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Histoire d'une oeuvre
« L’Amour des escargots » de Bruno Coulais
Romance (et plus !) sans paroles dans Microcosmos
C’est l’une des scènes les plus intenses proposées par le cinéma en 1996. Lyrique, passionnelle, torride... Au casting ? Deux escargots de Bourgogne !
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La sensualité n’est pourtant pas l’impression première que garde Bruno Coulais après deux jours passés à regarder en boucle une longue traînée de mucus conduisant à l’accouplement des gastéropodes. Le compositeur du film confie même avoir eu l’impression que « le sol tanguait » sous lui après ce visionnage préliminaire des rushes, demandé par les réalisateurs.

Puis il songe à une précédente collaboration avec la mezzo-soprano Marie Kobayashi, éprouvant le désir de retravailler avec l’interprète japonaise. Pour elle, il imagine un « chant à la Puccini », sur des images, qui, après avoir pris un peu de recul, lui apparaissent pleines « d’élégance opératique ».

Bruno Coulais écrit une aria aux limites du fantastique, qui sublime l’instinct reproducteur des invertébrés hermaphrodites.

Traditionnellement considérés comme peu attrayants, les escargots (scrutés de très près par une caméra capable de filmer sans vibration au dixième de millimètre) sont anthropomorphisés par ce thème.
Une corne qui se courbe devient signe de pudeur, deux têtes qui se tournent l’annonce d’un baiser fougueux, la symétrie de la fécondation parfaite la communion des sens.

Le compositeur s’appuie ensuite sur la lumière et les couleurs, en l’occurrence le jour brillant, le vert pomme de l’herbe, et l’étreinte luisante des mollusques caramel, pour trouver la tonalité du thème et son orchestration.

Microcosmos recevra les César 1997 de la meilleure photographie, du meilleur son, du meilleur montage et de la meilleure musique.
La même année, Bruno Coulais remportera la Victoire de la musique catégorie compositeur de musique de film. Le documentaire animalier de Claude Nuridsany et Marie Pérennou lui permettra d’accéder à la reconnaissance internationale... tout en l’obligeant, de son propre aveu, à ne plus jamais avoir de mort d’escargot ou d’araignée sur la conscience !

Par Vincent Dégremont
© Philippe Quaisse/Pasco and co

Feuille de timbres de la musique du film "Microcosmos: Le Peuple de l'herbe"
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Bulletin de déclaration "Microcosmos: Le Peuple de l'herbe"
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Les lieux de l'exposition

L'auteur

Vincent Dégremont

Journaliste Sport & Musique.
Ecoute avec un égal bonheur « L’Apprenti sorcier » et « La Maladie d’amour ».
Préoccupé par le dérèglement climatique et les fake news.
Considère la cuisine comme un art majeur.

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