui se met enfin au disco à fond.
Si le morceau ne traversera pas les océans, il traversera le temps. En effet, aujourd’hui, aucune soirée dansante digne de ce nom ne peut se passer des succès disco de Cloclo !
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La Miss Broadway made in Paris
Après une carrière yéyé à petit succès en France sous le nom d’Evy, une carrière pop en Italie, un double essai en Angleterre à la fin des années 60, Evelyn Verrecchia revient en Italie en 1974 pour un titre rock avec une touche pré-disco (Get Back On Your Feet). Elle forme ensuite avec la Capverdienne Marcia Briscoe et l'Américaine Jusy Forbes le trio disco Belle Epoque qui va s'exporter et se classer à l'étranger en 1977, y compris en Angleterre, l’imprenable citadelle pour les petits Frenchies.
Leur plus gros tube reste Miss Broadway qu’Evelyne cosigne avec Albert Weyman, alias Albert Verrechia, son arrangeur de frère. On peut supposer que la voix enroué, eraillée, voire agressive de la chanteuse a certainement contribué à ce tube international.
Sur le premier 30 cm du groupe, on trouve un autre succès extrait en 45 tours : la reprise du Black Is Black du groupe espagnol Los Bravos (adapté par Johnny en 1966 et qui a ensuite "inspiré" le I’m On Fire de Crazy People 5000 Volts). Après deux autres 33 tours et quelques 45 tours, le groupe ne survivra pas à la fin du disco. Evelyn Verrechia devenue Lenton, continuera quelque temps en solo.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Miss Broadway et la partition
Voyage : le disco planant
En parallèle, un trio de musiciens français (Slim Pezin, Marc Chantereau et Pierre-Alain Dahan-Barranco) lance aussi en 1977 un groupe instrumental électronique : Voyage. Ce dernier compte une chanteuse anglaise (Sylvia Mason-James) pour les refrains. Ensemble, ils triomphent jusqu’aux États-Unis avec leur premier album éponyme From East To West, porté par deux singles signés par le trio : le premier éponyme en 1977 et Let’s Fly Away en 1978.
La même année, Voyage publie un deuxième album qui, porté par le tube Souvenirs, toujours signé du trio, est un nouveau raz-de-marée planétaire.
Malheureusement, suite au départ de leur chanteuse, Slim et Marc devront assurer les voix et leurs deux derniers albums, en 1980 et 1982, auront du mal à se faire une place.
>Découvrez le bulletin de déclaration de From East To West et le texte
>Découvrez le bulletin de déclaration de Let’s Fly Away et la partition manuscrite
>Découvrez le bulletin de déclaration de Souvenirs et la partition manuscrite
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Adamo disco : Vous permettez Monsieur ?
Qui l’eût cru ? L’auteur-compositeur-interprète italo-belge Adamo, qui avait réussi l’impossible pari de devenir une vedette anti-yéyé durant les sixties, compte un dernier tube en 1975 (C’est ma vie). Deux ans plus tard, un peu perdu, il se risque à signer et graver un disco, Je danse, en face B d’un 45 tours. Le titre est réalisé par Régis Talar avec la complicité d’Hervé Roy pour les cordes. L’année suivante, il récidive en réenregistrant ses succès des sixties (J'ai râté le coche, Mes mains sur tes hanches, Sans toi ma mie), à la sauce disco.
Parmi les collectors du disco, on note aussi celui de Patricia Lavila, lancée par Barclay en 1973 pour prendre la place de Sheila (qui vient de se marier et devient maman). La chanteuse rousse fait du disco dès 1975 avec Encore amoureuse, adapté du récent Lonely Neglected and Unprotected de Sunny par Michel Jourdan. L’arrangement est de Guy Mattéoni. En 1977, elle enregistre un nouveau titre disco, cette fois original, Choisis l'amour, du tandem Jean-Pierre Bourtayre (le compositeur de Cloclo) et Yves Dessca (le parolier qui a commencé aussi chez Cloclo avant de gagner l’Eurovision et d’écrire La maladie d’amour pour Sardou).
>Découvrez le bulletin de déclaration de Choisis l'amour et la partition
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William Sheller et son « Docteur Disco »
Il est considéré comme l’un des grands auteurs et compositeurs français. Après une solide formation classique, William Sheller se fait connaître comme interprète en 1975 avec son « Rock’n’dollars », mais il a commencé bien avant, cosignant notamment le « My Year Is Day » des Irresistibles à la fin des sixties. En plus composer des musiques de films, de réaliser des orchestrations de variété, il collabore avec Barbara en 1973 qui le pousse à rechanter (après trois 45 tours entre 1968 et 1970).
Si son « Rock’n’dollars » dégoulinant de ketchup fait un peu « gadget », Sheller corrige rapidement le tir et propose des 45 tours moins « fun » à la suite. Et même s’il n’est pas vraiment attiré par le disco (son premier album a été enregistré avec les musiciens du groupe rock Alice), il va cependant s’y frotter le temps d’un nouveau 45 tours à nouveau « fun » : « Hey ! Docteur disco », qu’il signe paroles et musique, partageant la direction musicale avec Patrick Gandolfi et Alain Suzan d’Alice. Adressé directement aux DJ’s de l’Hexagone pour l’été 1977, le disque promo compte même un petit mot signé de sa main.
Claudia Cardinale et Grace Jones : Disco Queens
En 1977, la star du cinéma des sixties, Claudia Cardinale, qui tourne désormais essentiellement en Italie, entame une carrière de chanteuse chez Mémé Ibach, l’ex-secrétaire de Sheila devenu producteur de Carène Chéryl. Ce dernier publie un premier 45 tours de la belle italo-tunisienne chanté en anglais : Love Affair. La chanson est signée de Léo Carrier et Gilbert Di Nino. Vue la notoriété internationale de la star, le disque sort aussi en RFA et au Japon. À la charnière de 1978, Mémé double la mise avec Sun, I Love You. Toujours crédité à Léo Carrier et Gilbert di Nino, cette fois avec Charles Rinieri, le partenaire de Mémé Ibach, notamment au niveau des éditions. Là encore, le disque est publié en Allemagne de l’Ouest.
Toujours en 1977, le mannequin international Grace Jones enregistre une version disco de La vie en rose, co-signée et créée par Édith Piaf sur une musique de Louiguy (Louis Guglielmi) en 1946. Le titre fait partie d’un album enregistré au Sigma Sound Studio, le temple du disco à Philadelphie, avec le producteur disco, Tom Moulton. En plus de la reprise sus-citée, trois chansons y sont cosignées par le Français Pierre Papadiamandis (Mitchell, Delpech…). L’opus atteint la position 52 au US Black Album Charts et grimpe jusqu’à la place 109 au mainstream albums chart du Billboard. En Europe, il rentre dans le top 10 en Italie début 1978. Le 45 tours La vie en rose n’est que le troisième extrait de l’opus, mais il en sera le plus gros succès, Top 5 en Italie et en France.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Love affair
>Découvrez le bulletin de déclaration de Sun, I love you et le texte
LE RÈGNE (1978)
Alors que les Accords de Camp David sont signés entre l’Egypte et Israël, le disco règne sur le monde de la nuit, d’orient en occident. Le show bizz international se demande vraiment quand la mode va passer, même si le reggae commence à se populariser et le rock à reprendre du poil de la bête.
Les aventuriers du disco, qui se sont faits une place sous les sunlights des discothèques, font tout pour entretenir la flamme. Ils redoublent d’énergie et poussent les potentiomètres, notamment au niveau des watts. Sans compter que l’ensemble du monde de la variété française trempe désormais dans le disco, de gré ou de force, certains pour "un coup", d’autres plus sérieusement, au point de changer de look voire de nom. De 8 à 88 ans, toute la variété est gagnée par la fièvre du samedi soir. Le show business est devenu le disco business.

Gall et Berger : Disco Star Mania
Quelques mois après l’album Dancing Disco qui, avec sa certification platine, replace France Gall sur les premières marches du podium des chanteuses françaises, Michel Berger offre à sa femme Viens, je t'emmène, un nouveau titre disco, avec les mêmes riffs de guitare, le piano qui percute…, et toujours un vrai texte très "chanson". C’est, encore une fois, du grand Michel Berger qui s’exporte en français jusqu’en Espagne, où la chanson sort en 45 tours. Tous ces succès donnent enfin envie à France de remonter sur scène : ce sera au Théâtre des Champs-Elysées à Paris en avril, un des rares shows disco dans un théâtre de la capitale, toutes époques confondues. Avec, il est vrai, de vrais musiciens (100% féminins) et des parties non-disco, notamment un passage bossa nova avec le duo brésilien travesti des Étoiles.
Fort du succès, à la fois quantitatif et qualitatif, de France, Michel va lancer le projet sur lequel il travaille depuis des années avec le Québécois Luc Plamondon. Starmania voit le jour en fin d’année sur disque, et au printemps 1979 sur scène. Ce n’est pas un opéra-disco, mais un des premiers opéra-rock, et il prouve bien que Berger, fan de Gerschwin, est capable de passer d’un style à un autre et se moque de ceux qui pourraient le lui reprocher.
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Macho man : le village à l'assaut des villes
Après des débuts prometteurs en été 1977, les Village People publient Macho Man, début 1978, sur leur deuxième album, éponyme. Là encore, c’est une chanson française de Belolo et Morali, Le Macho, qui a été adaptée en anglais et "corsée" en hymne sensuel au corps de l’homme par Victor Willis, l’un des six membres du groupe (le policier), un Texan de couleur de Dallas marié à une comédienne qui jouera plus tard dans le Cosby show. Également par Peter Whitehead. Le groupe du Village monte une nouvelle marche sur l’escalier du succès.
Juste après, ce sera YMCA, intégré au troisième album du groupe, Cruisin’ (encore un titre très gay qui signifie "draguer en voiture"), qui va faire exploser les ventes de ce dernier.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Macho Man et la partition
Un tsunami nommé YMCA !
