exposition
L'amour, le sexe, le corps en chansons de 1950 à aujourd'hui
Sommaire
Du vigoureux « Fernande » de Brassens au malicieux « Chandernagor » de Béart, de la troublante « Folle complainte » de Trenet au descriptif « Zizi » de Perret, du goguenard « Horizontalement » de Ferrat au superbe « Ta source » de Ferré, de « Madame rêve » magnifié par Bashung et Pierre Grillet à la « Sanguine » de Prévert distillée par Montand, les grands « classiques » de la chanson française ont versifié – avec talent – le sexe et ses multiples expressions.
Transgénérationnelle, la bagatelle a changé de tempo avec Elmer Food Beat, Jad Wio, Gotainer, Benjamin Biolay, Soldat Louis, Mademoiselle K, Les Rita Mitsouko, Mylène Farmer, sans oublier évidemment Serge Gainsbourg qui a fait de ses ébats passionnés avec Brigitte Bardot et Jane Birkin un tube planétaire, son « Je t’aime… moi non plus » bénéficiant des reprises de Donna Summer, Kylie Minogue, Nick Cave, les Pet Shop Boys, Cat Power, Madonna ou, plus inattendus, Bourvil et Jacqueline Maillan.
Un générique impressionnant, non exhaustif pour autant, qui en dit long sur la belle santé de la rime sexuée.
Sous la direction éditoriale d’Arlette Tabart
Par Pierre-Yves Lebert
De récents sondages révèlent une chute sans précédent de l’activité sexuelle des jeunes Occidentaux. On parle même de récession sexuelle ! Les amoureux sont-ils intimidés par les nouveaux rapports entre les genres et la nécessité bien salutaire du consentement ? Ou, au contraire, seraient-ils inhibés par l’injonction à la performance véhiculée par la pornographie omniprésente ? Nos chanteurs ont pourtant prouvé qu’il est possible de s’aimer passionnément, de cœur et de corps, de sexe et d’âme, et tout en douceur...

La belle fiancée est « rebelle et soumise » mais la complicité des deux amants est manifeste. L’homme est légèrement directif mais il pense d’abord au plaisir de sa bien-aimée en commençant par s’agenouiller devant elle pour l’honorer.
Un peu comme dans « Le dîner » de Bénabar, on se dispense de sortie parce qu’on a mieux à faire ensemble, mais ici pas de pizzas. La cerise, c’est tellement meilleur ! C’est probablement la finesse d’écriture de Ferrat qui a permis à cette chanson de connaître un très grand succès en 1980 sans qu’elle soit censurée, malgré ses allusions claires.
Par Pierre-Yves Lebert
Les hommes qui aiment vraiment les femmes les préfèrent libres et indomptables. En 1951, Juliette Gréco, grande vestale de Saint-Germain-des-Prés, vouée à l’esprit et à l’amour, chante les mots de Prévert dans « Je suis comme je suis » : « J’aime celui qui m’aime / Est-ce ma faute à moi / Si ce n’est pas le même / Que j’aime à chaque fois ». À partir des années 1950, le sexe, après avoir été longtemps un véhicule de contrôle et de soumission de la femme, va devenir une arme efficace d’émancipation. À présent c’est elle qui choisit qui, quand, quoi, où.

La chanson est écrite par Serge Rezvani, connu pour ses merveilleuses ritournelles offertes à Jeanne Moreau, symbole elle aussi de la liberté des femmes, et sera chantée par Helena Noguerra. C’est encore cette liberté qui prime dans la chanson. La sensualité d’accord, mais le cœur, méfiance ! Et l’engagement jamais. On a trop peur du bonheur pour ça.
Seul le présent nous lie
Restons sans avenir
Vivons comme si la vie
Était faite pour mourir.
La chanson sera reprise en 2023 par son créateur, à quatre-vingt-quatorze ans, dont on connaît la belle histoire avec Lula qui dura cinquante ans. Ce qui prouve que, sans rien se promettre, on peut aller très loin. On peut d’ailleurs faire un parallèle avec « La non-demande en mariage » de Brassens.
Par Julie Daroy
« Ne t’inquiète absolument de rien / La vie ne dure guère… » Ainsi arrive de Grèce et commence la toute première chanson connue, datant du ier ou iie siècle avant J.-C. et intitulée « La chanson de Seikilos », adressée par Seikilos à Euterpe, son épouse bien-aimée.
En revanche, dater précisément la première chanson ayant pour sujet le « sexe » s’avère plus compliqué, les hommes de toutes conditions s’y étant, depuis toujours, intéressés ! On peut toutefois remarquer, avec le temps, que certains siècles auraient été plus pudiques et certains autres plus « coquins ».
