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Sacré Charlemagne
Le tube des écoliers chanté par une icône yéyé
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France Gall aurait souhaité que cette chanson ne sorte jamais... Sacré Charlemagne, vendue à plus de deux millions d’exemplaires et traduite en 16 langues, a pourtant fait le tour du monde !

« Je dois dire que non, j’étais très très contre »

Lorsque le présentateur de l’émission Au-delà de l’écran l’interviewe le 2 avril 1967, France Gall dit n’avoir que des souvenirs lointains de cette chanson enregistrée 3 ans plus tôt.

Placée en tête de son deuxième 33T, Sacré Charlemagne est également le titre de l’album, sur lequel se trouve en face B Laisse tomber les filles, écrite et composée pour elle par Serge Gainsbourg.

La jeune chanteuse en début de carrière est naturellement soucieuse de son image : « […] mes musiciens, enfin les personnes qui m’entouraient, me disaient "Mais pourquoi tu fais cette chanson, tu vas te ridiculiser, c’est grotesque" ».

France Gall appelle même son impresario en pleine nuit pour tenter d’en empêcher la sortie. Mais il est trop tard. En dépit du désamour qu’elle lui porte, Sacré Charlemagne se classe en tête des hit-parades et devient la chanson culte de toute une génération d’écoliers.

Une chanson pour enfant

C’est bien là le problème de France Gall, être associée à son (trop) jeune public. En plein mouvement yéyé, la jeune femme rêve de faire « un disque plus adulte », du moins plus adulte que ne la voit son père, Robert Gall, qui est l’auteur de Sacré Charlemagne (musique de Georges Liferman).

Ses premiers albums témoignent, par les collaborations prestigieuses que l’on y trouve, du milieu musical dans lequel elle grandit : Maurice Vidalin, Jacques Datin, Alain Goraguer, André Popp, Maurice Tézé écrivent, composent et lancent des carrières d’artistes. Lorsque démarre celle de sa fille, Robert Gall a écrit cinq chansons pour Edith Piaf et surtout, en 1963, La Mamma, pour Charles Aznavour.

« Il faut toujours persévérer »

Cet adage adressé aux écoliers n’est pas le message de Sacré Charlemagne, qui n’invite pas à l’étude (« Il n’avait qu’à s’occuper de batailles et de chasses/ Nous n’serions pas obligés d’aller chaque jour en classe »).

C’est néanmoins le sujet de l’examen d’entrée de Robert Gall à la Sacem le 11 avril 1944. Ayant échoué une première fois en 1942, il lui est alors demandé d’écrire sur ce thème pour le moins inspirant : « Il faut toujours persévérer ».
Le résultat s’avère être un conseil utile à tous ceux qui prennent le chemin de l’école : « Quand vous passez un examen / Et que vous n’avez point d’idée / Répétez cette mélopée / Lorsque l’angoisse vous étreint ».

Par ALD

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