Été 1978. Pour les Village People, c’est un raz de marée, avec YMCA, une chanson sur la Young Men’s Christian Association (Association Chrétienne pour les jeunes hommes), la structure qui gère les auberges de jeunesse aux États-Unis (on n’y mélange pas les filles et les garçons… une règle qui ne dérange pas les gays…). Un raz-de-marée peut-être aussi du à la fameuse chorégraphie qui propose de dessiner les quatre lettres du titre dans l’air, les bras au-dessus de la tête.
Comme toujours, les deux producteurs du groupe, Morali et Belolo, ont donné à adapter une chanson qu’ils ont écrite d’abord en français, La vie du bon côté. Willis en écrit l’adaptation très efficace, au texte provocateur et même pas ambigu : « They have everything for you men to enjoy, you can hang out with all the boys » (« Ils ont tout ce qu’il vous faut pour vous amuser, vous les hommes, vous pouvez aller trainer avec tous les garçons »). Inutile de préciser si les dirigeants de l’association chrétienne ont apprécié que leurs dortoirs soient qualifiés de lieux de rencontres… D’après Belolo, la chanson aurait été vue par Morali (qui était gay) comme un manifeste de fierté homosexuelle. Avec YMCA, le groupe, d’abord plébiscité dans les communautés gays de tous les pays, devient universel et contribue à la libération des mœurs dans cette époque où le Sida n’existe pas.
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I love America : nouvelle love story de Juvet
Nous sommes en 1978. Patrick Juvet compose une musique sur laquelle Jacques Morali va poser des mots "provisoires" en français, avant que le Village People Victor Willis ne l’adapte en anglais. J’aime l’Amérique devient I Love America, une ode un peu naïve à l’Amérique, ou plutôt à la nuit américaine, qui évoque le disco et la funky music. Le single va marcher partout dans le monde, se classant N°12 au Royaume-Uni et N°5 au disco chart américain. Juvet fait partie des rares artistes du french disco à se classer dans les playlists des discothèques au Japon.
Ceci dit, quand l’album éponyme arrive dans les bacs, c’est un autre titre qui sort en premier extrait : Got A Feeling, signé par le même trio, adapté de Comme une machine. Quant à Jarre, il est aussi sur l’album grâce à l’adaptation (très straight) par Willis de Où sont les femmes ? (Where Is My Woman ?). À noter que le dernier titre de l’album, signé Morali/Juvet (Autre fois peut-être), sera le seul à être adapté en deux langues, en anglais par Willis (Another Lonely Man) et en français par le jeune Pierre Grillet (De plus en plus seul), qui travaillera avec Bashung, Lavoine, Daho, Christophe, Obispo, Calogero, Maé.
>Découvrez le bulletin de déclaration d'I love America
>Découvrez le bulletin de déclaration de Got a feeling
>Découvrez la partition de Comme une machine (Got a feeling)
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Shake : le disco d'Extrême-Orient
Vedette N°2 d’Orlando, Shake, le chanteur malais qui sourit des yeux et a du mal à articuler le français, continue sur sa lancée disco. Le but : séduire le jeune public féminin qui semble apprécier ce genre d’homme imberbe au physique androgyne depuis quelques années. En effet, on a vu également le Japonais Kenji Sawada faire quelques succès en France entre 1974 et 1977..
Avec également Jeff Barnel qui lui offre le très disco Soleil, aide-moi, qu’il a composé sur un texte de Michel Jouveaux, futur auteur de Guichard, Lahaye… Le morceau compte le fameux "pied à la noire" (un coup de grosse caisse de batterie sur tous les temps), qui est en passe de devenir une religion dans la variété française.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Soleil aide-moi
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Karen Cheryl et Sylvie Vartan montent sur le ring du disco
Produite par Mémé Ibach, Carène Cheryl, qui aligne depuis trois ans des succès en français, fait une pause afin de changer de personnage.. et de nom. Elle suit des cours d’anglais, de chant, de danse… Afin de devenir Karen Cheryl, une disco star internationale capable de rivaliser avec celle dont son producteur a été le secrétaire et qui reste pour lui LA référence : Sheila !
C’est une chanson composée par le chanteur de la fin des années 60 Claude Morgan, qui a gagné l’Eurovision en 1973, avant de décrocher le tube international Bimbo Jet en 1975, qui met le feu aux poudres. D’abord déposé sous le titre Sing To Your Mama, cette musique devient Sing To Me Mama, grâce à un texte signé par Mémé (qui a pris le pseudo de Goldera), et Marguerite Procureur. Le 45 tours va sortir dans toute l’Europe, notamment en Allemagne. Deux ans plus tard, ce tube sera même adapté en français par Claude Lemesle (Chante pour nous Mama) toujours pour Karen.
De son côté, Sylvie Vartan adapte un titre tout chaud (de 1978) du french disco-man James Bolden, alias David Christie, et de Philo Robinson : If You’d Only Come Back, créé par Claire (Chevalier). Et cette Fumée disco édulcorée se retrouve, adaptée par Georges Terme, sur le 30 cm Fantaisie. Elle ne sortira qu’en 45 tours au Japon.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Sing To Me Mama et le texte de Chante pour nous Mama
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Hardy et Laforêt : Harmonie entre soul, funk et disco
Une à une toutes les idoles yéyés du carré d’as succombent au disco. Après Sheila, France Gall, Sylvie Vartan, c’est au tour de Françoise Hardy de flirter avec les Disc-Jockeys. Pourtant, Françoise n’est pas une show-woman, elle déteste même danser. Après Berger, qui lui a permis de conquérir une nouvelle génération en 1973 (Message personnel), un autre chanteur, qu’on n’attendait pas là, va la mettre sur orbite disco. C’est pourtant bien Michel Jonasz qui lui écrit J'écoute de la musique saoûle, composée par le futur grand compositeur de musique de films, Gabriel Yared… Un titre soul-disco à la rythmique funky, funky funky d’enfer…
Sa "copine" depuis les sixties, la plus folk que yéyé Marie Laforêt est toujours une vedette populaire en 1978, malgré elle. Après le tube hommage aux Beatles, Il a neigé sur Yesterday, la chanteuse se laisse aller à enregistrer un titre de pure variété up-tempo que les radios périphériques vont plébisciter : Harmonie. Composé par le choriste Georges Costa et parolé par Jean Schmitt (parolier mais aussi, à l’origine, chorégraphe, de Sheila), ce titre, produit par Roland Hilda, passera beaucoup en radio, peut-être grâce à sa touche disco due à l’arrangeur Jean-Claude Petit et très… en harmonie avec son époque. Le 45 tours sortira même en Allemagne et la chanson se retrouvera sur l’album de 1979 au Japon.
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Même Michel Legrand fait du Disco !
En 1978 en France, plus personne ne résiste au disco, même les plus grands compositeurs qui viennent du jazz ! La preuve ? Orchestrateur et compositeur depuis les années 50, chanteur depuis les années 60, Michel Legrand, qui a conquis l’Amérique avec ses standards et ses musiques de films (Les parapluies de Cherbourg), fait tourner les moulins de son cœur en 120 BPM (Beats Per Minute, battements par minute, le tempo type du disco). Non pas par opportunisme, mais parce que ce génie est un touche à tout incorrigible, qui ne veut pas se laisser enfermer dans un tiroir.
Legrand enregistre donc tout un album disco, Disco Magic Concorde, hommage au supersonique franco-britannique, en laissant l’arrangeur Hervé Roy (qui produira et éditera plus tard les débuts de Calogero) mettre ses standards planétaires à la sauce Studio 54. What Are You Doing The Rest Of Your Life ? (au texte du couple culte US, Alan et Marylin Bergman) se retrouve ainsi dans la mythique émission US de black music : Soul Train.
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Daniel Vangarde : du disco latino au disco labo
Et voici le plus gros tube international des Gibson Brothers, le groupe produit par l’autre tandem francophone du disco : Daniel Vangarde et Jean Kluger. Après avoir laissé signer les chansons à l’un des trois frères Francfort qui composent le groupe, le tandem décide de reprendre les choses en main. Vangarde et Kluger signent ensemble paroles et musique de Cuba, qu’ils éditent, laissant seulement à Alex Francfort le soin d’arranger le morceau afin qu’il soit dans l’univers latino du groupe. Bilan : ce Cuba (quiero bailar la salsa) est devenu un standard sur toute la planète... La chorégraphie déhanchée est, elle, devenue culte.
Toujours en 1978, Daniel Vangarde réalise avec le futur chanteur des années 80, Wally Badarou (également complice de Joe Cocker, Herbie Hancock…), un morceau disco mutant, Aqua, interprété par le duo DVW dont les voix sont passées au Vocoder sur un tapis de synthés et de boîtes à rythme. Sans conteste, du disco expérimental qu’on retrouvera dans la compilation A Voyage Across French Cosmic & Electronic Avantgarde (1970-1980). Thomas Bangalter de Daft Punk n’est pas le fils de Daniel Vangarde pour rien…
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Toute la variété française succombe au disco
Révélation de la charnière des années 60 et 70, Gérard Lenorman enchaîne depuis des tubes de "Petit Prince de la chanson", qu’il compose pour la plupart. Avec son fidèle auteur, Pierre Delanoë, il signe en 1978 Chante en anglais, un morceau aigre-doux sur la mode disco, qui sonne pourtant comme un tube du genre.
Autre compositeur-interprète, et même auteur, Alain Barrière faire partie des chanteurs anti-yéyé populaires des sixties. Grand mélodiste, il continue à aligner les tubes jusqu'au milieu des années 70. En 1978, il s'essaie au disco avec Amoco, une chanson sur le pétrolier qui s’échoue, provoquant une deuxième immense marée noire chez lui en Bretagne. Il persiste et signe avec Paris Disco.
S'il débute à la fin des années 60, c'est avec le disco que le chauffeur de taxi des stars, Alain Turban ou Allain, connaît le succès. Le premier – signé avec le chanteur occitan Guy Bonnet - s’intitule Quatrième dimension, le second – de Didier Barbelivien et Jean-Max Rivière (le complice de BB dans les sixties) - La marionnette.
Figure des nuits parisiennes transformistes depuis la fin des années 50, Michou ne chante pas encore du Turban. Pour l’heure, il enregistre L'homme à femmes . Déposé en 1975 par Jim (Georges) Larriaga, le titre est revu et corrigé deux ans plus tard par Jean(-Marie) di Maria et enregistré avec un arrangement disco de Mat Camison, le complice de Carrère.