Il faudra tout de même des lustres et des lustres, et bien des aventures, pour que les chansons du Moyen Âge, dites « paillardes » et braillées, les soirs de beuveries dans les cabarets, finissent des siècles plus tard par avoir de l’esprit. On les nommera alors « coquines » et « libertines », ce qui n’occultera pas, pour autant, les précédentes.
Le XVIIIe siècle sera marqué par le libertinage, et entre autres par la composition de chansons pour enfants, sortes de berceuses transmises au coin du feu pendant des générations et proposant allègrement deux lectures, une pour les adultes et une pour les enfants. Qui n’a pas entendu « Nous n’irons plus aux bois / Les lauriers sont coupés », sans imaginer un instant que le vrai sujet de cette délicieuse comptine était en réalité les maisons closes de Versailles !
« Une souris verte », « À la pêche aux moules », « C’est la mère Michèle qui a perdu son chat », « Au clair de la lune »… autant de chansons à double sens.
C’est au XIXe siècle que des cabarets dansants voient le jour, leurs « comiques troupiers » et autres amuseurs enchantant un public toujours plus nombreux, avec leurs joyeux refrains truffés de sous-entendus et de doubles sens. On peut citer, entre autres, la chanson « Félicie aussi », écrite par Charles-Louis Pothier, Albert Willemetz, composée par Casimir Oberfeld et interprétée par Fernandel en 1939. Et également la mythique chanteuse du Moulin Rouge, connue pour être représentée avec ses longs gants noirs par le peintre Toulouse-Lautrec : Yvette Guilbert dans son tube « Madame Arthur ».
En 1926, le chanteur et compositeur Bérard écrit déjà une chanson ayant pour titre « Qui n’a pas sa sucette ? ». Un demi-siècle plus tard, Serge Gainsbourg reprendra ce thème en 1974 avec ses « Sucettes à l’anis ».
Ô combien équivoque, Juliette Gréco chantant « Déshabillez-moi » en 1967, écrite par Robert Nyel et composée par Gaby Verlor. Vingt ans plus tard, Mylène Farmer avec « Sans contrefaçon », composée par Laurent Boutonnat, viendra s’inscrire avec talent dans cette même mouvance. Époque décomplexée pour les femmes et liberté de parole, même si la censure veille toujours ! Colette Renard, Patachou, Pierre Perret, Marie-Paule Belle, Lio ou encore Renaud s’intéresseront, eux aussi, aux chansons coquines. Marianne Mélodie en éditera même un recueil en 2006.
Mais le sexe n’est pas le seul à se cacher parmi elles, les produits illicites y trouvant aussi leur place. À partir des années 1980, on peut citer pour exemple « Ring My Bell » (auteur-compositeur Frederick Knight) : tendons bien l’oreille et nous entendrons deux sons de cloches.
Citons aussi quelques vers du chef-d’œuvre « Bohemian Rhapsody », vendu à plusieurs millions d’exemplaires :
Mama, just killed a man,
Put a gun against his head,
Pulled my trigger, now he’s dead
Mama, life had just begun.
L’homme tué est en réalité l’ancien Freddie Mercury et non un inconnu. Manière pour l’artiste de révéler à ses fans son homosexualité, qu’il accepte une bonne fois pour toutes.
Que nous réserve le XXIe siècle, qui en matière de chansons n’en est plus aux mots ni à la musique, mais au son et à l’image, et où les réseaux sociaux sont omniprésents ? Il est un peu tôt pour le dire, mais il est certain que l’intérêt pour les chansons érotiques n’est pas près de s’éteindre !

Cette belle histoire commence au moment où l’auteur Robert Nyel, homme de la nuit, tombe éperdument amoureux d’une strip-teaseuse qui ne cède pas à ses avances répétées. Pour la séduire définitivement et lui dire à quel point il la désire, il va utiliser son talent et lui écrire un texte, « Déshabillez-moi ». Quelle invitation !
Gaby Verlor, amie de Robert Nyel, lui proposera de composer une musique. Dorénavant, notre danseuse dévoilera ses charmes, chaque soir, au rythme langoureux de cette chanson, sous les yeux de l’auteur qui ne manquera pas une représentation et, de fil en aiguille, ils finiront par vivre ensemble. Mais tout a une fin, et la fin de cette belle aventure scellera le début de sa collaboration (professionnelle) avec Juliette Gréco. La trouvaille de la fin, « Et vous, déshabillez-vous », c’est elle qui va l’écrire !
Immédiatement, le titre devient un énorme succès, tube de l’année 1968, bien que boycotté par les radios. « Paroles sexuelles, sensuelles, effeuillage », la censure est sévère. Hymne à la liberté et au plaisir, la voix langoureuse de Juliette Gréco est un instrument à part entière qui nous fait vibrer. D’ailleurs, bien des années plus tard et jusqu’à aujourd’hui, le succès de cette chanson ne se dément pas.
