X
interstitiel

Portraits

Une série de documentaires sur les auteurs, compositeurs et éditeurs à l’origine des plus grands succès musicaux du 20e siècle. Réalisation : Eric Darmon - Mémoire Magnétique productions.

Jean-Pierre Bourtayre

Allons faire un tour chez Jean Pierre Bourtayre, Boubou pour les intimes. Vous n'en faites pas partie, croyez-vous ? Vous avez tout faux.

Un survol de quelques-unes de ses œuvres et de ses interprètes va remettre vos pendules discographiques à l'heure. « S'il n'en reste qu'un » pour Eddy Mitchell, « Gentleman cambrioleur » pour Jacques Dutronc et « Ça commence comme un rêve d'enfant » pour Julien Clerc, « Vladimir Illitch » et « Musulmanes » pour Michel Sardou, « Adieu Mr le professeur » pour Hugues Aufray…. Et pour Claude François - son artiste de coeur : « Le téléphone pleure » et avec son ami Etienne Roda Gil : « Magnolias forever » , « Alexandrie Alexandra ».

Mélodiste d'exception, il a le bon goût d'aimer les auteurs – oh le brave homme. Il faut dire que ses partenaires docteurs es stylos ne sont autres que Vline Buggy Frank Thomas, Jean Michel Rivat, Eddie Marnay, Pierre Delanoé, Yves Dessca, Louis Amade ... un générique qui fait rêver, n'est-il pas ?
Pour en savoir plus, entrons chez lui.....

Arlette Tabart

Jean-Loup Dabadie

L’homme que vous allez voir et entendre, regardez-le bien, écoutez-le bien. Il est rare. Extrêmement élégant tout en restant infiniment populaire, il n’écrit pas pour les « happy few », mais pour nous tous, qui que nous soyons, quels que soient nos villes ou nos villages, quelques soient nos rêves ou notre âge, quelles que soient nos couleurs, nos douleurs et nos espérances.

Droit dans ses bottes de sept lieues, apparemment sûr de sa plume, mais si fragile, il rame, il rime et il dialogue, le doute au cœur, l’amour dans l’âme.

Académicien, certes, mais si peu académique que ses chansons, ses sketches et ses films sont aussi évidents qu’inclassables. Et la pochette délicatement jaillie de son veston est une pochette-surprise !

Entrons dans l’intimité du formidable arlequin du verbe et de la prose qu’est Jean-Loup Dabadie.

Claude Lemesle

Gérard Davoust

Les auteurs et les compositeurs sont souvent de grands anxieux à qui la pensée même de la prochaine œuvre vaut des nuits aussi blanches que la page qui s'ouvre devant eux.
C'est pourquoi ils ont tellement besoin de quelqu'un sur qui s'appuyer, d'un compagnon de doutes, d'un regard sans complaisance mais bienveillant.

Gérard Davoust est cet homme-là. Ce fringant octogénaire accompagne sans relâche la dizaine de pur-sang qui composent l'écurie dont il est à la fois le lad, le vétérinaire et le jockey.

Allons rendre visite à celui qui, humblement, élégamment, infatigablement, donne ses lettres de noblesse au métier souvent méconnu de l'édition musicale.

Claude Lemesle

Michel Decoust

S'il existe un homme en perpétuelle recherche, en perpétuel mouvement, c'est bien Michel Decoust.
Cette grande figure de la musique contemporaine illustre à merveille la phrase d'une des grandes figures de la chanson, Jacques Brel : "Les immobiles croient que les gens qui bougent reculent. C'est une erreur colossale ".

Michel Decoust est quelqu'un de pudique et d'imprudent. Le confort, le conformisme, très peu pour lui ! Il fait des fouilles dans la musique comme on peut en faire pour trouver de l'or et sa curiosité passionnée est insatiable.

Il respire la musique comme d'autres l'air du large. C'est aussi un homme courageux dont l'engagement ne se borne pas à ses contrats, un artiste citoyen, un maître soucieux de transmettre.
Pénétrons, si vous le voulez bien, chez cet honnête homme du 21 ème siècle.