Le "disco Martin circus"
Quand le Martin Circus, le groupe de Gérard Blanc, monte sur la piste du grand cirque disco, il a déjà eu trois vies : une première où, dès 1969, il a été pionnier et leader de la pop à la française (Je m’éclate au Sénégal), une seconde à participer au premier opéra-rock français, La Révolution française en 1973, une troisième très néo-yéyé (avec Marylène). C’est alors qu'ils remplacent les Charlots dans un film de bidasses (Les Bidasses en vadrouille) qu’ils se mettent au disco en enregistrant ce Disco Martin Circus. Et cette BO est publiée sur un vinyle 5 titres qui se situe entre album et maxi-45 tours.
Parmi les morceaux de l’opus, il y a Disco Circus, que deux membres du groupe, Gérard Blanc et Alain Pewzner, ont signé avec Evelyne Courtois, l’ex-chanteuse Pussycat, devenue la femme de leur directeur artistique chez Vogue (Gérard Hugé). Celle-ci écrit pour eux depuis des années. Le dépôt Sacem précise que le morceau aurait utilisé les motifs d’une autre œuvre de l’album, Pour m’en aller plus loin, qui d’ailleurs aurait été adaptée en anglais par Felix Landau pour sortir aux USA sous le titre Before It Gets Dark. La légende raconte que Disco Circus se serait aussi classé N°20 aux USA… Et on constate qu’en Italie sort un single avec ce titre.
En marge de cette BO, les Martin Circus publient un 45 tours avec La boule à tango, un titre disco (malgré son nom) signé par le même trio. Et ce titre bénéficiera d’une version anglaise sortie sur l’album de l’année suivante sous le titre Each Day.
On remarque sur la photo de la pochette de ce 45 tours qu’il manque le batteur René Guérin. En effet, ce dernier avait quitté le groupe, le disco – utilisant des boîtes à rythme au lieu des batteries - l’ayant mis au chômage... Il ne fut pas le seul batteur à maudire le disco.
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L'APOGÉE (1979)
Alors qu’est créé l’ECU, ancêtre de l’Euro, l’avalanche disco de créations françaises – en anglais pour la plupart – redouble d’intensité. Désormais, tous les producteurs hexagonaux ont compris que le disco était la clé pour exporter la musique. Pourtant, avec le rock qui revient au premier plan, certains "aventuriers" du disco (Cerrone), à l’instar de disco queens (Donna Summer), lâchent le disco pour le rock. C’est le début de la fin. D’autant plus que nombreux sont les artistes de variété française qui s’y cassent les dents. Heureusement, le french disco compte encore quelques fulgurantes réussites (Born To Be Alive).
Et puis il y a toutes les stars du disco français qui, décomplexées par leur succès international, osent désormais commander des titres originaux à des Américains (Nile Rodgers et Bernard Edward de Chic écrivent Spacer pour Sheila).

Patrick Hernandez : Born To Be… Disco !
Il est le numéro Un du Disco français en 1979 et même plus ! Et avec un seul tube, un « One-Hit Wonder », comme on dit… Patrick Hernandez impose enfin son Born To Be Alive, créé six ans plus tôt pour son groupe Paris Palace Hotel. Avec Jean Van Loo, déjà producteur de PPH et Hervé Tholance, ils ont l’idée de tremper ce titre rock dans la sauce disco.
C'est un succès mondial, demeurant trois semaines numéro 1 du Hot Dance/Club Party aux USA. Patrick Hernandez y aurait rencontré Madonna, jeune danseuse, pendant sa promotion, et l’aurait ramenée en France...
Et même si, en Espagne, le titre est tout de suite adapté (Nacido para vivir ou Nacido para estar vivo…) par des artistes locaux, Patrick Hernandez ne l’enregistrera jamais dans d’autres langues que l’anglais. Le temps des multiples adaptations est révolu, l’anglais est devenu la langue universelle de la musique.
Suit un 45 tours qui ne restera qu’un follow up : Back To Boogie, en duo avec Hervé Tholance, signé à l’origine avec John Turton et Jean Van Loo, cette fois déjà sorti en 1975 par PPH. Quant à l’album, il comptera d’autres titres disco comme Disco Queen, du même trio, You Turn Me On, au texte d’Hervé Tholance… On ne compte plus les reprises du morceau (entre autres par Giorgio Moroder en 1992), ni ses samples.
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Village People In The Navy
Les Dollars pleuvent sur les sociétés d’édition (Black Scorpio) et de production (Can’t Stop Production) de Morali et Belolo ! Il faut dire que leur succès ne faiblit pas. Ils continuent de cartonner avec les Village People et leurs tubes Go West et In The Navy, toujours des originaux français. Ainsi In The Navy est l’adaptation de Ils te veulent dans la marine, Go West de À l’Ouest. Une fois de plus, c’est le policier du groupe qui signe ces versions en anglais, toujours très ambiguës, puisque l’ouest, c’est la Californie, le paradis au soleil pour les gays. Quant à la marine et ses marins à pompons, ils font fantasmer tous les gays car ils vivent entre hommes à bord.
Le clip du titre est même tourné sur un porte-avions "garni" de marins avec la complicité de la US Navy ! Shocking ! Celle-ci sera d’ailleurs très critiquée par l’Amérique puritaine pour s’être associée à ce groupe parfumé aux poppers. Alors que le groupe reçoit un Grammy Award, on note, pour la première fois, une version française des Village People dans le commerce : Dans la marine, faut aller… par le groupe French Navy. Cela est loin d’être un succès mais l’adaptation est de Frank Harvel alias Alain Boublil qui prépare alors Les misérables avec son complice Claude-Michel Schönberg.
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Patrick Juvet : Mister Lady Night
Morali ne lâche pas non plus Patrick Juvet. On ne change pas une équipe qui gagne ! À nouveau, leur Lady Night est un tube international, peut-être un peu plus européen qu’américain. Comme toujours, ils le signent ensemble, d’abord en français - sous le titre Belle de nuit - et ce dernier est adapté en anglais par le fidèle Victor Willis.
Un album sort à la suite avec un premier texte ambigu pour Patrick : The Gay Paris. Également avec quelques autres 45 tours extraits de l’opus (Swiss Kiss, Viva Calfornia) qui ferment la marche disco-déhanchée du petit Suisse… Cependant, celui-ci profite de sa notoriété pour signer, cette année-là, la BO de Laura, le dernier film de David Hamilton. Il faut dire que dans les années 70, les BO des films sensuels voire érotiques sont souvent confiées à des grands noms de la variété, de Bachelet à Gainsbourg.
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Météo disco : L’été s’ra chaud !
Compositeur-chanteur, Eric Charden a débuté en solo en marge des yéyés. Il découvre avec bonheur que le monde est gris, le monde est bleu en 1967. Membre du duo Stone & Charden dans la première partie des seventies, il aligne tube sur tube. Après sa séparation avec Stone, il essaie de se refaire une image plus pop, moins variétés, notamment avec sa comédie musicale Mayflower. En 1979, il met les doigts dans la prise disco avec L’été s'ra chaud, qu’il compose avec l’arrangeur Guy Mattéoni et parole avec le nouvel auteur à la mode, Didier Barbelivien. En remettant la voix en avant sur une orchestration inspirée par ELO (Electric Light Orchestra) – le groupe de Jeff Lynne, idole d’Éric -, cet artiste fou et attachant va faire sauter les plombs de toutes les pistes de danse, du camping de la plage aux Champs Elysées. Depuis, l’expression "L’été s’ra chaud" est utilisée chaque été par les présentateurs de météo…
Barbelivien trempe dans le disco avec d’autres, notamment François Valéry. C'est au milieu des années 70 que ce blondinet à minettes publie son premier disque. Après quelques succès "nouveaux romantiques", il signe donc avec le grand Didier ce Disco Brasilia, du disco parfumé au Pain de Sucre. Sa love story avec le disco et les musiques de discothèques n’est pas prête de s’achever.
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Karen Cheryl : de la danse disco à La marche des machos
Après leur succès européen de l’année précédente, Karen Cheryl et son producteur Mémé Ibach (toujours associé à Charles Rinieri) essaient de doubler la mise et surtout de conquérir les USA, rêve enfin devenu accessible pour les petits frenchies. Pour cela, ils enregistrent Show Me You’re Man Enough, un morceau que Claude Morgan a d’abord composé et déposé sous le titre de Somebody Get me Now. En y rajoutant un texte provocateur (et "réveille-macho") en anglais de Charles Algarra (qui a travaillé avec Ferrat comme Carrère) et Alain-Pierre Ward. L’arrangement est confié à Jean-Luc Drion. À noter que l’édition du morceau est partagée entre Sugar Music France (filiale de la société italienne de la chanteuse-productrice Caterina Caselli) et Radio Music France, la société d’édition située au 22 rue Bayard à Paris, et appartenant à RTL. Malgré une sortie européenne et au Japon, les résultats internationaux ne seront pas à la hauteur et Karen se recentrera sur la France l’année suivante avec ce Show Me adapté en français. C’est ainsi que Claude Lemesle en fera La marche des machos, une version pleine d’humour, au texte beaucoup plus subtil que l’original, qui fera une jolie carrière en France.
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Karen Cheryl : la fin du disco show
Karen publie cette année-là un autre 45 tours en anglais : Tchoo tchoo (Hold On The Line), toujours composé par Claude Morgan sous le titre Choo Choo, avec un texte signé d’Alain-Pierre Ward et de Mémé en personne sous son pseudo disco, Goldera. L’arrangement est à nouveau confié à Jean-Luc Drion. Là encore, sorties européenne et japonaise. Le deuxième 30 cm en anglais, Liars Beware, sortira également partout, comme son prédécesseur, ou presque. Le Brésil lâche l’affaire, en revanche l’Australie persiste et signe.
La chanteuse ne tardera plus à revenir au français… Avec un album qui, en plus de quelques adaptations - dont le post-disco Si (I Hope It’s Me) parolé par Didier Barbelivien -, comptera de nouveaux titres orchestrés par la crème des arrangeurs, de Jean Claudric à Jean-Claude Petit en passant par Guy Mattéoni.