Par Claude Lemesle
Est-ce vraiment « le plus vieux métier du monde » ? C’est, paraît-il, Rudyard Kipling qui emploie pour la première fois cette formule dans sa nouvelle Sur le mur de la ville en 1888.
En tout cas, je me souviens qu’ayant visité Pompéi en 1978, j’y avais remarqué, dans une des seules maisons encore debout, des fresques murales ne laissant aucun doute sur l’activité des pensionnaires ni sur la difficulté de faire rimer Antiquité et chasteté.
On ne s’étonne donc pas, vu l’ancienneté de l’activité, qu’elle ait inspiré maints poèmes, romans et films (Shirley MacLaine dans Irma la Douce en 1963, Mireille Darc dans Le Téléphone rose en 1975, Julia Roberts dans Pretty Woman en 1990). La chanson n’échappe évidemment pas à ce champ d’inspiration car elle naît souvent dans la rue, comme les brèves idylles tarifées. Et si le grand Jacques Brel nous affirme dans « L’air de la bêtise » que « les putains, les vraies / Sont celles qui font payer / Pas avant mais après », on peut lui préférer la tendre réflexion de Pierre Delanoë et Michel Sardou dans « L’autre femme » :
Comme les filles de son espèce,
Elle prend ses quartiers de noblesse
Au fond des âges.
Ses collègues sont en vérité
De petites sœurs de charité,
Pas d’avantage.

Un jour d’octobre 1969, je me baladais quartier des Halles, rue Saint-Denis à Paris, quand j’aperçus (vision insolite et paradoxale) une jeune femme qui arpentait le trottoir longeant l’église Saint-Leu-Saint-Gilles et dont le look et la démarche ne laissaient planer aucun doute sur son activité professionnelle. Aussitôt me vinrent ces deux vers : « Elle faisait le trottoir le long de l’église / Y a bien des curés qui prient dans la rue ». Le rythme de la marche étant extrêmement propice à la création, je continuai à écrire et à composer la chanson ainsi commencée et, comme j’ai la chance (ou la malchance, tout dépend des circonstances) d’avoir une excellente mémoire, revenu chez moi, à Issy-les-Moulineaux, je recopiai mon texte, pris ma guitare et chantai mon nouveau « bébé ».
Quelques ratures plus tard, je filai rue d’Assas chez Joe Dassin, qui fut tout de suite emballé par la chanson (« Il y a un gag à chaque phrase », me dit-il) mais m’affirma, désolé, qu’elle n’était pas pour lui. J’allai donc la présenter à Denis Bourgeois, qui la refusa. Je me résignai donc à l’enregistrer moi-même en 1973 (où j’eus pendant un mois les honneurs du hit-parade RTL) puis cette « laissée pour compte » des premières années fut successivement interprétée par Carlos, par Joe Dassin dont les réticences s’étaient évanouies et enfin par Serge Reggiani. Et éditée par celui-là même qui me l’avait refusée à mes débuts (Denis, comme le saint de la rue). Comme quoi, il ne faut jamais désespérer !
Par Claude Lemesle
En 1975, le très talentueux et regretté Jean-Pierre Goussaud, qui plus tard composera « Africa », l’immense succès de son épouse Rose Laurens, chante sur un 45-tours une rareté intitulée « L’impuissant », texte de Marc-Fabien Bonnard. Ce titre singulier évoque les difficultés rencontrées par un homme que le souvenir de son ex paralyse devant sa nouvelle conquête. L’aveu est insolite et touchant. Il est également unique. Le mâle adulte est plutôt porté à vanter ses performances horizontales, et si les chansons viriles ne sont pas virales, les auteurs n’en sont pas pour autant avares. Bref, dans la musique comme ailleurs, on est souvent en période érectorale.

En 1970, sort ce qui sera le dernier album de Boby Lapointe. Il aura fallu toute la persuasion et toute l’énergie de son ami Joe Dassin pour que cet opus voie le jour, car le succès commercial de l’artiste sera, hélas, posthume. Pour convaincre la maison de disques, l’interprète des « Champs-Élysées » a dû s’engager à en réaliser la production bénévolement. Entre autres joyaux, sur la galette entièrement écrite et composée par l’interprète et orchestrée par son complice Alain Goraguer, on trouve cette pépite où l’humour et l’égrillardise forment un couple savoureux. Jeux de mots, jeux de mains, jeux d’humains :
Il sait de quoi j’ai envie,
Il n’est pas si bête,
Il sait que c’est de son vigoureux corps d’athlèt’.
Je pose ma main sur son gros bras
Que m’arriv’-t-il, ça fait tilt,
Il me susurr’ le curieux refrain,
Tiens ! voilà du boudin.
Sûr qu’entre Boby, le mathématicien facétieux, et Joe, l’anthropologue pudique mais parfois grivois (voir « Joli minou »...), la complicité a dû donner une séance zigomatiquement mémorable ! Le résultat est, en tout cas, jouissif à souhait.
