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Histoire d'une oeuvre
« L’Île aux oiseaux » de Pascal Obispo
Elle est « tombée du ciel » pour lancer sa carrière…
C’est un confetti posé sur le bassin d’Arcachon, qui tire son nom de la soixantaine d’espèces d’oiseaux qu’il héberge.
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Les plaisanciers viennent saluer ses célèbres cabanes sur pilotis, avant de longer ses parcs à huîtres, contemplant son paysage idyllique que la marée rend sans cesse changeant.

La dernière chance

En 1994, Pascal Obispo se prépare à être mis au rebut par sa maison de disques, après deux singles boudés par les médias et le public. Tenace, son directeur artistique réussit à lui obtenir un ultime sursis. Dos au mur, l’artiste compose une mélodie on ne peut plus radiophonique, dont le refrain est un véritable ver d’oreille. Le texte qu’il rédige par-dessus s’intitule « J’ai vu Jérusalem ».

Au moment d’enregistrer le titre dans un studio de Capri, le chanteur est interpellé par une collaboratrice, qui lui reproche la légèreté des paroles et son manque de connaissance de l’histoire de la ville trois fois sainte. Impossible, selon elle, de pouvoir par la suite assurer une promotion efficace à cette chanson au thème potentiellement brûlant.

Sa Madeleine de Proust

Obispo se remet à l’écriture, se donnant désormais comme règle de n’évoquer que ce qu’il maîtrise et connaît bien. Lui viennent alors en tête ses souvenirs de vacances au Petit-Piquey, chez son oncle et sa tante.
Le papier se noircit de noms de communes (« Le Canon », « Pyla-sur-Mer », « Ferret », « Arcachon », « Piquey »), d’une île (« Arguin »), d’une plage (« La Pointe aux chevaux ») et même d’une pâtisserie (« Frédélian ») qui composent le paradis de sa jeunesse. Un paradis préservé symbolisé par cette « L’Île aux oiseaux » qu’il allait souvent rejoindre en bateau.

Un succès immédiat

Vingt ans après ce premier tube, Obispo remarque, amusé : « J’ai fait une chanson pour le syndicat d’initiative du Cap-Ferret ! C’est une chanson qui aurait pu être commandée… ».

Pour celui qui est devenu depuis l’un des piliers de la variété française, l’expérience a été formatrice : « J’ai compris que plus on était près de ce que l’on est, de ce que l’on vit, plus on était sincère… plus on avait de chances de séduire un auditoire, de toucher des gens, de tisser une correspondance ! »

Une sincérité récompensée par un succès permettant à l’auteur-compositeur-interprète de tenir la promesse qu’il s’était faite en attendant d’en avoir les moyens : venir s’installer au Cap-Ferret. Et s’offrir le luxe de pouvoir créer devant le Bassin d’Arcachon. En regardant l’Île aux oiseaux.

L’Île aux oiseauuuuuuuuuux. Tulututu.

Vincent Dégremont
Crédit photo : Marc Chesneau/Sacem

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L'auteur

Vincent Dégremont

Journaliste Sport & Musique.
Ecoute avec un égal bonheur « L’Apprenti sorcier » et « La Maladie d’amour ».
Préoccupé par le dérèglement climatique et les fake news.
Considère la cuisine comme un art majeur.

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