Claude Lemesle

Eric Demarsan

Si le public retient aisément le nom des acteurs, il ignore souvent celui du compositeur dont les trouvailles mélodiques et orchestrales donnent à l'action sa couleur et son souffle. S'il faut, bien sûr, mettre en scène le scenario d'un film, il lui faut aussi un maître en musique et Eric Demarsan est de ceux-là, et des meilleurs.
Sans la superbe ponctuation sonore du «Cercle Rouge», il y a fort à parier que le suspense n'en aurait pas été aussi haletant, aussi humainement tragique.

Mais voilà, la foule subjuguée regarde les séquences sans connaître le nom de l'artiste qui, de sa baguette musique, les a transcendées. C'est donc la moindre des justices que de braquer enfin le projecteur sur ce soldat de l'armée des ombres, ce peintre musical jusqu'ici méconnu pour le mettre dans la lumière , lui qui sert depuis si longtemps cet art dont les frères du même nom ont été les précurseurs.

Entrons dans l'univers unique et discret du fils de Michel Magne, le magnifique, et de la Muse du modeste Mocky.

Claude Lemesle

Alice Dona

Ses mélodies qui chantent dans nos têtes et enchantent nos mémoires traversent le temps, dépassent les modes et défient les rides. Alice Dona sait mettre en valeur les textes des auteurs et les voix des interprètes en inventant des musiques aussi évidentes que personnelles.

C'est le grand art, celui de l'instinct et de l'intelligence, celui de l'instant et de la permanence.
Elle a su habiller avec la même force, avec le même goût et la même réussite Dalida et Reggiani, Cloclo et Lama, Régine et Aubret, Mathieu et Vartan. Et quand elle chante, quand elle chante... alors, c'est l'émotion absolue.

Ancienne élève de Mireille, prof elle-même dans les années quatre-vingt-dix, elle continue aujourd'hui, par la grâce de ses chansons, à nous apprendre qu'il est doux de vivre quand le cœur et la chanson vibrent au même diapason.
Dans sa maison de Vaison, elle nous accueille. Chut !... Découvrons cette femme pour qui le verbe donner ne se conjuguera jamais au passé : Alice Dona.

Claude Lemesle

Graciane Finzi

La musique avance. La musique n'est pas une pièce de musée et vous allez avoir le plaisir d'en entendre et d'en voir la preuve vivante.
Car cette femme est musique avec ce que cela comporte de peur, de labeur et de bonheur.
Traqueuse mais obstinée, elle transcrit sur la portée les harmonies et les mélodies qu'elle entend dans sa tête. Il émane de tout ce qu'elle est, de tout ce qu'elle fait, un charme aussi naturel que personnel.

Elle aime les gens et peaufine ses œuvres pour les leur offrir et leur rendre la vie plus belle, tout simplement, tant les vrais créateurs ont l'âme altruiste, quand celle des faiseurs postiches est altière.
Penchée sur les autres autant que sur sa page blanche, allant voir tous les mois le chanteur de son futur opéra chinois, donnant beaucoup de son temps aux enfances difficiles, Graciane est la grâce, son credo est cadeau.

Nous voilà chez elle. Quelle chance de découvrir aujourd'hui le visage émouvant et superbe de la musique : Graciane Finzi.

Claude Lemesle

Alain Goraguer

Découvrir Alain Goraguer, Gogo pour les intimes, c’est découvrir une pépite d’homme et une perle de musicien. L’homme est discret, secret, mais l’humour luit dans ses yeux et dans son ventre. C’est l’ours le plus attachant qui se puisse rencontrer sur les sentiers de la chanson.

Le musicien est fin, à la fois savant et populaire, ce qui est rare. Sa palette est immense. Il a su habiller Gainsbourg et Mouskouri, France Gall et Ferrat, Reggiani et Bardot, Adamo et Moustaki. Ses orchestrations lui ont valu, entre autres, l’admiration d’Henri Dutilleux.