Par Sauvane Delanoë
Que l’on soit polisson, coquin, simplement grivois ou carrément salace, il y a une chose dont nous avons tous besoin pour profiter des plaisirs de la chair : notre corps. Certains artistes nous ont ainsi gratifié qui de leçons de biologie, qui d’odes aux attraits de l’être désiré. Bien souvent ce sont les appas féminins qui sont mis en exergue, mais on trouve tout de même quelques vers sur le physique de ces messieurs. Petit tour d’horizon pour réviser ensemble notre anatomie.

Honneur aux femmes pour commencer. La chanson, même coquine, peut rester galante et réserver la première place à la gent féminine, dont le corps a été bien souvent glorifié. Rarement dans son entièreté cependant, puisque les chansons s’attardent plus souvent sur une zone particulière du corps.
De bas en haut, commençons donc par dégrafer quelques corsages – comme Brassens se plut à ouvrir celui de la « Brave Margot ».
Pierre Perret qui figure en bonne place dans le florilège des chansons polissonnes chante dans « Les seins », extrait de son album Les Deux Visages de Pierre Perret : « J’en ai vu dans ma vie des seins de toutes classes / Du pauvre sein glin-glin au sein cyrien de race ». Jouant sur les homonymes, il ne sait plus à quel sein se vouer, tant il en voit partout et en décrit les contours.
Mais laissons ces bustes charmants pour nous aventurer un peu plus bas et, avant de « toucher » au plus intime, attardons-nous sur les formes rebondies ou non du séant de ces dames (et parfois de ces messieurs !). Là encore un sujet qui n’a pas manqué d’inspirer beaucoup d’artistes.
Vous l’avez compris, nous parlons de fesses. Les Frères Jacques en 1975, sur un texte de l’humoriste québécois Yvon Deschamps, dressent avec « Les fesses » un panorama assez complet des miches et mettent tout le monde d’accord. « Qu’on aime ça, qu’on aime pas ça / S’il y en avait pas, on serait pas là ! »
Et d’ailleurs si l’on en croit tout ce que Philippe Clay a appris des « Fesses d’Irma » (Jacques Debronckart en 1963) et qui dit d’elles qu’il y a « Plus d’science dans leur peau d’satin / Qu’sous l’chapeau d’un académicien », on pourrait se plaire à penser que les fesses font tourner le monde.
Les fesses des hommes aussi parfois, et c’est même la marque d’une génération plus libérée où les femmes n’ont plus peur d’être aussi directes que leurs congénères masculins. En 1979, dans l’album Je ne suis pas mort, je dors, Michel Sardou avec son collaborateur Pierre Billon évoquent cette jeunesse à laquelle ils ne comprennent rien mais qui n’a plus peur d’attraper les hommes en leur mettant « La main aux fesses ».
En revanche, si Mylène Farmer en 2018 confesse aimer les « Histoires de fesses », c’est plus pour dénoncer une société d’hypocrisie en commençant son texte par : « Je maudis les opportunistes à grands coups de triche ».
Des histoires de fesses aux histoires de cul, il n’y a qu’un petit pas de côté dans le niveau de langage que nous allons gaiement franchir maintenant.
Pierre Perret (encore lui !), amateur d’argot et de langage fleuri, utilise son amour pour « Le cul de Lucette » afin de nous décrire toutes les paires de fesses imaginables, en avouant avoir « couru, bien vécu et vu des milliers de culs ! ».
Qu’on glorifie donc celui de Lucette, « Le cul de la patronne » (Ricet Barrier en 1987 ou celui de sa propre sœur (« Le cul de ma sœur » de Philippe Nicaud en 1961, sur des paroles de Bernard Dimey et une musique de Charles Aznavour, excusez du peu), et même s’il semble que ce soit un thème é-cul-é, on est presque certain de cul-miner dans les hit-parades quand on cul-tive cette thématique cul-ottée. Anne Léonard en 1977 décide même que parler de cul ne devrait pas être l’apanage des hommes et décide de prendre le micro pour faire l’article sur [son] « P’tit Q » ! « Mon cul n’a pas l’planning du Carlton / Mais c’est pas non plus les remparts de Carcassonne ».
Et bien que, justement, les hommes soient plus souvent les interprètes que les sujets des chansons anatomiques, Fernandel nous régale tout de même d’un refrain bucolique sur « Le cul du berger ». Rien de bien coquin cependant dans ce texte de Raymond Mamoudy, qui ne fait que relater une réalité rurale plutôt sympathique :
On a beau dire, on a beau faire
Mille chansons, mille refrains
Faut laisser dire et laisser faire
Mais le cul du berger sentira toujours le thym.
Mais enfin… Oserions-nous citer Francky Vincent et son « Fruit de la passion » en 1995 – « Y a pas que la fesse dans la vie / Y a le sexe aussi » – pour faire une transition des plus spirituelles vers la partie la plus intime de nos anatomies ? Oui, à l’instar de Joséphine, osons !!!