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Gibson Brothers et Ottawan : le disco des îles !
La boutique (très familiale) Vangarde-Kluger s’agrandit. Certes, il y a toujours les Gibson Brothers en tête de gondole, au sommet de leur carrière, y compris dans les pays anglo-saxons (ce qui est une prouesse pour des Français). Il faut dire que ce trio de garçons des Antilles a tout pour plaire au public des contrées septentrionales. Le disco latino : ça réchauffe ! Et les nouveaux titres sont toujours faits pour ça, notamment Que sera mi vida (If You Should Go) signé Vangarde, Kluger avec Nelly Byl (parfumé de mots en espagnol, ça fait encore davantage monter la température…). Et si ce titre est toujours arrangé par Alex Francfort, le suivant, Ooh What A Life est carrément signé par ce dernier avec Vangarde. Après le trio antillais masculin, voilà – sur le présentoir "nouveautés" - le duo antillais mixte : Ottawan (dont le nom a été inspiré par la capitale du Canada). Quand on se souvient que Vangarde et Kluger ont lancé La Compagnie Créole en 1976, on se dit que ce tandem aime les îles… Ottawan est composé de Patrick Jean-Baptiste, alias Pat, et d’Annette. Leur disco est très ado, très sucré. S’il est très peu parfumé de musique des îles, il est surtout construit à partir de vraies mélodies populaires. D’ailleurs le premier 45 tours et le premier tube d’Ottawan est D.I.S.C.O, en français et en anglais, les producteurs ayant à la fois la connaissance de l’export et les réseaux. Distribué dans toute l’Europe, Ottawan se classe non seulement N°2 en Allemagne de l’Ouest, mais également à la même place au Royaume-Uni, et même N°5 en Afrique du Sud ! On danse sur leur DISCO jusqu’à Ottawa !
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Alain Barrière ne raccroche pas !
Jamais deux sans trois. Troisième année disco pour Alain Barrière qui insiste avec Hiver - où il parle avant de chanter, la voix sous-mixée - et surtout I Wanna Be Me, enregistré en anglais et arrangé par Gérard Salesses, le futur roi du son d’AB (Azoulay-Berda), le label de Dorothée… Annie Philippe, l’ex-yéyé girl passée aussi par Flèche, le label de Cloclo, fait, elle, partie des premiers artistes AB. Dans cette écurie, elle enregistre un 45 tours avec Don't Leave Me Lonely et Lazy Lady, deux titres disco composés par le sus-cité Gérard Salesses, et écrits par Pamela Forrest (qui a signé Love Me Baby pour Sheila).
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De Véronique Sanson à Back To Paris…
Membre du trio des Roche Martin avec Violaine et Véronique Sanson à la fin des années 60, François Bernheim est devenu ensuite un compositeur à succès, voire un producteur, pour Les Poppys, Esther Galil, Renaud…En parallèle, il enregistre une dizaine de 45 tours et même un 30 cm avant de plonger dans le disco avec un simple à la photo de pochette noir et blanc, où il apparaît torse nu, les doigts dans les passants de ceinture de son pantalon, des cheveux blonds longs encadrant un visage au regard sensuel. Se nichent sur les deux faces de ce 45 tours les deux parties de la chanson Back To Paris, dont il a signé musique et paroles, en français et en anglais, et qui va sortir jusqu’au Japon, où les adolescentes adorent les chanteurs français, surtout blonds aux cheveux longs.
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Shake au Top - Sanderson, en attendant La Boum
C’est sur son troisième album que Shake grave un autre titre disco de Jeff Barnel et Michel Jouveaux édité par Alec : Pour un train qui part. Ce dernier a été déposé en 1977 à la Sacem : interprété par Alphabet (avec Florence Davies…), il a participé à la sélection de l’Eurovision pour la France en 1978, et il est sorti sur un 45 tours promo. D’ailleurs, Shake posera sa voix sur le PBO (Play-Back Orchestre) d’Alphabet déjà trempé dans le disco par l’arrangeur d’Alec, Ray Knehnetsky. Toujours en 1979, le Malais de charme publie un autre 45 tours disco, We’ve Got Love, cette fois en anglais, signé Jeff Barnel et Thomas Noton, avec en face B un titre cosigné Barnel et Gainsbourg ! De son côté, un an avant la BO de La Boum, le film culte des débuts de Sophie Marceau, le Britannique Richard Sanderson, alias Richard Lory, enregistre son premier 45 tours : du disco en français. Un vent de folie est également signé Barnel pour la musique, Jouveaux et Danielle Vézolles pour le texte. Après quoi, le chanteur ecrira lui-même en anglais, paroles et musique, son 45 tours suivant, Never Let You Go… En attendant que Vladimir Cosma permette à ses rêves de devenir réalité… (Dreams Are My Reality…).
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Il était une fois… Martin Circus : pop ou disco ?
Déjà tombés dans le chaudron bouillant du disco l’année précédente, les Martin Circus passent à l’anglais et ça marche ! Shine Baby Shine, composé par Gérard Blanc avec un autre membre du groupe, Sylvain Pauchard, et parolé par le fidèle Félix Landau, est un succès. La chanson a même droit à des maxi-vinyles de couleurs. Suit Number One Woman, composé par Gérard Blanc, toujours avec Felix Landau pour le texte, qui sort aussi en Allemagne, le pays de Landau. Mais cette carrière disco sera éphèmère : dans quelques mois, le groupe lâchera le disco pour le punk, mais aussi pour travailler avec Gainsbourg.
Formé au début des seventies, le groupe Il Était Une Fois et sa chanteuse scandinave Joëlle inventent une nouvelle chanson, une pop élégante à la française qui aligne les tubes, un peu en marge de la variété. Déjà, après leur plus gros tube (J’ai encore rêvé d’elle en 1975), Viens faire un tour sous la pluie la même année, et Tourne la page en 1977 ont un petit côté disco, mais c'est surtout J'suis passible de la peine d'amour qui les marque au fer rouge… à paillettes. Le morceau est signé, comme presque toujours, de deux membres du groupe, Serge Koolen pour le texte et Richard Dewitte pour la musique.
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LE RECUL (1980-1982)
Coluche se présente aux Présidentielles mais c’est l’ami de la Disco Queen Dalida, François Mitterrand, qui est élu en Mai 81. En ces temps de Changement, la jeunesse hexagonale aspire à d’autres musiques. Et c’est pareil partout sur la planète.
Les maisons de disques passent au rap qui balbutie, et reviennent à l’étalon rock (même Les Stones s’étaient « discoïfiés » avec « Miss You », ou Kiss avec « I Was Made For Loving You »). La bande FM s’ouvre aux « radios libres » qui vont aider une nouvelle génération d’aventuriers à s’imposer. Certains osent une disco touch, sans la nommer : le disco ne disparaît pas mais prend le maquis, sort masqué. Si Sheila, Juvet… passent au rock dit FM, d’autres artistes confirmés – toujours soutenus par les périphériques - restent fidèles au disco. D’autres débarquent sur ces plages vinyliques sans réaliser qu’il est un peu tard…

Les Village People font du cinéma !
Les temps deviennent compliqués pour Henri Belolo et Jacques Morali. En effet, le policier des Village People, Victor Willis, qui écrivait toutes les adaptations en anglais du groupe, a quitté l’aventure en 1979. Il faut donc trouver une idée. Ce sera le cinéma ! En effet, les Village People vont tourner leur propre biopic : Can’t Stop The Music (en français : Rien n’arrête la musique). Réalisé par l’actrice de cinéma, puis de télévision Nancy Walker, le film, qui sort à l'été 1980 aux USA comme en France est un échec critique et financier planétaire (sauf peut-être en Australie). Il faut dire que cette comédie musicale très romancée (des deux producteurs, seul Morali est représenté) est kitschissime et n’aide pas à redorer l’image du disco. Elle décroche même 7 Razzie Awards.
Si le film ne marche pas, la chanson éponyme, signée par Belolo et Morali - mais aussi par leurs vieux complices Beauris Whitehead et Phil Hurtt, - est un petit succès qui porte le 30 cm de la BO du film. En effet, la chanson finira dans plusieurs Tops 20 européens, atteignant même la deuxième place en Nouvelle-Zélande. Ce film et cet album feront office de testament disco des Village People. Dès 1981, avec leur septième album, Renaissance, ils se maquillent et deviennent "Nouveaux romantiques" rock, voire punk…
Saddle Up, le disco funky !
Nous avions laissé David Christie, alias James Bolden, en 1976, alors que Tina Charles triomphait avec son I Love To Love. Inutile de préciser qu’avec ce succès, le chanteur enchaîne pendant deux ans les 45 tours en anglais puis en français et "place" pas mal de titres à divers interprètes en France et à l’étranger. Après deux autres années dans l’ombre, il revient en 1981 avec un disque qui ne marche pas.
Le miracle se produit finalement en 1982. David Christie connaît enfin le succès international en tant qu’interprète, toujours en anglais. C’est le post-disco Saddle Up, qu’il signe avec son fidèle Jack Robinson (Saddle Up signifie "Mets-toi en selle"). La rythmique est très "empruntée" au funky Do It Any Way You Wanna des People’s Choice en 1975. Le 45 tours se classe partout en Europe et va être édité jusqu’au Japon, en Afrique du Sud (N°3) et au Brésil (N°81). Au milieu des années 2000, la Star Ac 5 s’en souviendra, et en fera une version française : On est là.
Malgré d’autres 45 tours, en anglais comme en français, jusqu’au début des années 90 - où il fera plusieurs remixes de ce tube - David Christie ne revivra jamais ce succès d’interprète. Il continuera cependant à écrire pour les autres, de sa compagne Nina Morato (alias Stéphanie) aux Coco Girls.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Saddle Up
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Herbert Léonard : Disco, juste Pour le plaisir…
Herbert Léonard débute sur scène au milieu des années 60 avec Les Lionceaux, un groupe qui chante les Beatles. Repéré par Lee Hallyday, le manager de l’idole, il enregistre ses premiers disques en 1967 et notamment le tube Quelque chose en moi tient mon cœur. Après une douzaine d’années de traversée du désert, où il est produit par Jean Renard et croise la route de Gérard Manset, Herbert Léonard fait son grand retour avec Pour le plaisir en 1981.