Mais l’orchestrateur est aussi, ce qui n’est pas souvent le cas, un merveilleux mélodiste. « La java des bombes atomiques », c’est lui, « L’eau à la bouche », c’est encore lui, et, dans un autre genre, le mémorable « Tout ou you tou », c’est toujours lui. Veinards, qui allez entrer dans l’intimité de Gogo, suivez-moi.

Claude Lemesle

Betsy Jolas

Un être simple et sensible qui regarde au réveil le vent sur les feuilles, une femme vouée à son travail, à son art, avec l'appétit patient des passionnés, telle est Betsy Jolas.

Inclassable et classieuse, œcuménique et heureuse de l'être, elle peaufine sur l'établi de ses portées une musique qui ne ressemble à nulle autre qu'à elle. Elle a l'humilité des vrais talents et l'humanité des vrais artisans. Elle paie de sa personne pour nous présenter la note de musique personnelle, l'harmonie riche, celle qui, vingt fois remise sur le métier, fait «la belle ouvrage ».

Entrons chez cette jeune fille nonagénaire dont la fontaine de jouvence frémit d'un chant intarissable.

Claude Lemesle

Gérard Jouannest

On écoute Brel chanter. Sa présence, sa puissance, sa passion emportent tout. C’est un ouragan fait homme et son immense voix semble tout effacer alentour. Et pourtant, et pourtant… Ce piano, ces arpèges si sensibles qui ornent la musique de « Mon enfance », de « La chanson des vieux amants » ou de « Ne me quitte pas », c’est tout le talent de Gérard Jouannest qui, sans nous distraire une seconde de l’écoute de l’artiste, s’impose, nous touche et demeure en nos cœurs et en nos mémoires.

Mais, accompagnateur aussi flamboyant que pudique, Jouannest est aussi un mélodiste de grande classe, pour le grand Jacques, bien sûr, mais aussi pour sa compagne Juliette Gréco, pour Miossec, Benjamin Biolay et Abd al Malik.

Il était grand temps de braquer les projecteurs sur cet homme de l’ombre.

Claude Lemesle

Jean-Pierre Lang

Dans le Cyrano d'Edmond Rostand, plume veut dire panache. Chez celui à qui nous rendons visite aujourd'hui, le mot a la même signification. Jean-Pierre Lang est un poète de conviction.

Profondément idéaliste et terriblement terrien, c'est un rêveur d'horizon qui tient le cap comme un marin. S'il a une haute idée de son artisanat, il le pratique humblement et, si son héroïne est d'ailleurs, son écriture est bien d'ici.
Ne vibre-t-il pas comme un amoureux de légende devant "cette manière de traverser quand elle s'en va chez le boucher"?...

Entrons chez ce magicien de la vie quotidienne, chez l'auteur prolixe des "Corons" et de "Papayou". C'est une belle âme qui nous attend.

Claude Lemesle

Jean-Claude Petit

On a pu le croiser, ado précoce et apprécié des fondus de jazz, dans une de ces caves enfumées où l'après Saint-Germain s'apprêtait à dépaver Saint-Michel. On l'a souvent rencontré, tout jeune homme surdoué, dans les studios des seventies où ses arrangements éclataient d'inventivité et tranchaient avec insolence sur le commun de la production...

Puis, c'est la musique de film qui s'est emparée de ce paresseux contrarié qui avoue sans qu'on l'en presse, « Je m'ennuie toujours si je fais le même genre de musique ». Et puis, l'opéra, et puis, et puis...
On n'en finirait pas d'évoquer, d'égrener l'œuvre éclectique de cet homme qui porte si mal son patronyme et si bien ses idéaux, grand bretteur, comme son Cyrano, des droits des artistes interprètes et des auteurs et compositeurs de musique.

Entrons chez ce combattant discret, compagnon inclassable et inlassable de nos luttes et de nos notes, Jean-Claude Petit.