Et bien évidemment c’est encore Pierre Perret qui tient le haut de cette liste tant son « Zizi » est culte. Grâce à lui, « On va p’tre enfin savoir / Quel est ce monstre sacré qui a donc tant de pouvoir ». Hors cette leçon d’anatomie, il a également décrit son propre sexe dans « Mon chibre » et celui des femmes avec « Le con », qui, comme « Le Zizi » et « Le cul de Lucette », sont de charmants inventaires anatomiques.
Dans une esthétique un peu moins explicite, qui n’est pas sans rappeler le double sens d’un titre comme « Les sucettes » de France Gall, Joe Dassin se prête à l’exercice de la chanson coquine avec « Joli minou » en 1966. Soyez juges de la subtilité des vers écrits par Jean-Michel Rivat :
Reviens joli minou
[…]
J’ai un gros poisson sans arêtes
Si tu reviens, on f'ra ta fête.
Des chat(te)s passons aux chiens avec l’obsession de Serge Gainsbourg qui, toujours provocateur, l’avoue sans honte en 1980 : « Je pense queue. »
Enfin certaines sont encore plus originales et personnalisent le sexe de l’homme comme le groupe Les Coquettes dans leur chanson irrésistible et éminemment féministe « Monique » (Juliette Faucon, Lola Ces, Marie Facundo et Simon Autain).
« Si je suis le sexe opprimé c’est que j’ai pas de Monique,
J’aimerais bien l’égalité mais moi j’ai pas de Monique »…
Étonnamment, on parle soit du sexe de l’homme, soit de celui de la femme et pas forcément des deux à la fois. Heureusement que Les Frères Jacques ont repris une chanson du bréviaire du carabin qui n’a pas choisi entre le sexe masculin et féminin. Preuve que c’est la complémentarité qui fait l’intérêt de la chose : « Les filles disaient aux garçons : / Tape ta pine contre mon con. »
Et avant que ce chapitre anatomique ne traîne trop en longueur, il semble plus sage d’écourter le propos en soulignant tout de même que ce n’est pas la taille qui compte, n’en déplaise aux Rolling Bidochons qui se sont amusés à parodier les Beatles avec « Les p’tites bites ».
Par Sauvane Delanoë
Sans même se lancer dans un sondage ou des statistiques, on pourrait parier que l’amour est la plus grande source d’inspiration des interprètes et de leurs auteurs. C’est peut-être même la plus grande source d’inspiration tout art confondu. Et c’est peut-être même – c’est presque à espérer – le plus grand moteur du monde. Mais nous parlons là de l’amour sous toutes ses formes ; et si l’amour platonique et le romantisme donnent à la chanson « coquine » ses lettres de noblesse, on a également chanté le sexe sous toutes ses formes et dans toutes ses déclinaisons et ses positions, parfois même les moins avouables.
Si les fantasmes nous invitent à parler de tous les « Vertige[s] de l’amour », alors il faut mettre Alain Bashung à l’honneur avec ce texte de Boris Bergman, évidemment : « J’ai crevé l’oreiller, / J’ai dû rêver trop fort »…
Mais aussi du même Boris Bergman « Gaby oh Gaby », où, las de rêver trop fort, Bashung prévient que sans sa chère Gaby, il ne peut pas dormir et ne fait que des conneries. Il y a aussi les rêves de Madame, décrits par Pierre Grillet dans ce titre de 1992 (« Madame rêve »). « Madame rêve d’artifices / De formes oblongues et de totems qui la punissent »…
Du rêve à la réalité, ce chapitre vous invite à lever le voile sur les pensées les plus inavouables de nos artistes. Mettez donc vos yeux devant le trou de la serrure pour épier leurs déviances.
Car oui, le fantasme le plus accessible est souvent le voyeurisme. Celui qui a bien compris que cette fenêtre ouverte sur le rêve et l’imagination sensuelle était au cœur de toutes les préoccupations, c’est Alain Souchon, qui en 1993 regarde « Sous les jupes des filles » et comprend que le mystère de ce qu’on y trouve est responsable de toute la beauté mais aussi de toute la folie du monde. Avec lui il ne s’agit pas seulement d’un voyeurisme grivois mais bien d’une réflexion sur l’humanité.