C'est sur l'album de ce tube qu'il enregistre le funky Spotlight et le disco Chante avec moi. Si les deux premiers titres sont signés du compositeur-animateur de radio (RMC) Julien Lepers (dont c’est le premier succès), de la parolière Claude Carmone, alias Arlette Tabart (Babar) avec Vline Buggy, célèbre auteure de Cloclo devenue productrice d’Herbert, le troisième titre est de Lepers et Buggy. Herbert gardera longtemps une petite disco touch sur ses enregistrements, peut-être parce qu’il enregistre chez Bernard Estardy, au Studio CBE, le temple de la variété disco.
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Dalida au Paradisco !
Même si, après l’avoir "utilisée" pendant des années afin de récupérer les voix de son public dans les urnes, Mitterrand – une fois devenu président - l’abandonne sur les conseils de son entourage "bobo avant le mot". La communauté gay en fait une icône. Et comme les gays font la mode, surtout celle de la nuit, les DJ’s de province font danser sur les chansons de la Diva. Tout début 1980, son Gigi In Paradisco est un nouvel hymne, une suite disco à son Gigi l’Amoroso de 1974, une chanson 100% française malgré son titre. C’est d’ailleurs le trio qui avait écrit le premier Gigi qui signe le second : la chanteuse venue d’Égypte Michaele pour le texte, la fratrie Lana et Paul Sébastian pour la musique. Ces trois-là, proches d’Europe 1, ont signé ensemble de nombreux tubes dans les années 70, pour Dalida, mais aussi Cloclo, Sheila… L’arrangement de ce Gigi (avec une partie lente et une partie disco) est du fidèle Tony Rallo, avec le non moins fidèle "géant", le "Baron" Bernard Estardy.
Disco Queen établie, Dalida chante pour la première fois au Palais des Sports de Paris où les ballets sont réglés par Lester Wilson, le chorégraphe du film Saturday Night Fever. Elle apparaît alors sur scène dans un justaucorps couleur chair rehaussé de paillettes et de sequins dorés donnant l’illusion d’une nudité pailletée que ses fans vont adorer. Avec France Gall et un peu Sylvie Vartan, elle fait partie des rares French Disco Queens qui ont porté le disco sur des scènes parisiennes.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Gigi In Paradisco
Dalida et les french disco kings
En 1981, Dalida revient au disco avec Americana, l’adaptation par Michel Jouveaux et Jeff Barnel d’un succès signé et créé en anglais par le french disco king Alec (Costandinos), qui vient de triompher en Amérique. Si le son est toujours made in CBE, c’est Hervé Roy qui arrange ce morceau. Dalida, et surtout son mentor de frère, ne vont pas s’arrêter là. Après Alec, la star va même jusqu’à chanter deux autres french disco kings, Belolo et Morali, fin 1981. Un titre qu’adaptent en français Pierre Delanoë et Jeff Barnel en Quand je n’aime plus je m’en vais. Rallo et Estardy sont toujours de la partie. La version française est même distribuée sur le marché allemand, alors que Dalida en grave une version espagnole : Si El Amor Se Acaba Me Voy. En mai 1982, Cher (ex-Sonny & Cher) adaptera ce titre de Dalida dans une version anglaise titrée Rudy, qui sera le premier extrait de son nouvel album. Il faut dire aussi que Jacques Morali travaille de plus en plus avec les chanteuses américaines. Après Cher, ce sera au tour de Pia Zadora en 1982.
La bande à Dalida
Au début des années 80, la bande à Dalida est constituée de pas mal de socialistes, dont le futur maire de Paris, Bertrand Delanoë, mais aussi le parolier qui, grâce à cette bande, va devenir animateur et producteur de télé : Pascal Sevran. De son coté, Jeff Barnel est en froid avec Orlando, le frère de la diva. Un froid qui permet à ce compositeur, qui a déjà signé pour Isabelle Aubret, Marie Laforêt, Hugues Aufray, Nicole Croisille, Demis Roussos ou Marie Myriam de faire deux succès. Le premier est, en 1980, Je m’envole pour Le Group - dont il fait partie avec Bernard Arcadio et Alec Costandinos –, et dont ce dernier écrit la version anglaise, Goddbye Stranger. En plus d’un 45 tours, un 30 cm sera édité, et pas qu’en France, Alec ayant des contacts aux USA.
Le second, toujours en 1980, s’intitule Mai. C’est un slow disco-italiano par un certain Paolo Tramonti (alias Alec pour le studio et un coiffeur italien de Paris pour la photo et la promo) dont Jeff compose la musique, et dont le texte est de l’italien Oscar Avogadro. Le titre, qui sonne "populaire" à l’oreille de Monique Le Marcis - patronne des programmes de RTL - est co-édité par Radio Music France, filiale RTL, devenue récemment première radio de France. Jeff Barnel est d’autant plus heureux que ce disque est une de ses premières productions. Un autre 45 tours suivra en 1981 (Domani) avant que l’aventure Tramonti ne prenne fin et que Barnel ne retrouve Orlando… et Dalida.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Mai
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Femme que j’aime… La disco touch !
En 1982, après trois ans et trois 45 tours de galères discographiques, Jean-Luc Lahaye décroche son premier tube : Femme que j’aime. Alors que ce titre - signé Michaele avec Lana et Paul Sébastian (qui ont signé les Gigi pour Dalida) - est une pure ballade de variété, l’ingénieur du son Bernard Estardy rajoute un pied de batterie. Ce dernier fait basculer l’arrangement de Guy Mattéoni dans un esprit disco, ce qui donne une couleur plus pêchue au morceau. Femme que j’aime va passer en prime-time en radio, soit le matin… et faire un tube. Comme beaucoup d’artistes de variété, Jean-Luc Lahaye gardera cette rythmique disco longtemps.
À noter que les droits d’édition du morceau sont partagés avec Train Bleu Monte-Carlo, la société éditoriale de RMC, Radio Monte-Carlo, une radio très importante durant les vacances d’été. Cette station fera beaucoup pour le succès de ce titre. Tout comme les radios libres, de NRJ à Radio Golfe d’Amour La Ciotat.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Femme que j’aime et la partition
François Valéry : le disco dans la peau !
En été 1982, François Valéry a presque dix ans de carrière de chanteur, mais aussi de compositeur. On lui doit notamment le succès Emmène-moi danser ce soir de Michèle Torr en 1978. Après deux années fastes avec les succès d’Emmanuelle en solo et de Dream In Blue en duo avec Sophie Marceau, François replonge dans le disco.
Pour cela, il compose Stars le samedi soir, dont le fidèle Pierre Delanoë signe le texte, un chouia démago : On est tous des stars. Les arrangements sont de Tony Rallo, la réalisation de Bob Mehdi (qui a collaboré avec William Sheller, Alec et surtout David-Alexandre Winter). À noter que le titre est co-édité par Top N°1, cette fois la société d’éditions d’Europe N°1. Le blond et énergique François Valéry – qui se positionne comme un nouveau Cloclo – mise sur la musique pour faire danser et va y rester fidèle, même si les DJ’s – surtout parisiens - passent de moins en moins de tubes populaires, notamment en français.
Les routes des platines des radios et celles des pistes de danse ne vont pas tarder à se séparer.
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Tu m'oublieras
Après avoir réussi le pari de faire exister, en 1979, une version française (Je survivrai) aux côtés de sa version originale (I Will Survive par Gloria Gaynor), Régine persiste et signe pour le disco et enregistre un original français en 1980 : Tu (m’)oublieras. Le titre est composé par Mark Hillman (qui a travaillé avec Daniel Guichard ou Richard Sanderson), Yves Dessca signe le texte. Même si le disque est produit par Alain Wisniak, complice de Cerrone, le 45 tours passe inaperçu. Il faudra attendre Larusso, en 1999, pour que ce titre soit un tube néo-disco (avec un arrangement de Patrick Roffé). Entre les deux versions, Jeane Manson intercalera la sienne en 1990.
Quelques mois plus tard, en 1981, la future reine de la nuit - qui gère depuis plus de 20 ans des chaînes de clubs aux différents noms (Chez Régine, New Jimmy’s…) qui ont envahi la planète – enregistre La Vie By Night, composé par Cyril Assous (un grand complice de Daniel Guichard) sur un texte de Pierre Delanoë et du chanteur Jean-Michel Bériat (qui commence à écrire pour d’autres, dont Dalida). Si la direction artistique est assurée par le grand Jacques Bedos (l’oncle de l’humoriste Guy Bedos) qui a beaucoup travaillé avec la Rive Gauche de la chanson devenue moribonde, il est arrangé par Jean Claudric, un des grands arrangeurs du yéyé sous le pseudo de Sam Clayton. Là encore, le tube n’est pas au rendez-vous.
>Découvrez le bulletin de déclaration de La Vie By Night et le texte
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LA FIN (1983-1989)
Le disco est à l’agonie. Après les campagnes anti disco aux USA dès 1979 (« Disco Sucks : Le disco ça craint »), c’est la découverte du Sida qui assène un coup fatal en 1983. Les années de liberté sexuelle sont révolues. Sans compter qu’en France, le soufflet d’espoir né avec le socialisme au pouvoir est retombé. La nouvelle génération est « désenchantée ». Sur la Côte Est des Etats-Unis, on parle du Post-disco, réaction à la sur-commercialisation et l’écroulement artistique de cette musique. En France, le rap est en pleine ascension et le rock se renouvelle grâce aux échantillonneurs (ou samplers) australiens Fairlight. Quant au marché du disque, il change avec l’arrivée du CD en 1982 et du Top 50 en 1984. Cependant, quelques producteurs français ne veulent pas lâcher l’affaire, d’autant plus que le rap hexagonal, bâti sur les textes, a peu de chance de s’exporter. Et surtout que les vidéo-clips permettent une promotion planétaire depuis la création de MTV en 1981.

Les USA capitulent devant les Français !
