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Marcel Duhamel

Auteur

Editeur (créateur de la Série Noire chez Gallimard). Egalement scénariste et acteur.

Après son service militaire, pendant lequel il fit la rencontre décisive à Istanbul du poète Jacques Prévert, il dirige successivement l'hôtel de Wagram (rue de Rivoli) puis l'hôtel Grosvenor (sur les Champs-Elysées) et s'installe dans le quartier du Montparnasse au 54 de la rue du Château, qui était « une bicoque ayant jadis abrité le commerce d'un marchand de peaux de lapins » et qui devient l'endroit de rencontre du mouvement surréaliste. C'est en fait un logement « collectif » qui accueille tous les amis désargentés de Duhamel : Prévert, Raymond Queneau, Yves Tanguy. En 1928, il traduit un premier roman, Les Émeraudes sanglantes, de Raoul Whitfield. Il enchaîne divers petits métiers comme ceux de modiste, décorateur, chef de plateau aux studios Pathé-Nathan, publicitaire, éditeur pendant deux ans d'une revue de tourisme (Voyage en France). À la suite de la traduction d'un second roman (Le Petit César, de William Riley Burnett), il travaille pour les studios de la Tobis Klangfilm et adapte les dialogues de plus d'une centaine de films américains. Parallèlement, il joue au cinéma dans des films comme L'affaire est dans le sac, (de Pierre et Jacques Prévert, 1932), Le Dernier Milliardaire, (de René Clair, 1934), ou Le Crime de Monsieur Lange, (de Jean Renoir, 1936). Sa rencontre avec le dramaturge Marcel Achard en 1944 est déterminante. Celui-ci lui fait découvrir deux romans noirs de Peter Cheyney. Enthousiaste, Marcel Duhamel les traduit et propose à Gallimard de les publier dans une nouvelle collection. En octobre 1945, il crée la « Série noire » et il dirige cette collection jusqu'à sa mort en 1977, popularisant ainsi le roman noir américain. Avant d'être éditeur, Duhamel est d'abord traducteur, spécialisé dans la traduction des vrais Américains (Raymond Chandler, Dashiell Hammett) aussi bien que des faux Américains notamment l'anglais Peter Cheyney et James Hadley Chase « auxquels ses traductions ont su donner d'emblée un caractère américain. ». À Michèle et Boris Vian, il a confié la traduction du roman Les femmes s'en balancent (Ladies don't care), de Peter Cheyney, et plus tard, Boris traduit deux Chandler. L'afflux de vrais et faux Américains de la série noire — Terry Stewart (français), John Amila (français), Carter Brown (anglais) — a naturellement une grande influence sur le futur Américain Vernon Sullivan.
Dans les années 1940, Duhamel, grand amateur de jazz, est un des piliers des caves de Saint-Germain-des-Prés, une figure du monde du papier, et un personnage prestigieux pour son élégance « royale ».

Durant les années 1950 et 1960, il crée et anime d’autres collections littéraires : « Série Blême » et « Panique » (Gallimard), « Oscar » (Denoël), « Haute tension » (ZED). Il mène en même temps une activité de traducteur des œuvres de John Steinbeck, Ernest Hemingway, Richard Wright, Erskine Caldwell, Irwin Shaw et de nombreux auteurs de romans noirs. Il s'agit plutôt de réécriture, car Duhamel s'éloignait beaucoup des textes originaux, en les coupant et en en modifiant le style. Adaptateur pour le théâtre de plusieurs romans (Pas d'orchidées pour Miss Blandish ; Du rififi chez les hommes ; etc.).
Marcel Duhamel a aussi signé une autobiographie : Raconte pas ta vie (Mercure de France, 1972).

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