Mais bien d’autres artistes ont joué les voyeurs, par exemple Renaud Hantson dans son titre bien nommé « Voyeur » en 1988. Au hasard de la nuit, il part en quête de sourires complices, de regards ou d’amants qui se cachent. Et le plus connu des voyeurs est sans doute Julien Clerc avec « Mélissa » qui, sur un texte de David McNeil, vend même des longues vues à d’autres curieux désireux d’observer sa dulcinée :
Mélissa, métisse d’Ibiza, vit toujours dévêtue
Dites jamais que je vous ai dit ça, je vous ai jamais vu
Le matin derrière ses canisses a-lors je vends des longues vues
On peut aussi penser au voyeur malchanceux décrit par Boris Vian et chanté par Henri Salvador (« Le voyeur », 1978), qui chaque fois qu’il colle son œil au trou de la serrure manque de chance, d’abord déçu par un peignoir de bain, puis par le fait que l’objet de ses fantasmes lui tourne le dos pour défaire ses bas et enfin par l’amant de cette dernière qui éteint la lumière.
Le voyeur le plus heureux de notre liste, c’est Pierre Perret, qui découvre ému les courbes de sa douce et le confesse dans « La porte de ta douche est restée entr’ouverte » :
La porte de ta douche est restée entr’ouverte
Peut-on ne pas devenir fou
En découvrant parmi quelques îles désertes
Tous les chemins de Katmandou.
Les hommes avouent facilement que leurs yeux curieux et intéressés partent à la recherche du moindre jupon, comme le dit Patrick Coutin : « J’aime regarder les filles qui marchent sur la plage / Quand elles se déshabillent et font semblant d’être sages ».
Mais il n’y a pas que les hommes qui ont ce travers ! Les femmes aussi, et c’est d’ailleurs l’objet de la parodie de la chanson de Patrick Coutin devenue « J’aime regarder les mecs » interprétée par Rachida Brakni, à l’occasion de l’album Madame aime regroupant 14 chansons interprétées par 14 actrices françaises à l’initiative des DJettes françaises Cécile Togni et Tania Bruna-Rosso connues sous le nom des Putafranges !
Au-delà du voyeurisme, il y a des fantasmes de toutes sortes dans la chanson française, et certains sont plus dirigés que d’autres, voire clairement fétichistes. Pas évident de faire un inventaire exhaustif tant les imaginations peuvent être sensuellement émoustillées par des choses très différentes, mais on peut commencer par le fétichisme assez commun des pieds avec un titre de l’auteur-compositeur et interprète belge Marka – Thierry Robberecht – qui met les pieds dans le plat dans son album Made in Liège en 2010 avec sa chanson « Les pieds des femmes ».
Les femmes sont d’ailleurs bien conscientes de l’effet produit par leurs pieds et même par leurs jambes tout entières comme l’a chanté Zizi Jeanmaire en 1974 dans « Jeu de quilles », écrit et composé par Charles Level et Richard de Bordeaux :
J’t’en voudrais pas si tu resquilles
Pour entrevoir, pour entrevoir mon jeu de quilles
J’t’en voudrais pas si tu te damnes
Pour voir mon fes, pour voir mon festival de cannes.
Afin d’admirer de belles jambes certains feraient donc des pieds et des mains. Et des mains, il en est qui inspirent Claude Nougaro en 1966. Ce sont bien évidemment « Les mains d’une femme dans la farine » : « Allez roule-moi, roule-moi la pâte, ça me plaît, ça m’émeut / Quand je vois voltiger les mains blanches de mon cordon-bleu ».
Mais quand le corps ne suffit pas à éveiller les sens on peut avoir recours à des fantasmes mécaniques, le plus connu de tous étant sans doute celui de la « Harley Davidson » de Brigitte Bardot. Reste à savoir si Serge Gainsbourg s’est réellement mis à la place de son interprète quand il écrit :
Quand je sens en chemin
Les trépidations de ma machine
Il me monte des désirs
Dans le creux de mes reins.
Ou s’il s’est mis à la place des auditeurs masculins qui eux-mêmes ont dû fantasmer en rêvant de cette superbe amazone sur son terrible engin. Et puisqu’à moto on porte souvent des blousons de cuir, il est normal de clore le chapitre du fétichisme sur l’aveu d’Alain Souchon en 1985 qui n’a pas peur de « casser son image » de chanteur sage, poète et tendrement romantique : « J’veux du cuir pas du peep show, du vécu / J’veux des gros seins des gros culs ».
Bon, puisqu’on a parlé de cuir, il y a fort à parier que trottent dans votre tête des images de domination, de combis en latex, de fouets et de menottes en peluche. Car oui, nous glissons vers des fantasmes beaucoup plus déviants. À commencer par le sadomasochisme.

Si Serge Gainsbourg en 1973 laisse à sa voiture mal amortie le soin de fesser sa passagère dans « Panpan cucul », c’est à une veuve que Georges Brassens donne « La fessée ».
Pour lui ce n’est rien de plus qu’un préliminaire à de plus tendres ébats. « Et ma main vengeresse est retombée vaincue / Et le troisième coup ne fut qu’une caresse ».