1983 : Belolo et Morali n’ont pas dit leur dernier mot. Alors que le disco a une image de plus en plus cheap, surtout en France, pays « Littéraire », ils ne quittent toujours pas le navire et s’accrochent au bastingage ! Ils vont même faire mieux : faire trembler les Américains, non seulement en Europe, mais sur leur propre territoire et avec leurs propres artistes. En effet, après Cher ou Pia Zadora, ils font chanter la plus ancienne star du disco, l’Américaine Gloria Gaynor. Et lui permettent de revenir en tête des charts.
Pionnière du genre dès 1974 avec Never Can Say Goodbye, la reine Gloria a été sacrée Disco Queen en 1979 grâce à I Will Survive qui a décroché un Grammy Award. C’est en voyant la comédie musicale américaine lancée en août 1983 à Broadway, La cage aux folles (adaptée de la pièce de théâtre française de Jean Poiret), que Belolo et Morali ont l’idée de faire chanter le titre phare du spectacle, I Am What I Am (Je suis ce que je suis) à la reine Gloria. Bingo ! Non seulement, celle-ci va retrouver le chemin du succès, mais elle va devenir une nouvelle égérie gay, avec ce un nouvel hymne adopté par la Communauté. Seul bémol, les deux producteurs ne l’ont pas signé. En effet, cette chanson n’a rien à voir avec le I Am What I Am qu’ils avaient écrit pour le deuxième album des Village People en 1978.
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Du disco des clubs à la street dance
Régine enregistre en 1983 Reine de la nuit, un titre également composé par Jacques Morali avec Frédéric Zarr (qui travaille avec une débutante du nom de Madonna), mais déposé directement en français avec un texte original de Didier Barbelivien. Peu importe, Morali et Belolo sont déjà ailleurs : avec Zarr et un musicien animateur de rap d’une radio new-yorkaise, ils signent Street Dance, qui va révolutionner la musique, porté par trois danseurs new-yorkais spécialistes de breakdance que nos producteurs baptisent Break Machine…
Et ce n’est pas tout ! La même année, Jacques Morali cosigne le titre Where Is My Man pour la diva américaine des années 50, Eartha Kitt, qui vit à Paris.
À nouveau, le complice de Morali n’est pas Belolo, mais le musicien et producer Fred Zarr, avec le comédien Bruce Vilanch. Si le titre fait un gros succès en France, en Belgique et en Suède, un petit succès dans le reste de l’Europe, il fonctionne bien aux USA dans les clubs se classant N°7 au US Dance Club Songs du Billboard. Grâce à ce titre, Eartha Kitt devient une nouvelle icône gay : l’âge ne compte pas pour les icônes de ce type ! Il faut dire aussi que la chanteuse s’était insurgée contre la guerre du Vietnam en 1968 avant de s’exiler en Europe.
>Découvrez la partition de Reine de la nuit
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Dalida : Mourir sur scène, fusillée de lasers
Depuis l’élection de son ami François Mitterrand, Dalida est un peu malmenée par les médias et les pseudo-intellectuels. Il faut dire que ses tenues peuvent prêter à sourire (chapeau, casquette ou béret, robes chatoyantes, tenues noires ou rouges de cuir moulant à épaulettes signées Jean-Claude Jitrois). Pourtant le public l’adore, notamment quand elle prend la tête de la manifestation pour la radio libre NRJ ou quand elle est aux côtés de son amie Line Renaud afin de récolter des fonds pour la recherche contre le Sida. En 1983, Jeff Barnel, compositeur, et Michel Jouveaux, auteur, lui apportent Mourir sur scène. Orlando, frère et producteur de la diva, superstitueux, n’aime pas qu’on évoque la mort, surtout dans une chanson, mais donne cependant son feu vert. Il en confie l’arrangement à Tony Rallo, et la prise de son à Bernard Estardy, le "Baron", le "Géant", de CBE, qui est de plus en plus arrangeur (ce sera définitivement le cas en 1984 avec Jolie Poupée pour Bernard Menez). Tous deux - avec un simple pied de batterie – rendent le titre disco lors de la séance d’enregistrement, alors que c’était une ballade à l’origine. Même si Mourir sur scène se retrouve en face B d’un 45 tours et n’est donc pas destinée à passer en radio, elle trouvera quand même son chemin, surtout après la disparition de la diva. Avant d’être reprise par Julien Doré dans l'émission La Nouvelle Star en 2007, puis par Shaka Ponk sur scène et sur disque en 2014, elle est même adaptée en espagnol, italien, turc… et même anglais. En effet, dès 1986, la diva britannique Shirley Bassey (qui a triomphé avec Goldfinger) se l’approprie grâce à un texte du grand Norman Newell qui en fait Born To Sing. La consécration. À noter que si Dalida n’était pas partie en mai 1987, son frère avait prévu qu’elle enregistre des chansons que Jacques Morali avait signées pour elle, tout en préparant le lancement de la vedette du Crazy Horse Saloon : Lova Moore.
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Gainsbourg est devenu Gainsbarre !
1984 : Serge Gainsbourg, devenu Gainsbarre, se défend de faire du disco. 120 BPMi (battements par minute), c’est bien trop rapide pour lui, le dandy lascif. D’autant plus qu’il s’est mis au reggae depuis la fin des seventies. Et surtout qu’il est devenu culte de son vivant. Il n’a pas droit à la faute de goût ! Pourtant, il risque gros avec l’album Love On The Beat, pour lequel il abandonne le reggae au profit du rock et du funk. Dès la photo de pochette, il apparait maquillé à la Jean Guidoni, dans une pose où il semble se préparer pour son Légionnaire, qui l’aimera toute une nuit trois ans plus tard. Quant au titre du premier extrait, qui donne son nom à l’opus, son jeu de mots douteux n’échappe à personne. Et ce n’est pas tout ! L’album enregistré aux USA comprend Lemon Incest, un duo avec sa fille Charlotte qui fera couler beaucoup d’encre, surtout quand, provocateur, Serge en fera un extrait single. Dans les plages du 30 cm (qui sort aussi en CD), on remarque également deux titres ouvertement gays. En attendant, les DJ’s des discothèques jettent leur dévolu sur le titre éponyme au zest de disco qui permet de faire danser les night-clubbers lascivement, voire sexuellement. Sorte de nouveau 69, année érotique, cette fois en duo avec Bambou - la nouvelle compagne de Serge -, Love On The Beat est plébiscitée par NRJ. Elle sera même publiée jusqu’au Japon en 45 tours. Les experts gainsbouriens auront cependant noté que le motif musical de ce titre est le même que celui du Physique et du figuré écrit pour le court-métrage éponyme réalisé en 1981.
>Découvrez le bulletin de déclaration de Love on the beat
>Découvrez le podcast de Serge Gainsbourg (1984)
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Gilbert Montagné : vive l’italo-disco !
Après un 45 tours passé inaperçu sous le nom de Lor Thomas, Gilbert Montagné est lancé par Adamo en 1971 avec le tube en anglais The Fool, qui va marcher sur toute la planète. Malheureusement, après deux années de succès, le non-voyant de la variété va traverser le désert de 1974 à 1980. Après quelques 45 tours qui n’accrochent pas, c’est en 1983 qu’il effectue un vrai retour avec On va s’aimer, qu’il compose sur un texte de Didier Barbelivien, mais surtout qui est produit en Italie par Dario Farina (qui a composé Sara perché ti amo pour Ricchi e Poveri) et arrangé par S. Pulga et L. Ninzatti, des disciples de ce qu’on appelle l’italo-disco, un mouvement musical né en 1982. D’ailleurs, si Gilbert Montagné a enregistré ce disque à Milan, c’est qu’il a signé avec le label italien Baby Records, créé en 1974. Là, ont été enregistrés les tubes disco de La Bionda (One For Me, One For You) et y enregistrent désormais des vedettes de l’italo-disco comme Gazebo (I Like Chopin). Le succès de On va s’aimer est tel que l’artiste enregistre une version en anglais (Just For Tonight) pour l’export, où le 45 tours va faire une jolie carrière, notamment en Allemagne. Même si Gilbert Montagné reste plusieurs années chez Baby Records - après un album à succès (sur lequel Dario Farina va cosigner tous les titres dont le fameux Sunlight des tropiques) -, il va rapidement délaisser l’italo-disco au profit de la variété française.
Revival : le Néo-Disco des années 90
La mode est un éternel recommencement, y compris en musique. Le disco, comme les autres styles, fait régulièrement des retours, grâce à des reprises. À la charnière des années 90 et 2000, alors qu’on est revenu à une période de légèreté avec les boysbands et les girlsbands, certains artistes reprennent du disco, tels les Néerlandais d’Hermes House Band avec I Will Survive. Si cette version démarre timidement, c’est à nouveau Scorpio, le label d’Henri Belolo, qui va en faire un succès grâce au patron de NRJ qui le choisit comme hymne de son équipe de rugby, le Stade Français. Et le succès devient méga-tube à l’occasion de la Coupe du Monde de foot 1998 où les joueurs l’entonnent dans les vestiaires et les cars qui les mènent dans les stades. Bien vite, la contagion va gagner les tribunes. La suite est connue… La jeune Larusso va reprendre la version française du morceau avant d’imposer en 1999 un autre titre de Régine, le Tu m’oublieras échoué dix ans plus tôt… L’année suivante, Yannick s’empare de Ces soirées-là popularisées par Cloclo en 1976 (Cette année-là) à partir d’un succès récent de Frankie Valli, - Oh What A Year (December 63) -. Certains vont encore plus loin en créant du disco nouveau, comme Boris avec Soirée Disco en 1995.
ADAPT' DISCO (1974-1989)
Après 7 salles de tubes originaux, passons aux adaptations de titres étrangers dans notre langue.
Elles ne sont pas propres aux années 60 comme on le dit souvent. Depuis le début du disque, les artistes français ont toujours adapté. De Tino Rossi dans les années 30 à Francis Cabrel dans nos années 2010. Certes, après Mai 68 se développe une chanson populaire 100% française, mais on a continué a beaucoup adapter dans les années 70, dans tous les styles, et notamment le disco. A noter qu’à cette époque certains artistes français, reprennent des standards internationaux tels quels, juste pour le plaisir de les plonger en version originale dans la sauce disco. D’autres vont traduire, voire adapter des succès disco afin de les rendre plus accessibles.