Claude Lemesle

Jean Renard

Ils ne sont pas légion, les vrais mélodistes, ceux qui font chanter nos matins sous la douche, danser nos chagrins sous la pluie, ceux qui réveillent nos rêves dans une arabesque de notes, mystérieuse comme bonsoir et simple comme bonjour.

Jean Renard est de ces alchimistes qui transcendent les mots des auteurs et les voix des interprètes d’un coup de baguette musique. Il a gravé dans nos mémoires, sous les prénoms de Johnny, Sylvie, Mike, Jane, et de tant d’autres, des refrains qui s’entêtent, décennie après décennie, à nous faire la vie belle.
Et c’est, à chaque fois, deux minutes trente-cinq de bonheur, qu’il nous entraîne en gospel dans une chapelle de Harlem ou dans la lumière d’une étoile superbe et trop tôt éteinte.

Que l’on soit passant anonyme ou idole idéale, on a tous envie de confier à cet homme si doué pour le lyrisme et pourtant livré à ses doutes : « Rassure-toi, Jean, je t’assure que je t’aime ».
Entrons dans l’intimité d’un grand compositeur qui, humble artisan du rêve, n’a rien des ruses du renard et tout de la sincérité des gens.

Claude Lemesle

Jean-Max Rivière

Regardez-le bien, ce grand garçon dont le sourire n'a rien d'un masque et dont l'âge a l'air d'une blague ! Vous avez devant vous un poète du quotidien, un magicien de la simplicité. Cet homme est, en effet, capable de vous faire croire qu'entre un petit poisson et un petit oiseau, il peut y avoir anguille sous roche et de vous persuader qu'une différence de dix ans d'âge entre une belle ingénue et lui aurait eu de quoi gêner Serge Reggiani.

En insistant un peu, il peut même vous amener à admettre que les coquillages et les crustacés s'ennuient quand la saison les laisse enfin tranquilles !
Mais il sait aussi nous chuchoter que la plus belle saison des quatre de la terre est celle des amitiés sincères. Et là, bien sûr, on le suit de tout notre cœur.

Allons faire un tour chez ce discret trousseur de muses...

Claude Lemesle

Marion Sarraut

Enchanteresse de nos samedis soirs d’antan, charmeuse d’images, la femme qui va vous parler vous accompagne depuis longtemps. Belle et rebelle, elle a voué sa vie à l’art discret de la mise en scène, de la mise en rêve, avec la seule ambition de donner du plaisir aux gens. Et quoi de plus beau, de plus utile et de plus grand ?

Qu’elle filme la réalité ou la fiction, elle fait de sa fiction personnelle la réalité de tous. Son œil invente, invite à la détente, et, au détour d’un récit comme « Le viol », à la réflexion.
Très croyante, elle met sa foi au service de son idéal de beauté, de sa volonté d’aider les sceptiques, les solitaires sans soleil dont elle est solidaire à grands flots de lumière, à grandes bouffées de passion.

Entrez, entrez dans l’intimité claire de Marion Sarraut. Pour une fois, c’est elle qui est sur l’image et, vous allez voir, ce n’est pas dommage !

Claude Lemesle

Anne Sylvestre

Alors, là, nous entrons chez la grande des grandes, la plume essentielle, celle qui réunit avec insolence et sans complaisance l'humeur, l'humour et l'humain.

Princesse dont les sabots rendent la terre plus belle, petite fille chaussée de hauts talents, Anne Sylvestre défie les médias frileux de toute la chaleur de son amour vivace, vivant et vigoureux.
Anne, c'est l'audace, la tendresse de l'aube et la mélancolie du soir. La puissance de son écriture, à la fois féminine et universelle, nous rend meilleurs.

Anne, chut!... En dépit de votre pudeur et de votre orgueilleuse humilité, nous entrons chez vous.

Claude Lemesle

Vous souhaitez nous signaler un problème sur une archive, demander sa dépublication ? Nous contacter