Mais parfois, la violence n’est pas du goût de tout le monde et Ginette Garcin s’en plaint même dans une chanson délicieusement parodique écrite à la manière de Charles Aznavour par Jean Yanne et Jan Baitzouroff, « Pourquoi m’as-tu mordu l’oreille ? ». Depuis ce jour, vois-tu, la vie n’est plus pareille Car entre nous le lien de l’amour s’est brisé Depuis que tu m’as mordu l’oreille Nous vivons comme des étrangers.
Allons un peu plus loin encore ; vers l’inavouable, ou tout du moins souvent inavoué : le plaisir de la sodomie. Si pour Georges Brassens, aller « S’faire enculer » est surtout un moyen d’échapper aux foudres féministes, d’autres en font le cri de ralliement de toute une génération qui se moque des interdits, puisque « Sodomie » est un des titres phares de la comédie musicale Hair en 1969 dont les paroles furent adaptées par le très provocateur Jacques Lanzmann :
Sodomie
Feuille de rose
Flagellation
Pédérastie
Seigneur, pourquoi ces mots sont-ils bannis ?
Oui, on se demande bien pourquoi ces mots sont bannis. D’ailleurs, à part quelques rappeurs d’aujourd’hui, on tourne souvent autour du pot dans les chansons pour ne pas appeler une chatte une chatte et une sodomie une sodomie. Pour Odeurs et Ramon Pipin, il s’agit de passer par « La porte du jardin ». Lorie (Pester), sur les mots de Thierry Sforza, lance une invitation à son amoureux : « Viens où tu n’oses pas » découvrir « l’autre côté de moi ». Et Mylène Farmer, elle, nous annonce carrément dans « Pourvu qu’elles soient douces » que « Le nec plus ultra en ce paysage / C’est d’aimer des deux côtés ».
Au rayon des auteurs « cash » qui n’ont pas peur d’appeler une chatte une chatte, on retrouve une fois de plus les filles des Coquettes avec leur titre « Mon amie Sodo » (Juliette Faucon, Lola Ces, Marie Facundo et Flavie Furnon) :
« Moi je l’avoue je l’aime moyen
Avec elle j’me sens pas très bien
Mais comme mon mec la trouve sympa,
Une fois par an j’fais ma B.A.»
En général, dès qu’il s’agit de déviance, les auteurs préfèrent user de métaphores ou de sous-entendus, car la perversité n’est pas forcément des plus poétiques. Jad Wio, groupe de rock créé en 1982 par Denis Bortek et dont certains évoquent une perversion élégante, n’a pas peur des mots ni des images quand il décrit le spectacle offert par « Ophélie », zoophile s’adonnant avec un cheval aux plaisirs de la chair, au mépris de tous les tabous :
Lentement, elle s’avança, l’embrassa, le caressa
Accroupie sous le dada, l’animal aime ça.
Ophélie est zoophile,
Pour moi comprendre est difficile.
Pour aller plus loin dans l’explicite, on peut aussi écouter in extenso Sex opéra, l’album très réussi du groupe de hard rock français Satan Jokers mené par Renaud Hantson, coécrit avec Laurent Karila, psychiatre addictologue. Le disque, construit comme un opéra rock, aborde sans complexe les orgies, la domination, la transsexualité, la sodomie. Bref. Une plongée dans un univers sans tabous à ne pas mettre entre toutes les mains ou toutes les oreilles.
On crie notamment vite à l’éloge de la pédophilie. Petit compte à rebours des âges qui font grincer les dents quand on les sexualise.
Malgré ses airs d’adolescente, France Gall a bel et bien vingt ans lorsqu’elle chante « La petite » en duo avec Maurice Biraud. Et c’est bien elle qui semble « chercher » l’ami de son père, sans rien cacher de ses intentions. Pourtant la chanson figure dans la liste établie par le média en ligne Madame Rap comme faisant l’éloge de la pédocriminalité.
Alors peut-on parler, comme Georges Moustaki (« 17 ans »), d’« une femme, une enfant / Qui ne sait rien encore et découvre son corps » ? Ou soulever comme Charles Aznavour dans « Trousse-chemise » la robe légère et les dix-sept ans d’une jeune femme malgré ses « prières à corps défendant » ?
Le même Aznavour pourrait-il encore dire à une jeune femme « Viens, donne tes seize ans », et Johnny Hallyday pourrait-il se réjouir en disant à sa petite amie avec les mots de Gérard La Viny et Gilbert Guenet adaptant le tube de Johnny Burnette « T’as qu’seize ans, t’es jolie et rien qu’à moi » ?
Alizée a aussi seize ans lorsqu’elle chante « Moi… Lolita », écrit par Mylène Farmer et composée par Laurent Boutonnat, où de toute évidence elle est particulièrement sexualisée, tout comme Julia, repérée dans The Voice Kids et accompagnée par le même tandem de créateurs avec « S.E.X.T.O ».