Revue de détails des artistes français, génération par génération, de la plus récente à la plus ancienne….
THE COVER LATINO DISCO MADE IN FRANCE
Si la plupart des producteurs français du disco ont, non seulement édité, mais aussi écrit, les œuvres qu’ils allaient faire enregistrer à leurs nouveaux artistes disco, ce n’est pas le cas du chanteur-créateur Nicolas Skorsky et de l’homme d’affaires Jean-Manuel de Scarano (ex-complice de Monty).
En effet, en 1977, ces deux professionnels du disque lancent le projet disco-flamenco Santa Esmeralda. Une fois de plus, car c’est courant dans les projets disco, ils enregistrent le morceau avant d’en trouver l’image, soit les interprètes "officiels". En studio, les musiciens José Souc, Slim Pezin, Christian Padovan et Jean-Claude Petit se chargent donc "d’habiller" d’une robe rouge à volants noirs et d’un éventail à dentelles la reprise du Don’t Let Me Be Misunderstood créé par Nina Simone (1964) et popularisé par les Animals l’année suivante. Comme c’est un succès radio, et qu’il faut bien incarner la voix pour la promotion en télé, on recrute le chanteur-saxophoniste américain Leroy Gomez et on le flanque de danseuses "espagnoles", très flamenco. C’est un triomphe en France et bien au-delà. Ce sera d’ailleurs le premier album français à obtenir un disque d’or aux USA, certifié par le R.I.A.A. Avec d’autres reprises, dont le second succès du groupe, fin 1977, qui est à nouveau un titre popularisé par les Animals (1964), The House Of The Rising Sun, en fait un traditionnel (adapté par Hugues Aufray et Vline Buggy pour Johnny Hallyday : Le pénitencier).
ARTISTES SIXTIES : DISCOITALIANO, MA NON TROPPO...
En 1976, cela fait dix ans que Joe Dassin a conquis la France, l’Europe du Nord, l’Espagne et l’Amérique du Sud, et même l’URSS. Alors qu’il adapte depuis quelques mois avec succès l’Italien Toto Cutugno, ce dernier lui offre une petite entorse disco avec 15 minuti di un uomo, qui devient Le jardin du Luxembourg sous la plume de Claude Lemesle, un titre de plus de six minutes (avec une partie disco à grand renfort de cordes), dont la durée ne l’empêchera pas d’être un succès. Dassin l’enregistrera aussi en espagnol. En 1979, un des derniers tubes de Dassin (Le dernier slow) sera signé d’un autre Italien, Dario Farina, qui deviendra l'un des rois de l’Italo-disco.
Gérard Lenorman, lui aussi, chante Cutugno pour replonger dans les eaux troubles du disco avec Ça va, dont le texte en français est signé Pierre Delanoë. À noter que les chansons de Cutugno sont des adaptations d’originaux italiens qui ont rarement été des tubes, voire qui ont été souvent à peine enregistrés en version originale.
Qui l’eut cru ? Nouvelle Piaf, arrivée juste après le yéyé, Mireille Mathieu - devenue la plus importante chanteuse française à l’export (avec Nana Mouskouri qui est aussi une artiste signée en France) - se jette dans la bataille pour le titre de Disco-Queen ! Son pygmalion, Johnny Stark, succombe en 1980 aux sirènes du disco, et "Mimi" adapte le tube des Bee Gees pour Barbra Streisand, Woman In Love. Ce dernier devient Une Femme amoureuse sous le plume de son fidèle Eddie Marnay. L’année suivante, la Demoiselle d’Avignon adapte The Winner Takes It All d’Abba - le groupe de plus en plus disco - grâce à Charles Level qui en fait le tubesque Bravo tu as gagné.
Première Mademoiselle à chanter du blues, Nicoletta délaisse ponctuellement, en 1975, ce style au profit de l’adaptation du Can't Give You Anything But My Love des Stylistics, qui devient le beaucoup plus disco À quoi sert de vivre libre ? sous la plume de Claude Carmone alias Arlette Tabart (Babar). En 1979, Nicoletta remet un doigt dans la machine infernale du disco avec J’aurais dû écouter Mama, l’adaptation du I Should've Listened to Mama de Lena Zavaroni, qu’adapte Jean-Michel Rivat.
DALIDA PIONNIÈRE DU DISCO...GRÂCE À UN TITRE RÉTRO
Dalida, non seulement va surfer la vague disco, mais elle va la dompter ! Orlando l’a souvent dit : Dalida a été une des premières en France à faire du disco, dès 1976. C’est vrai, mais la diva n’a pas été pionnière dans la création de véritable french disco, préférant tremper dans cette sauce d’anciennes chansons, souvent étrangères comme la mexicaine Besame mucho de 1941, d’abord adaptée en français par Joséphine Baker en 1944. Dalida bénéficiera cependant d’une nouvelle adaptation signée de Pascal Sevran et de sa fidèle complice Serge Lebrail, alias Simone Gaffie (Embrasse-moi).
La même année, Dalida adapte aussi l’italienne Tornerai de 1937 devenue J’attendrai, d’abord par Tino Rossi, Jean Sablon et surtout Rina Ketty en 1938…. L’adaptation d’origine était de Louis Poterat, un texte que Dalida reprend tel quel. Si la version "dalidesque" est un joli succès, la star l’exporte aussi, en enregistrant la version originale italienne et même la version espagnole. En 1979, après des tubes disco 100% français, Dalida s’offre un titre quasi-original du créateur italien à la mode qui alimente en tubes toute la chanson française : Toto Cutugno. Il présente à Dalida Monday Tuesday (Laissez-moi danser) que Pierre Delanoë adapte en français, sauf une partie en anglais confiée à Jeff Barnel, lequel signera aussi pour la diva une version tout en anglais, Let Me Dance Tonight.
C’est ensuite en 1983 que Dalida reprend le standard Smile signé Charlie Chaplin. Avec un nouveau texte de Gilbert Sinoué et Jeff Barnel qui en font Femme, avec le fameux tempo disco en bonus. À noter que toutes ces adaptations ont été trempées dans un bain disco grâce à l’arrangeur Tony Rallo et à l’ingénieur du son Bernard Estardy du Studio CBE, spécialiste du pied dit "à la noire".
AMANDA, PLUS GERMAN QUE FRENCH DISCO
Après avoir été une égérie des Stones dans le Swinging London des mid-sixties, Amanda Lear devient mannequin professionnel puis chanteuse. Après un 45 tours en français, dont elle enregistre aussi la VO en anglais en 1976, la belle Amanda signe avec une maison de disques ouest-allemande et se met au travail avec le compositeur et producteur de Munich Anthony Monn.
Leur premier succès Outre-Rhin est Blood And Honey (N°12), qui s’exporte aussi en Italie (N°5). En 1977, son album fait un malheur en RFA et sacre Munich capitale du Disco allemand. Il faut dire qu’avec les deux tubes de l’opus Tomorrow et Queen Of Chinatown (N°2), Amanda est classée cette année-là troisième chanteuse de RFA d’après la revue professionnelle Musikmarkt. L’Italie plébiscite aussi le premier des deux titres (N°4). Amanda est à son apogée de Disco Queen en 1978, notamment grâce à Follow Me, un tube non seulement en RFA (N°3) mais aussi aux Pays-Bas (N°2). Ce titre lui permet d’être première chanteuse Outre Rhin d’après le Musikmarkt, mais aussi en Europe continentale où on l’applaudit au Palace à Paris.
Le titre suivant, The Sphinx, est à nouveau un tube en Allemagne, alors qu’ Enigma est un un succès aux Pays-Bas (N°17). Toujours en 1978, elle positionne son album Sweet Revenge N°4. Il sera disque d’or en France au moment où la chanteuse se rend au Japon en décembre pour participer à l’émission « Let’s Go Young » avec Queen Of Chinatown. Elle décrochera un disque d’or pour ce titre classé N°64 au Top Oricon, le top japonais de référence.
Plus rien ne semble arrêter la reine du disco allemand, même si les productions munichoises sont de plus en plus nombreuses (Boney M en fait partie depuis 1976). En 1979, Fashion Pack est le nouveau tube d’Amanda en France. Il marche moins en Italie (N°34), et en Allemagne (N°24), le disco résistant mieux dans l’Hexagone qu’ailleurs. Les Allemands pourtant enchainent avec Fabulous Lover, Love Me (N°25), pendant que MusikMarkt la classe N°4 des chanteuses teutones. 1979 est aussi l’année où l’Espagne commence à réagir à la blonde sulfureuse avec Run Baby Run (N°16). En 1980, Amanda Lear freine son recul en Allemagne avec Diamonds (N°30) et Solomon Gundie (N°36). C’est en 1981, qu’elle se classe pour la dernière fois dans ce pays avec Egal (N°75).

Artistes seventies : born to be disco
Après avoir débuté à Europe N°1 dans la deuxième moitié des années 60, Patrick Topaloff devient chanteur comique chez Flèche, la maison de disques de Cloclo, au début des années 70. Il connaît très vite le succès et frappe un grand coup en 1979 avec Sim en duo : Où est ma ch'mise grise ? Ce titre, adapté par Topa en personne, n’est autre que le tube planétaire de John Travolta et Olivia Newton-John, You Are The One That I Want (BO de Grease), rock'n'roll clouté mais parfumé de disco… doré !
Lancée en 1975 chez Carrère, par Mémé Ibach, Carène (pas encore Karen) Cheryl tâte le terrain du disco avec l’adaptation du Mamma Mia du groupe pop-pré-disco Abba, par Jean Schmitt, ce que souligne l’arrangement de Jean Claudric, fidèle à la VO.
Chanteur à minettes dans l'écurie Flèche de Claude François depuis trois ans, Alain Chamfort enregistre fin 1975 l’adaptation par Jean-Michel Rivat du Could It be Magic de Barry Manilow qui devient Le temps qui court, un succès, juste avant que Donna Summer ne booste ce titre lent pour en faire un hymne disco. Le chapitre de Chamfort en discothèques va se clôre en 1987 avec une nouvelle reprise : Déchaîne-moi, l’adaptation par Boris Bergman du Can't Get Enough Of Your Love Babe créée par un pionnier du disco, le soulman Barry White (1974).
