X
interstitiel

Pierre Henry (compositeur)

1927 - 2017

Compositeur

Pierre Henry est un compositeur français de musique électroacoustique né le 9 décembre 1927 à Paris et mort le 5 juillet 2017.

On l’a souvent qualifié de « père de la musique électroacoustique ». Une paternité qui lui sied bien, mais à laquelle on pourrait ajouter bien d’autres épithètes : pionnier des musiques concrètes, explorateur bruitiste, chercheur acousmatique… Durant toute sa carrière, Pierre Henry n’a revendiqué qu’une seule chose : sa totale liberté de création.

Né en 1927 à Paris, il entre dès l’âge de dix ans au Conservatoire où il suit, entre autres, les cours de Nadia Boulanger et d’Olivier Messiaen. Mais c’est sa rencontre avec le compositeur et théoricien Pierre Schaeffer qui va bouleverser sa vie. En 1950, tous deux créent la Symphonie pour un homme seul, œuvre fondatrice de la musique dite concrète.

L’année d’après, Pierre Henry se voit offrir la direction du premier groupe de recherches sur les musiques concrètes (GRMC, futur GRM), au sein de la RTF. C’est à cette époque que débute sa collaboration avec le chorégraphe Maurice Béjart. Une collaboration aussi longue que fructueuse, dont l’aboutissement populaire sera la Messe pour le temps présent, écrite en collaboration avec Michel Colombier en 1967 : l’un des extraits, Psyché Rock, deviendra même un tube grand public, utilisé ensuite dans de nombreux génériques, remixes ou jingles.
Entre temps, Pierre Henry a fondé Apsome, le premier studio indépendant consacré aux musiques électroacoustiques, qui sera suivi d’un autre, Son/Ré, en 1982. Il ne cessera de composer des pièces surprenantes et avant-gardistes, comme les célèbres Variations pour une porte et un soupirLe Livre des Morts égyptien ou Trajectoire. Des œuvres symboliques de son travail sur la texture des sons, parfois les plus basiques : orages, trains, vent ou animaux.

Dans les années 1990, il devient la source d’inspiration de nombreux DJ qui vont remixer certaines de ses créations. La musique électro donne à l’œuvre de Pierre Henry un second souffle.
Cet éternel jeune homme continuait de créer utilisant toujours des matériaux improbables, des bandes, de la colle, des ciseaux… L’an dernier, il avait offert au festival Musica la création mondiale de ses Chroniques terriennes, qu’il n’avait pu interpréter lui-même en raison de son état de santé.
La disparition de Pierre Henry est une perte immense pour le monde de la musique. En 2015, la Sacem lui avait rendu hommage à l’occasion de ses 50 ans de sociétariat définitif. Dans un courrier, il avait écrit : « Ce jubilé d’or en quelque sorte, marque une date qui représente une longue aventure musicale soutenue par la Sacem à laquelle je suis très attaché ».

Notre société s’incline avec respect devant ce créateur hors-norme qui aura marqué de son empreinte l’histoire musicale du 20ème siècle.
Cette phrase extraite de son Journal de mes sons, résume bien la nature de son travail : « Je n’ai jamais aimé les notes de musique. Il me faut des qualités, des rapports, des formes, des actions, des personnages, des matières, des unités, des mouvements. »
Pierre Henry nous laisse une œuvre absolument unique.

Ses 8 archives en ligne

Vous souhaitez nous signaler un problème sur une archive, demander sa dépublication ? Nous contacter