Gilbert Montagné chante sur des paroles de Didier Barbelivien « Tes quinze ans, ton sourire » en évoquant l’impossibilité d’aimer une fille si jeune, même si elle peut danser jusqu’à lui faire envie. Et Michel Sardou, sur des paroles du même Barbelivien danse un slow avec une jeune fille qui « n’avait pas quinze ans » dans « Dix ans plus tôt ». Celle qu’Antoine « appelle Cannelle » n’a aussi que quinze ans, ce qui ne l’a pas empêché de l’installer « dans son grand lit tout blanc » tout comme « La poupée » de Maxime Le Forestier.
Mais en France, est-il besoin de le préciser, la majorité sexuelle (bien que le terme ne soit pas écrit dans les textes) est implicitement établie à quinze ans, âge auquel la loi reconnaît aux mineurs la capacité à donner leur consentement. Le paragraphe ci-dessus n’a donc rien de réellement problématique.
Le terrain devient plus accidenté lorsque, sur des paroles de Luc Plamondon, Garou chante « Criminel » en l’an 2000 et dit :
On dirait qu’elle sort des jupes de sa maman
On croirait qu’elle n’a jamais eu d’amant
Mais méfiez-vous de la femme-enfant
Méfiez-vous de ses quatorze ans.
Ou quand Pierre Delanoë signe pour Gilbert Bécaud « Une petite fille entre neuf et dix ans ». L’interprète s’y avoue fasciné par cette petite fille comme il l’eût été par une femme, et bien qu’il ne s’agisse que d’un échange de regards, il décrit « un moment d’amour, vraisemblablement ».
On ne connaît pas l’âge de « Petite » de Léo Ferré, mais malgré son trouble il sait qu’elle a encore le Code pénal sous ses jupons. Et on ignore également quel âge a la jeune fille à qui s’adresse « Chez moi » de Serge Lama. On sait simplement qu’il est un peu plus âgé qu’elle mais qu’elle peut laisser tomber ses poupées car elle a atteint l’âge où « il faut s’en aller ».
Reste « Gamine » de Jean-Luc Lahaye écrit par Marc-Ambroise Gabriau, dont le clip est réellement tout aussi problématique que les paroles, surtout lorsqu’on connaît les accusations qui ont pesé sur l’interprète. D’ailleurs, pas ou peu de traces de ce titre sur les plateformes.
Sur la pédophilie encore, on peut évoquer une chanson de Charles Trenet, « L’abbé à l’harmonium », qui très certainement aborde le sujet, à demi-mot. Mais puisque c’est sans doute un des rares titres sur la question de la pédophilie visant les garçons, cela méritait d’être souligné.
Enfin, impossible de clore ce chapitre assez lourd sans deux chansons emblématiques.
La première, par la vérité terriblement douloureuse qu’elle cacherait sous un onirisme élégant : « L’aigle noir », de Barbara, dénoncerait l’inceste dont elle a été victime de la part de son père. Si de nombreux exégètes s’obstinent à le dire, Barbara elle-même ne l’a jamais confirmé.
La seconde, évidemment polémique en diable, est celle de Serge Gainsbourg « Lemon Incest », interprété avec sa fille Charlotte alors âgée de treize ans.
L’amour que nous n’f’rons jamais ensemble
Est le plus beau, le plus violent
Le plus pur, le plus enivrant
Bien que de nombreux journalistes se soient plu à chercher des poux dans la tête de Gainsbarre, Charlotte l’affirmait encore il y a peu au micro de Radio Classique : « “Lemon incest” est une déclaration pure et innocente d’un père à sa fille. »
En conclusion, bien que le sexe soit une des plus grandes sources d’inspiration de la chanson, les mœurs de ce siècle, jeune et puritain, voudraient nous pousser à réinterpréter le moindre vers pour le catégoriser et rendre ces créations gênantes, nauséabondes ou même dangereuses. Face à cette épuration de l’expression artistique, relisons peut-être George Orwell qui, dans 1984, nous met en garde contre celles et ceux qui aiment nettoyer le passé : « Qui contrôle le passé contrôle le futur, celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »
Desproges se demandait si l’on pouvait rire de tout, et si l’on pouvait rire avec n’importe qui. Sa question est bien évidemment de triste actualité, mais nous pouvons la paraphraser, et nous demander : pouvons-nous tout chanter ? Et pouvons-nous le chanter avec n’importe qui ? Vaste débat qui ne cessera de nous offrir des vers à partager.
Voici par exemple quelques chansons que l’on n’écrirait (peut-être) plus aujourd’hui.

Mais pourrait-on encore écrire des chansons qui instrumentalisent autant le corps des femmes pour n’en faire que l’objet du désir et des délires des hommes ? Rien n’est moins sûr.
Choqués ou non, on peut tout de même leur reconnaître le talent d’avoir promu le safe sex avec leur titre « Le plastique c’est fantastique », adopté par le ministère de la Santé pour une campagne en milieu étudiant recommandant le port du préservatif.