Artistes seventies : otages du disco ?
Rival de Mike Brant au début des seventies, Christian Delagrange se jette à voix perdue dans le disco en enregistrant l’adaptation du titre Marleen de l'Allemande Marianne Rosenberg, égérie des gays d’Outre-Rhin, qui devient Ciné, cinéma en 1978. Et, ironie du sort, le texte français est signé par Jean Renard, découvreur et premier producteur de Mike Brant…
L’artiste N°2 du frère de Dalida, Shake, enregistre en 1977 l’adaptation du Love Is A Many Splendored Thing d’Edward Powell (1955) par René Rouzaud, devenu aussitôt Rien n'est plus beau que l'amour, notamment par Luis Mariano… L’année suivante, Shake refait un succès classico-disco avec la cover de Stranger in Paradise. Inspiré par la Polowetzer Tänze tirée du Prince Ingor de Borrodine, la chanson a été popularisée en France en 1956 par Gloria Lasso, Dario Moreno avec un texte du comédien Francis Blanche : L'étranger(e) au paradis.
Terminons avec une artiste méconnue, Marie qui, compagne de Lionel Gaillardin d’Il Était Une Fois, a ouvert la route à Véronique Sanson dès 1970. En 1974, en s’emparant de The Hostage de la reine Donna Summer, elle fait partie des pionnières du disco français. C’est son copain Serge Koolen du groupe de Joëlle qui en fait un Otage que les DJ’s vont malheureusement bien vite relâcher.
Pas de disco pour Jojo ?
En 1982, l’Idole des jeunes, qui traverse depuis deux ans un des rares déserts de sa carrière, réenregistre ses succès des sixties, notamment Noir c'est noir, le fameux Black Is Black de Los Bravos (1965).
Ce dernier – adapté par Georges Aber - devient très disco, y compris en version espagnole. C’est le seul écart du genre de Johnny qui, contrairement à son rival historique, Claude François, se commettra peu dans ce mouvement et restera fidèle au rock’n’roll et au blues.
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La Yéyé girl Sylvie Vartan enfonce le clou(t)
D’abord en français avec Georges, un disco-tango adapté du récent George Disco Tango de Pat Simon par Michel Mallory et Pierre Billon, le fils de Patachou. L’année suivante, Sylvie s’autoproclame Disco Queen, grâce au texte de Michel Mallory d’après Johnny, Johnny Please Come Home, le tube de Claudja Barry. Ce titre fait partie des dernières chansons en français à se classer au Japon. Désormais, il faut chanter en anglais pour marcher au Pays du Soleil Levant. Mais Sylvie s'exporte en français avec Solitude, la version française de Substitute, créée par les Righteous Brothers en 1975, popularisée en version disco par Clout en 1977 et adaptée par Jean-Michel Rivat en 1978 pour Sylvie.
Et puis, cette dernière se voit offrir en 1979 un original US : I Don’t Want The Night To End. Le 45 tours et l’album sortent dans de nombreux pays et y seront classés. Sacrée à cette occasion Disco Queen, Sylvie adaptera ce titre en espagnol (Esta noche nuestra mi amor).
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Sylvie Vartan : Flash dance !
En 1981, l’ex-Madame Hallyday, qui vient de divorcer, adapte le bien moins disco mais rythmé 9 To 5 / Morning Train de Sheena Easton, qui devient l’emblématique L'amour c'est comme une cigarette sous la plume du fidèle Michel Mallory, qui réussit vraiment ce texte qui fait danser… dans les volutes de fumée des clubs… Grâce au fameux pied disco sur tous les temps. Pour finir, en 1983, Sylvie Vartan grave une nouvelle adaptation à la touche disco, cette fois de What A Feeling, le tube de la BO de Flashdance par Irene Cara (cosigné du roi disco allemand Giorgio Moroder), qui devient Danse ta vie, une fois de plus grâce à la plume du fidèle Michel Mallory. Sur la face B, ce dernier signe aussi Déprime, d’après le cultissime Sweet Dreams d’Eurythmics. Encore le pied disco !
Sheila
Les adaptations disco ou non de sa rivale, Sheila, seront aussi nombreuses, son producteur, Claude Carrère, préférant les titres qui ont déjà fait leurs preuves. À commencer par ceux de Carol Douglas, la disco queen moins sulfureuse que Donna Summer. D'elle, Claude Carrère adapte, fin 1974, avec son fidèle complice Jean Schmitt à l’écriture, Mat Camison aux arrangements (qui restera L’arrangeur disco de Sheila) et Bernard Estardy à la console, le Doctor’s Orders. Ce tube reste fidèle à son texte d’origine et devient un C’est le cœur (Les ordres du docteur).
En 1975, Sheila se remet derrière le micro pour graver Im’ On Fire des Crazy People 5000 Volts (samplé – avant le mot – du Black Is Black des Espagnols de Los Bravos) qui devient Tempérament de feu. Re-tube ! La petite fille de Français moyens est à nouveau une des plus grosses vendeuses de 45 tours en France. Elle achève l’année 1975 avec Personne d'autre que toi, adapté de Like You Do Do de Jeanne Burton.
S B Devotion finira ensuite l’année 1977 avec la reprise du Singin' In The Rain de Gene Kelly qui fera à nouveau le tour de l'Europe, Angleterre comprise. Comme Sylvie, Sheila aura, elle-aussi, droit à une chanson originale américaine qui, de plus, va marquer l’histoire : le fameux Spacer, que lui offre en 1979 le groupe Chic (Bernard Edwards et Nile Rodgers). C’est un triomphe planétaire dont Mika se souviendra (Relax, Take It Easy).
Stars des fifties : le nouveau défi du disco
Pour les vedettes téméraires venues des années 50, le disco est une nouvelle vague, après le yéyé, sur laquelle il va falloir surfer. Neveu de Ray Ventura, grand guitariste de jazz des années 50, Sacha Distel est une vedette de la chanson depuis 20 ans en 1978. S’il a conquis les petites Anglaises à la fin des sixties, il part à la conquête d’une nouvelle génération de petites Françaises, en commençant par apprivoiser Venus, le tube des Shocking Blues de 1969, adapté par Vline Buggy (la mythique parolière du Cloclo des sixties) et maquillé de disco. Reine de beauté oblige. Un succès. Sacha récidive l’année suivante en fardant de disco un medley d’une douzaine de standards en version originale de Hal David et Burt Bacharach, le tandem magique de créateurs de Dionne Warwick. Ce Forever And Ever marchera mieux sur scène qu’en radio.
Déjà "Reine de la nuit" depuis plus de 20 ans (même si elle ne le chantera que dans les années 80), Régine, qui a importé le twist en France, et qui gère des clubs sur lesquels la lune ne se couche jamais, ne pouvait pas ne pas faire de disco. Elle s’empare donc en 1979 de l’hymne disco I Will Survive de Gloria Gaynor pour en faire Je survivrai, avec des mots de Claude Carrère et Vline Buggy. Et cela reste une de ses plus belles ventes de disques… ce dont Larusso se souviendra en 1998. Henri Belolo également puisque c’est lui qui exhumera le titre en 1998, via la version des Hollandais d’Hermes House Band. Et cet hymne du Stade Français de rugby deviendra celui de la Coupe du Monde… de foot !
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Vedettes des années 40 : le disco , un nouveau souffle ?
Pour les artistes issus de l’avant ou de l’après-guerre, le disco n’est pas simple à aborder. Notamment au niveau rythmique, sans parler du niveau vestimentaire. Certains vont s’y essayer et pas mal contourner la difficulté…Qui l‘eut cru ? Après avoir été le pionnier du rock’n’roll en français, Henri Salvador devient celui du disco. En 1974, l’amuseur public numéro 1 est une vedette depuis 30 ans. En effet, après des débuts, durant la guerre, dans l’Orchestre de Ray Ventura exilé au Brésil, sa carrière en solo a commencé juste après la Libération. Et les succès se sont enchainés, auprès des enfants comme des grands. À la veille d’une pause due à la disparition de sa femme et manager Jacqueline, Henri demande à l’un de ses deux fidèles complices auteurs, Bernard Michel (l’autre est Maurice Pon) d’adapter le pré-disco Shame On You. Et le tube de Shirley And Co devient l’hilarant J’aime tes ge’noux, sur lequel on danse dans les discothèques. Un must !
Autre révélation de la Libération, Line Renaud est une vedette du disque des années 50, devenue meneuse de revue dans les années 60 de Paris à Vegas. En 1979, c'est sa reprise du Copacabana de Barry Manilow, dont elle signe elle-même le texte français (parait-il dans un avion qui la ramène des USA…), qui lui permet de marquer un but dans le grand match du disco… Après quelques derniers 45 tours, notamment signés par François Valéry (le légèrement disco Dream Of A Man en anglais en 1985), Line passera à la comédie.
Julio, le disco en espagnol
Footballeur de formation, Julio Iglesias se lance dans le cinéma puis la chanson à la fin des années 80, suite à un accident. Remarqué à l'Eurovision 1970 où il représente l'Espagne, Julio part à la conquête de l’Europe et de la France au milieu des années 70. En espagnol.
Quelques mois plus tard, il commence à enregistrer en allemand, en italien et en français, en fonction des marchés et c’est un triomphe partout. Dans notre langue, quelques titres seront teintés de disco : « Un jour c'est toi, un jour c'est moi » - adapté de « Un dia tu, un dia yo » par Michel Jourdan - et « Ne t'en va pas, je t'aime » - adapté du « Si mi lasci no vale » par Pierre Delanoe,, les deux en 1978.
Quant à « Stai », d’après « le « Limelight » de Charlie Chaplin, son arrangement, en 1978 toujours, est très inspiré de celui de « La vie en rose » de Grace Jones.
En 1981, Julio Iglésias grave « Une chanson qui revient » - adapté du « Begin the Beguine » de Cole Porter en 1935 par Michel Jourdan - toujours sur un tempo disco.